L’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) du Burkina Faso a organisé la troisième session de son activité intitulée « Les grandes conférences », dans l’après-midi du jeudi 9 novembre 2023 à Ouagadougou. Cette conférence publique intervient en marge de la rentrée académique 2023-2024.

Pour cette troisième édition, le thème retenu est « L’engagement diplomatique : entre conquête de souveraineté des États et réalités géopolitiques ». Deux communicateurs ont été choisis pour échanger avec les énarques. Il s’agit de l’ambassadeur Dr Alain Édouard Traoré et du ministre d’État, ministre en charge de la Fonction publique, Bassolma Bazié.

« La question de la souveraineté est à un État ce que la respiration est à un individu », a déclaré le premier communicateur, Dr Alain Édouard Traoré. Pour lui, sans la souveraineté, il est impossible à un État de réaliser des politiques de développement et de défendre l’intérêt de ses populations.

« Quand on parle de souveraineté diplomatique, tout citoyen a son mot à dire », a affirmé Dr Alain Édouard Traoré

En tant que diplomate, il a souhaité que le Burkina adopte une diplomatie SMART. « Nous devons être très intelligents parce que nous savons que nous avons affaire à des adversaires qui ont beaucoup plus de moyens, qui sont beaucoup plus puissants, qui ont des moyens militaires, qui peuvent nous écraser », a-t-il indiqué.

« La souveraineté ne se négocie pas »

Contrairement au Dr Alain Edouard Traoré qui a insisté sur le respect des conventions internationales et de l’ordre international, le ministre d’Etat Bassolma Bazié s’est voulu iconoclaste. « L’ordre international n’est que de la poudre aux yeux », a-t-il déclaré. Galvanisé par les applaudissements du public, celui que le délégué des élèves de l’ENAM, Augustin Badolo, a surnommé « le VDP national » a poursuivi sa thèse. A titre d’exemple, Bassolma Bazié a cité l’assassinat des présidents Mouammar Kadhafi de la Libye et Saddam Hussein de l’Iraq.

« Pour arracher sa souveraineté, il y a un prix à payer », a martelé le ministre d’État Bassolma Bazié

Si Alain Edouard Traoré a indiqué que « la souveraineté n’est pas synonyme de faire ce qu’on veut, comme on veut », Bassolma Bazié, quant à lui, a déclaré aux énarques que « la souveraineté ne se négocie pas ». Il faut « se regarder droit dans les yeux pour parler de la souveraineté », a-t-il tranché.

Selon le directeur général de l’ENAM, Dr Jacob Yarabatioula, « les grandes conferences » est un concept qui doit amener les élèves à apprendre autrement et à se questionner régulièrement sur les grandes problématiques de la nation. « Si vous devez aller servir ce pays où que vous soyez, si vous n’êtes pas imprégnés de certaines problématiques, comment vous allez être efficaces ? Il faut convoquer les questions sociales, les questions d’actualité pour les débattre sans tabous. Donner la parole à ces énarques, à ces futurs cadres, afin qu’ils soient suffisamment outillés pour pouvoir faire face sur les questions de souveraineté et de géopolitique », a-t-il ajouté.

Selon le directeur général de l’ENAM, Dr Jacob Yarabatioula, les grandes conférences sont une lucarne pour les énarques, les enseignants et chercheurs pour échanger sans faux fuyant sur des sujets d’actualité

Dans une ambiance bon enfant, les énarques se sont donné rendez-vous pour une prochaine session. Ce numéro des grandes conférences a été modéré par le diplomate Dr Poussi Sawadogo.

Cryspin Laoundiki

Lefaso.net

Source: LeFaso.net