Le samedi 28 avril 2018, à Ouagadougou, les membres de l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) étaient face à la presse, afin de dresser le bilan de la campagne cotonnière 2017-2018. La rencontre a également permis de tracer les perspectives de la campagne prochaine. Des présidents des Unions provinciales des producteurs de coton, de même que des partenaires ont fait le déplacement pour participer à cette importante activité.

C’est la salle de conférence du siège de l’AICB qui a servi de cadre d’échange avec les hommes de médias. Entouré du staff de l’association, le directeur général de SOCOMA par ailleurs président de l’association Fonds de lissage dira que des éléments d’appréciation « très » encourageants avaient été notés au démarrage de la campagne cotonnière. L’un d’eux est l’ensemencement de 879 096 hectares (ha) soit une hausse de 19% par rapport à la campagne 2016-2017 et qui, pour mémoire, étaient de 740 000 ha. Le revers de la médaille, cependant, c’est que le profil pluviométrique de la saison a été ponctué par des épisodes de sécheresse (juillet, août et septembre) dans les zones de SOFITEX, SOCOMA et Faso coton.

La suite de cette situation a été la baisse des rendements aux champs (-24%) et partant celle des attentes de production de coton graine qui étaient de 820 000 tonnes annoncées pour la campagne. Relativement aux baisses de rendement, il a déclaré qu’elles varient de -20% dans la zone Faso coton à -6% dans la zone SOCOMA, qui, à elle seule, a pourtant enregistré le cumul pluviométrique le plus élevé avec 938 mm de pluies en 43 jours. Dans la zone SOFITEX, elle serait de l’ordre de -28%.


En perspectives, d’ici la fin de la campagne d’égrenage, le volume de la production de coton graine conventionnel attendu au plan national, pourrait atteindre 612 000 tonnes. Contrairement à la campagne précédente qui avait, elle, enregistré une augmentation de 16% réalisée entre les campagnes 2016-2017, 2015-2016, ce niveau de production est en-dessous de -10%. Et à Ali Compaoré d’affirmer que l’insuffisance des pluies a brisé les espoirs que les uns et les autres nourrissaient au niveau des revenus attendus de la culture du coton. Il en veut pour preuve la baisse des marges après remboursement et qui, s’explique par « les rendements faibles observés surtout dans la zone SOFITEX où la MARI s’est fortement dégradée ». Pour régler la solvabilité des coopératives dans cette zone, ils ont sollicité un soutien de 5 milliards de F CFA à l’Etat.

Mais qu’à cela ne tienne, « si à la production de coton graine conventionnel, on y ajoute celle du coton biologique équitable de 1 300 tonnes, la production nationale serait de 613 000 tonnes ». Du coup, le Burkina Faso occupera le 2e rang en Afrique après le Mali et loin avant le Bénin.

Il convient de signaler que malgré les obstacles qui en ont découlé, il est apparu des motifs de satisfaction. « La production de la campagne de commercialisation primaire, de transport et d’égrenage du coton graine est presqu’entièrement enlevée à ce jour, ou est en passe de finir dans les prochains jours. La fin des opérations est prévue pour mi-mai 2018 au plan national », se réjouit le DG de SOCOMA. La qualité du coton graine est également « bonne » dans les 3 sociétés cotonnières (99,52% classé 1er choix) et bien d’autres.


Pour la nouvelle campagne, l’Assemblée générale de l’AICB fixe le prix d’achat plancher du coton graine à 250 F CFA/kg pour le coton premier choix et 225 F CFA/kg pour ce qui concerne le deuxième choix. Ceci, en vue de se conformer aux perspectives d’amélioration des cours du coton sur le marché mondial et les dispositions du règlement technique du Fonds de lissage. Cependant, l’achat de la tonne de coton graine est passé à 5000 F CFA. Quant au prix de cession des intrants, ils sont les mêmes que ceux de la campagne écoulée. En outre, tenant compte des intentions de culture recensées auprès des cotonculteurs, l’association a fixé un objectif de production national de coton graine de 836 000 tonnes soit +37% par rapport aux productions réalisées en 2017-2018. L’amélioration du rendement moyen au champ à 1000 kg/ha mais aussi l’accompagnement des partenaires permettront sans nul doute de relever ce défi.


En termes d’innovation, il est prévu la mise en place d’une assurance agricole, entre autres. Elle opère sur la base des rendements moyens de la zone à considérer. « Lorsqu’à la récolte on se rend compte qu’il y a un producteur dans les conditions du périmètre qui a été défini qui décroche de manière objective, il sera indemnisé selon le niveau de prime d’assurance auquel il a souscrit », précise le directeur général de la SOFITEX, Wilfrid Yaméogo. Les fourchettes de l’assurance sont de 5 800 F CFA pour le premier étage et 1 200 F CFA pour le deuxième. Ce qui donne respectivement droit à une indemnité de 45 000 F CFA/ha et 90 000 F CFA/ha.

Aïssata Laure G Sidibé

Lefaso.net

Source: LeFaso.net