Acheminer leurs marchandises à Ouagadougou, trouver un moyen de transport adapté et supporter les coûts élevés du déplacement : autant de difficultés auxquelles les artisans de Bobo-Dioulasso étaient confrontés pour participer au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). Cette année, pour faciliter leur participation à cette manifestation, SITARAIL a mis en place le « train de l’artisanat », une navette gratuite entre Bobo-Dioulasso et Ouagadougou, au profit des artisans de la région du Guiriko et de leurs marchandises. Le lancement de cette initiative a eu lieu ce mercredi 28 octobre 2026, à Bobo-Dioulasso, sous la présidence du secrétaire général de la région du Guiriko, Souleymane Nakanabo, représentant le gouverneur.

Pour les artisans, le voyage vers Ouagadougou à l’occasion du SIAO ne se résume pas à un simple déplacement. Il faut transporter les produits, mobiliser les moyens financiers nécessaires et s’assurer que les marchandises arrivent à destination au bon moment. Une équation parfois difficile à résoudre, notamment pour ceux qui doivent voyager et acheminer d’importants volumes d’articles.

Les autorités présentes à la cérémonie de lancement du train de l’artisanat

Avec le train de l’artisanat, SITARAIL entend ainsi apporter une réponse concrète à ces préoccupations. L’entreprise ferroviaire a mis à la disposition des artisans une rame entière pour leur permettre de rallier gratuitement la capitale burkinabè avec leurs marchandises. Selon son représentant, Alexis Ouédraogo, cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions précédemment menées en faveur de la culture et du tourisme. « Au départ, nous mettions seulement un collecteur à la disposition des artisans pour acheminer leurs articles à Ouagadougou. Cette fois-ci, nous avons décidé de passer à un autre cap en mettant toute une rame à leur disposition », a-t-il expliqué.

Selon le représentant de SITARAIL, Alexis Ouédraogo, cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions précédemment menées en faveur de la culture et du tourisme

Au total, plus de 300 places sont disponibles pour cette opération. Plus d’une centaine d’artisans ont embarqué pour cette édition, tandis que près de 282 tonnes de marchandises doivent être acheminées vers Ouagadougou, selon les données communiquées par le représentant de SITARAIL.

« Nous sommes satisfaits »

Chez les bénéficiaires, l’initiative suscite un réel enthousiasme. Ali Prospère Traoré, promoteur de l’entreprise Pro Couture, ne cache pas sa satisfaction. Pour lui, la question du transport représente une charge importante pour les artisans qui prennent part au SIAO. « Le transport est un problème pour les artisans. Pour aller au SIAO avec deux compagnons, il faut payer le déplacement de trois personnes. Le transport des bagages coûte également cher et les marchandises ne peuvent pas toujours partir en une seule fois », souligne-t-il, avant de remercier SITARAIL pour cette initiative.

Une vue des artisans prêts à embarquer à bord du train de l’artisanat

Même satisfaction chez Mariam Sawadogo, couturière, promotrice d’un centre de couture et exposante au Village artisanal. Elle considère cette prise en charge comme un véritable soulagement, aussi bien sur le plan financier que logistique. « Nos bagages sont partis gratuitement et nous-mêmes, nous voyageons gratuitement. C’est un honneur pour nous de bénéficier de cet accompagnement. Auparavant, nous pouvions voyager sans être certains que toutes nos marchandises arriveraient à destination au moment voulu. Cette fois-ci, nos bagages sont partis avant nous. Nous sommes rassurés », se réjouit-elle.

Ali Prospère Traoré, promoteur de l’entreprise Pro Couture, ne cache pas sa satisfaction

Au-delà de la gratuité du transport, le dispositif permet ainsi aux artisans de mieux préparer leur participation au salon, de réduire certaines dépenses et de se consacrer davantage à la promotion et à la commercialisation de leurs produits.

Un accompagnement salué par les autorités régionales

Représentant le gouverneur du Guiriko, le secrétaire général de la région, Souleymane Nakanabo, a salué une initiative qu’il considère comme une contribution au développement de l’artisanat et à la promotion du patrimoine culturel burkinabè. Il a également rendu hommage aux artisans, dont le savoir-faire contribue au rayonnement de Bobo-Dioulasso. « C’est grâce à vos doigts, à vos têtes qui pensent et à votre talent que cette réalité est possible », a-t-il déclaré, invitant les exposants à donner le meilleur d’eux-mêmes pour faire rayonner la région du Guiriko au cours de cette manifestation internationale.

Mariam Sawadogo, couturière, considère cette prise en charge comme un véritable soulagement, aussi bien sur le plan financier que logistique

Le secrétaire général a par ailleurs exprimé le souhait de voir les artisans revenir avec des résultats satisfaisants. « Notre souhait est que le train de l’artisanat, en allant, soit lourd, mais qu’au retour, il soit léger. Tout ce que vous allez amener sera payé et vous reviendrez avec l’argent », a-t-il lancé aux bénéficiaires. Pour les autorités régionales, cette participation constitue également une occasion de promouvoir la richesse culturelle du Guiriko auprès des visiteurs et des acheteurs venus de différents horizons.

Des artisans confortablement installés dans le train

SITARAIL, un partenaire du développement culturel

À travers le train de l’artisanat, SITARAIL poursuit ses initiatives d’accompagnement des grandes manifestations culturelles au Burkina Faso. Après le train de la culture, organisé dans le cadre de la Semaine nationale de la culture (SNC), et le train du tourisme, lancée dans le cadre de la Grande saison du tourisme, l’entreprise renforce son soutien aux acteurs de l’économie culturelle.

Le secrétaire général de la région, Souleymane Nakanabo, a salué une initiative qu’il considère comme une contribution au développement de l’artisanat

Pour Alexis Ouédraogo, cet engagement traduit la volonté de l’entreprise, membre du groupe Africa Global Logistics (AGL), de demeurer aux côtés des autorités et des acteurs du développement. Il a également salué la présence de nombreuses femmes parmi les bénéficiaires, tout en les invitant à profiter de la campagne Octobre rose pour se faire dépister contre le cancer du sein.

La photo de famille des officiels avec des artisans

En facilitant le déplacement des artisans et de leurs produits, le train de l’artisanat se présente ainsi comme un levier de soutien à la participation des acteurs du Guiriko au SIAO. Pour ces femmes et ces hommes de métier, l’enjeu est désormais de transformer cette facilité de transport en opportunités commerciales, de conquérir de nouveaux marchés et de faire connaître davantage le savoir-faire artisanal de leur région.

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source: LeFaso.net