
L’interrogatoire de Léonce Koné s’est poursuivi ce mercredi 17 octobre 2018. L’accusé est poursuivi pour deux faits. Il s’agit de l’attentat à la sûreté de l’Etat et des coups et blessures volontaires. Tout comme la veille, l’accusé continue de rejeter les faits qu’on lui reproche. Pour lui, au moment des faits, en tant qu’homme politique, il n’a fait qu’émettre des opinions politiques. En aucun moment, il n’a participé à la constitution des deux infractions.
Le parquet trouve aussi qu’il y a des ressemblances entre les déclarations des auteurs du coup d’Etat et celles du CDP. Il explique cela par le fait que leurs prises de positions politiques rejoignent les revendications du général Diendéré. Toutefois, poursuit-il, cela ne veut pas dire qu’il est complice de l’attentat à la sûreté de l’Etat. L’autre aspect, et non des moindres, concerne les 50 millions reçus de la Côte d’ivoire.
L’inculpé expliquera que l’argent a été récolté auprès d’amis privés pour leurs activités politiques. 20 millions ont été remis au CDP, son parti ; 5 millions aux autres membres du Front républicain et le reste a été gardé par René Emile Kaboré, un autre accusé en fuite. Pour lui, cela n’a rien à voir avec les événements. C’est juste une coïncidence. Mais qui sont ces personnes qui ont donné l’argent ? Léonce Koné refusera catégoriquement de donner des noms.
Sur ce point, Me Farama de la partie civile dira qu’au regard des éléments du dossier, l’argent a été remis par le général Vagondo, chef d’Etat-major particulier du président ivoirien. C’est la même personne qui a remis le matériel de maintien de l’ordre. Par conséquent, l’argent concourait à la constitution de l’infraction. Il demande à l’accusé d’apporter la preuve du contraire. Au niveau des déclarations, Me Farama a aussi noté que l’accusé a fait une déclaration de soutien aux militaires putschistes et leur a témoigné son entière solidarité.
Les avocats de l’inculpé ne sont pas de cet avis. Me Antoinette Ouédraogo dira que jusqu’à ce stade de l’interrogatoire, son client a été clair. Pour elle, l’argent n’avait pas pour objectif de soutenir, encore moins de financer, le coup d’Etat. Sur ce point, elle estime que le parquet manque de preuves. L’avocate est soutenue dans ce sens par le bâtonnier sénégalais Yerim Thiam.
Le parquet estime qu’en organisant ses militants dont certains ont commis des actes répréhensibles, Léonce Koné est aussi responsable. Les débats se menaient toujours lorsque le président du tribunal, Seydou Ouédraogo, a suspendu l’audience. Elle reprendra le vendredi 19 octobre 2018 toujours avec Léonce Koné.
Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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