La Coordination nationale des associations de veille citoyenne (CNAVC), section Houet, a marqué, ce mercredi 30 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso, le quatrième anniversaire de l’avènement du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR 2). À travers une conférence publique tenue à l’hôtel de ville, la structure a livré sa lecture des transformations intervenues au Burkina Faso depuis 2022 et appelé à une mobilisation accrue des citoyens autour de la souveraineté et de la Révolution progressiste populaire.

La cérémonie a réuni des responsables de la veille citoyenne, des représentants des autorités, des membres de la société civile ainsi que des hommes et femmes de médias. Le président de la délégation spéciale communale de Bobo-Dioulasso, Laurent Kontogom, a salué l’initiative de la CNAVC-Houet et la mobilisation autour de cette commémoration. Il a également présenté cette célébration comme une source de grande satisfaction, au regard des acquis enregistrés, selon lui, dans le cadre de la Révolution progressiste populaire.

Sécurité, agriculture et industrie au cœur du bilan

Dans sa déclaration, lue par son secrétaire général, Moussa Traoré, la CNAVC-Houet est revenue sur les principales évolutions enregistrées au cours des quatre dernières années. L’organisation estime que cette période a été marquée par « de profonds bouleversements », des défis et des sacrifices, mais également par des initiatives visant à renforcer l’autonomie du Burkina Faso. La sécurité figure naturellement parmi les principaux sujets abordés. La coordination relève le renforcement des capacités des forces combattantes, à travers le recrutement et la formation de nouveaux éléments, l’acquisition d’équipements ainsi que la mobilisation des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

Tout en saluant ces efforts, la CNAVC-Houet reconnaît que la situation sécuritaire demeure préoccupante et que les sacrifices consentis par les forces combattantes et les populations restent importants. Elle appelle, de ce fait, à poursuivre la mobilisation nationale autour de la discipline, de la solidarité, de la vigilance et du civisme. Pour l’organisation, la défense de la Patrie ne saurait relever uniquement des forces combattantes. Elle engage également la responsabilité de chaque citoyen.

L’autosuffisance alimentaire constitue un autre axe majeur de la déclaration. La CNAVC-Houet évoque les initiatives engagées dans la production agricole, la mécanisation, les aménagements et l’accompagnement des producteurs. Elle cite notamment la mise à disposition de tracteurs. Mais au-delà de la production, la coordination insiste sur la nécessité de transformer localement les matières premières afin de conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. À Bobo-Dioulasso, elle met en avant la Société burkinabè de tomates (SOBTO), inaugurée en novembre 2024 dans le cadre de l’entrepreneuriat communautaire par actionnariat populaire. L’unité transforme la tomate en concentré commercialisé sous la marque A’diaa.

La CNAVC-Houet cite également le complexe industriel TEXFORCES-BF, inauguré le 9 septembre 2026 à Logofourousso, dans la commune de Bobo-Dioulasso. Cette unité est destinée à la transformation du coton burkinabè et à la confection d’effets d’habillement, notamment au profit des Forces de défense et de sécurité, des VDP et des populations civiles. Autre réalisation évoquée, la raffinerie nationale d’or RAFFINOR-BF, inaugurée le 28 septembre 2026 à Ouagadougou.

À travers ces réalisations, la CNAVC-Houet estime que la souveraineté économique doit aller au-delà de la simple possession des ressources naturelles. « La souveraineté économique ne consiste pas simplement à posséder des ressources naturelles », soutient-elle, estimant qu’elle implique aussi de pouvoir les exploiter, les transformer et les valoriser davantage au profit de l’économie nationale.

Santé, éducation et infrastructures également évoquées

Dans le domaine de la santé, la CNAVC-Houet relève les efforts consacrés à l’amélioration de l’accès aux soins et au renforcement des infrastructures sanitaires. Elle cite notamment les investissements réalisés autour du centre hospitalier universitaire Sourô Sanou de Bobo-Dioulasso ainsi que la réalisation de centres médicaux communautaires.

L’éducation figure également parmi les secteurs mis en avant. La coordination insiste sur la nécessité de renforcer les infrastructures scolaires et universitaires, tout en accordant une place importante à la formation d’une jeunesse compétente, disciplinée et engagée. Elle cite notamment l’inauguration, le 11 septembre 2026, d’un complexe d’amphithéâtres à l’université Nazi-Boni. L’infrastructure comprend un amphithéâtre de 1 200 places, quatre mini-amphithéâtres de 210 places et six laboratoires de travaux pratiques.

Le chargé de mission de la Présidence du Faso pour la région du Guiriko, Omar Traoré, a également cité plusieurs de ces réalisations au cours de son intervention. Il a notamment évoqué les initiatives en faveur de l’autosuffisance alimentaire, les infrastructures universitaires, les centres médicaux communautaires ainsi que les investissements dans le domaine sportif, avec la construction et la réfection de stades. Omar Traoré a par ailleurs mis en avant le programme Faso Mêbo, présenté comme une initiative visant notamment à améliorer le cadre de vie dans les villes. Il a soutenu que ces réalisations sont financées sur fonds propres.

« Le développement ne peut pas dépendre exclusivement de l’État »

Pour la CNAVC-Houet, les transformations engagées ne peuvent produire pleinement leurs effets sans une implication des populations. La structure invite ainsi les citoyens à prendre davantage soin des biens publics, à participer à l’assainissement des villes et à adopter des comportements responsables dans les espaces publics. « Une ville propre ne se construit pas uniquement avec des engins et des ouvriers », indique-t-elle, estimant que les investissements publics doivent être accompagnés par une véritable responsabilité individuelle et collective.

Dans cette même logique, la CNAVC appelle les citoyens à produire, travailler, entreprendre, respecter les biens publics, protéger l’environnement, s’acquitter de leurs obligations et participer activement à la vie de la Nation.

La CNAVC-Houet s’est également intéressée à la politique extérieure du Burkina Faso au cours des quatre dernières années. Elle cite notamment le retrait des forces françaises du territoire burkinabè, achevé en février 2023, ainsi que le rapprochement avec le Mali et le Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), devenue par la suite la Confédération des États du Sahel. Pour la coordination, ces évolutions traduisent une volonté de diversifier les partenariats du Burkina Faso et de renforcer son autonomie de décision.

Elle estime que ces choix doivent être accompagnés d’une exigence de responsabilité afin que les différentes coopérations contribuent au renforcement des capacités nationales et à l’amélioration des conditions de vie des populations. La CNAVC-Houet reconnaît, pour sa part, que les défis restent nombreux, notamment dans les domaines sécuritaire, économique et social. Elle invite donc les Burkinabè à ne pas considérer les acquis évoqués comme définitifs.

La coordination insiste particulièrement sur le renforcement de la cohésion sociale, du civisme et du sens des responsabilités. Elle appelle également à davantage de vigilance face aux informations qui circulent sur les réseaux sociaux, invitant les citoyens à vérifier les faits avant de les partager. « Le Burkina Faso n’a pas besoin de citoyens spectateurs. Il a besoin de citoyens acteurs », affirme la CNAVC-Houet. À travers ce message, l’organisation entend placer la participation citoyenne au cœur de la construction nationale. Pour elle, la souveraineté doit aussi se traduire dans les comportements quotidiens.

En ce quatrième anniversaire du MPSR 2, la CNAVC-Houet réaffirme ainsi son engagement en faveur de la cohésion nationale, du civisme et de la participation citoyenne, tout en appelant à consolider les efforts engagés vers un Burkina Faso « plus autonome, plus productif, plus solidaire et plus résilient ».

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source: LeFaso.net