L’Union police nationale (UNAPOL) a animé une conférence de presse, dans l’après-midi du jeudi 4 octobre 2018 à Ouagadougou, pour dépeindre la situation qui prévaut au sein du syndicat. Devant les hommes de médias, le secrétaire général, Honoré Kientega, a déclaré qu’il n’existe qu’un seul bureau dirigeant de l’UNAPOL, qui est piloté par des membres légalement reconnus par les textes.

Le torchon brûle au sein de l’Union police nationale (UNAPOL). Et ce, depuis le 25 août dernier, dans le cadre des travaux préparatoires du congrès qui s’est tenu le 8 septembre 2018.
À entendre le Secrétaire général (SG) de l’UNAPOL, Honoré Kientega, lors des réunions préparatoires dudit congrès par le bureau national, il était question de présenter une seule liste au comité électoral pour validation. « Malheureusement, cette tentative s’est soldée par un échec et nous nous sommes retrouvés avec deux listes », poursuit le SG.

Conséquence, la mise en place dudit comité électoral a été perturbée par des policiers qui n’y étaient pas conviés, indiquent les conférenciers.

Le SG montrant la carte d’adhésion

Un comité électoral a été mis en place sous la direction du premier SG de l’UNAPOL, Wakilou Senou (appelé à d’autres fonctions). Des travaux menés par le comité ont abouti à la validation d’une liste et l’invalidation d’une autre, à savoir celle du commissaire principal Armiyaho Zongo. Les raisons de l’invalidation de la liste sus-citée par les conférenciers sont : non-conformité des formalités de publication des listes de candidatures (la liste de Zongo a fait l’objet d’une publicité sur le réseau social Facebook par deux profils) ; non-conformité de la liste avec les postes prévus par les textes de l’UNAPOL dans son article 14 ; et enfin, non-présentation des pièces, notamment les cartes d’adhésion justifiant que les membres de la liste de candidatures sont militants de l’UNAPOL et à jour de leurs cotisations.

En ce qui concerne la dernière raison, Honoré Kientega a brandi une carte de couleur bleue en guise de preuve. Et il se trouve que les membres de la liste de candidatures du commissaire Zongo ne disposaient pas de cette carte.

Vers la politisation de l’UNAPOL ?


À en croire les conférenciers, les choses ont tourné au vinaigre lors du congrès du 8 septembre. « Les membres de la liste invalidée par le comité électoral, se sont invités aux travaux des instances avec d’autres policiers de leur bord, non-militants de l’UNAPOL », expliquent-ils.

Même si le congrès a pu se tenir au final avec la liste validée, Honoré Kientega fait savoir qu’au sortir, un collège des sages (prévu par aucun texte du syndicat) s’est invité à la manœuvre pour la mise en place d’un bureau consensuel. « Le bureau mis en place à l’issue du congrès s’est purement et simplement démarqué de cette manœuvre en se concentrant sur la suite de la procédure pour l’obtention du renouvellement de son récépissé », a-t-il expliqué.

Toujours selon Honoré Kientega, c’est par voie de presse (Le Pays et L’Observateur Paalga) que l’UNAPOL a appris, le jeudi 27 septembre dernier, qu’une quarantaine de policiers se sont retrouvés à l’École nationale de police pour un congrès extraordinaire afin de mettre en place un bureau national. Dans les journaux, mention a été faite d’un accord donné par six membres de l’ancien bureau et la neutralité exprimée par trois autres membres, afin d’obtenir un quorum favorable à la tenue du congrès extraordinaire.

Le SG de l’UNAPOL, Honoré Kientega (au micro)

Au regard des éléments sus-cités, l’UNAPOL fait trois observations. Premièrement, l’alinéa 3 de l’article 10 des statuts dispose que : « Un congrès extraordinaire peut se tenir à tout moment, soit à la demande du bureau national, soit à la demande des 2/3 des membres du syndicat ou des 2/3 des bureaux des sections ».

Deuxièmement, en réaction aux publications dans les organes de presse, un démenti a été apporté à travers « un droit de réponse » par cinq membres estimant que leurs noms ont été faussement utilisés. Troisièmement, l’UNAPOL se demande pourquoi, au regard de ces irrégularités constatées, un tel bureau a été reçu par le ministre de la Sécurité le jeudi 27 septembre 2018 et par le directeur général de la police nationale le 1er octobre 2018. Ces deux audiences ont fait l’objet de publication sur les pages Facebook des deux institutions précitées.

« L’UNAPOL condamne l’usurpation fait de son nom et de ses insignes, en rappelant que le syndicat est différent de la direction générale de la police nationale », a déclaré le SG Honoré Kientega, avant d’ajouter que « tous les membres de l’UNAPOL sont des policiers, mais tous les policiers ne sont pas obligés d’être de l’UNAPOL ».

Cryspin Masneang Laoundiki

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Source: LeFaso.net