
À la centrale solaire de Zagtouli, située à quelques encablures de Ouagadougou, Toussiane Sangaré/Ouédraogo occupe le poste d’agent d’exploitation et de maintenance. Engagée dans le domaine de l’énergie depuis plus d’une dizaine d’années, son intérêt particulier pour l’énergie solaire l’a conduite à la centrale photovoltaïque depuis environ quatre ans. Chaque jour, elle renforce son expertise et participe à la transition énergétique du Burkina Faso.
Depuis avril 2022, Toussiane Sangaré veille au bon fonctionnement des installations solaires de la centrale photovoltaïque de Zagtouli, aux côtés de ses collègues masculins. Son quotidien est rythmé par l’entretien des équipements, la surveillance des installations et la rédaction de rapports journaliers. « Ici, nous sommes chargés de l’entretien des appareils, du suivi des équipements et du remplacement des éléments défectueux, comme les panneaux cassés ou certains composants internes », explique-t-elle. Dans un environnement soumis à de fortes chaleurs, les pannes ne sont pas rares, et son rôle devient alors essentiel pour assurer la continuité de la production d’électricité.
Avant de rejoindre la centrale solaire, Toussiane Sangaré a fait ses armes pendant huit ans à la centrale thermique de Kossodo. Recrutée en 2013 à la nationale de l’électricité avec un certificat d’aptitude professionnelle en électromécanique, elle a progressivement construit son parcours. Animée par la volonté d’évoluer, elle poursuit des études supérieures en énergie solaire et décroche un BTS dans ce domaine. « Quand la SONABEL a commencé à développer des centrales solaires, j’ai saisi l’opportunité pour mettre en pratique ce que j’avais appris », confie-t-elle.
Aujourd’hui, elle affirme se sentir pleinement utile dans le poste qu’elle occupe. La transition entre la théorie apprise à l’université et la pratique sur le terrain s’est faite naturellement. « Ce que j’ai étudié est devenu concret ici. C’est une continuité », souligne-t-elle avec satisfaction.
« Je travaille comme les hommes sans différence de traitement. »
Dans cet environnement technique, elle ne se laisse pas intimider par le fait d’être une femme. Habituée à travailler aux côtés d’hommes depuis ses débuts dans le thermique, elle affirme ne rencontrer aucune difficulté particulière. « Je travaille comme eux, et il n’y a pas de différence de traitement », dit-elle. Mieux encore, elle souligne l’esprit d’équipe qui règne sur la centrale, où l’entraide est une réalité au quotidien.
Son expérience nourrit également une ambition, à savoir celle de contribuer au développement d’autres centrales solaires dans le pays. Alors que le Burkina Faso mise de plus en plus sur les énergies renouvelables, elle espère pouvoir partager son expertise dans de futurs projets.
À travers son parcours, Toussiane Sangaré veut être aussi une source d’inspiration pour les jeunes filles. Elle dit noter avec optimisme un intérêt croissant des femmes pour les métiers techniques, notamment dans le solaire. « Il faut avoir le courage et ne pas se fixer de limites. Être une femme ne doit pas être un obstacle », conseille-t-elle. Elle encourage celles qui hésitent encore à se lancer et soutient que le domaine de l’énergie solaire est accessible à toutes.
Épouse et mère de famille, notre agent d’exploitation et de maintenance parvient également à concilier parfaitement vie professionnelle et vie familiale. Grâce à un système de rotation des horaires et à l’absence de travail de nuit pour le moment, elle réussit à organiser son quotidien. « J’arrive à rentrer à des heures normales pour m’occuper de mon foyer et de mes enfants », explique-t-elle.
À travers son engagement, Toussiane Sangaré démontre qu’il est bien possible aux femmes de se faire une place dans des secteurs qui étaient autrefois l’apanage des hommes.
Armelle Ouédraogo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net

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