Le président du Conseil des ministres de l’UEMOA, Dr Aboubakar Nacanabo et le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, ont coprésidé ce mardi 5 mai à Ouagadougou, la 11e revue annuelle 2026 de l’institution. La rencontre s’est tenue en présence des membres du gouvernement burkinabè, dans un contexte où les attentes envers l’intégration régionale restent élevées.

Bilan, outil de pilotage et projection vers des politiques publiques plus efficaces, ont été à l’ordre du jour de la 11e revue annuelle 2026 de l’UEMOA. « Il faut noter qu’en 2025, le Burkina Faso a consolidé sa performance avec un taux de mise en oeuvre des réformes de 89%. L’évaluation a porté sur 145 réformes contre 132 en 2024 », a souligné le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop.

Le président de la Commission de l’UEMOA a salué le climat de collaboration ayant marqué les échanges entre les équipes du Burkina Faso et celles de la Commission dans le cadre de la revue politique des réformes communautaires. Il a rappelé que cette rencontre de haut niveau a été précédée de sessions techniques approfondies, conduites dans un esprit de fraternité, de professionnalisme et d’objectivité.

Selon le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, cette démarche concertée a permis d’examiner avec rigueur l’état d’avancement des réformes, programmes et projets communautaires mis en œuvre au cours de l’année 2025

Une collaboration de plus en plus structurée

Abdoulaye Diop a également affirmé que les différentes évaluations réalisées ont permis de mettre en lumière les résultats enregistrés ainsi que les défis restant à relever pour renforcer l’intégration communautaire et l’efficacité des politiques régionales.

Dès l’entame de son propos, le ministre de l’Économie et des finances, Aboubakar Nacanabo, a donné le ton. Loin de réduire la revue à un simple exercice administratif, il l’a replacée dans sa dimension stratégique, celle d’un « moment de vérité ». Une formule qui résume bien l’esprit de cet exercice communautaire, où l’évaluation des réformes ne se limite pas à cocher des cases, mais à mesurer leur impact réel sur les économies et sur les populations.

« Il s’agit ici de textes communautaires, que les huit États membres ont décidé d’appliquer pour renforcer l’intégration économique et lutter contre la pauvreté », a indiqué le président du Conseil des ministres de l’UEMOA, Aboubakar Nacanabo

Le ministre de l’économie et des finances du Burkina Faso a aussi salué une collaboration de plus en plus structurée, marquée par un accompagnement technique soutenu et une meilleure organisation du suivi des engagements communautaires. La désignation d’un point focal dédié en lien avec les structures nationales, ajoute-t-il, illustre cette volonté de rendre l’action publique plus lisible et plus efficace.

Les membres du gouvernement burkinabè présents à la 11e revue annuelle 2026 de l’UEMOA

Dans un État confronté à des défis persistants, mais où émergent aussi des signaux encourageants de stabilisation, cette coordination accrue apparaît comme un levier essentiel. Elle contribue à renforcer la cohérence des politiques publiques et à poser les bases d’une reprise économique durable.

Cette session ministérielle s’inscrit dans la continuité des travaux techniques tenus en novembre 2025 à Ouagadougou. Experts nationaux et communautaires y ont examiné l’état d’avancement des recommandations précédentes et passé en revue les réformes en cours. Le ministre a appelé à une implication active de tous les participants, soulignant que la qualité des contributions conditionne l’efficacité des décisions à venir.

Des participants à la 11e revue annuelle 2026 de l’UEMOA à Ouagadougou

Il a également rappelé que les réformes communautaires sont le fruit de processus participatifs, impliquant les États membres à tous les niveaux. Une précision importante qui souligne la légitimité et la portée collective de ces engagements.

Des conclusions à présenter au Premier ministre

À l’issue des revues, plusieurs recommandations ont été formulées afin d’améliorer la mise en œuvre des réformes et d’assurer une meilleure exécution des projets communautaires au bénéfice des populations de l’espace UEMOA. Les conclusions issues des travaux feront l’objet d’une présentation au Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.

Plus qu’un simple rendez-vous institutionnel, cette 11e revue annuelle s’inscrit dans une logique d’exigence accrue. L’heure n’est plus seulement à l’adoption de réformes, mais à leur mise en œuvre effective et à l’évaluation de leurs retombées concrètes.

Le Burkina Faso, à travers la voix de son ministre, a réaffirmé son attachement aux valeurs de l’intégration régionale et son engagement à accélérer l’exécution des recommandations issues des travaux techniques. Une position qui traduit la volonté de transformer les cadres de coopération en résultats tangibles pour les populations.

Hamed Nanéma

Lefaso.net

Source: LeFaso.net