Les deux principaux chalengeurs du président Macky Sall, à savoir Khalifa Sall et Karim Wade, ont vu leur espoir de se présenter à la présidentielle de février 2019 contrarié par deux décisions de justice rendues ce jeudi 30 août.

Un jeudi noir au Sénégal, en particulier pour l’opposition politique. Elle qui attendait d’être située sur le sort de leurs probables représentants pour l’élection présidentielle de février 2019. D’abord, c’est Khalifa Sall qui a vu sa condamnation confirmée par la Cour d’appel de la capitale sénégalaise. Cette condamnation à cinq ans de prison ferme a été prononcée dans l’affaire de la Caisse d’avance de la mairie de Dakar. Puis, c’est au tour de la Cour suprême de rejeter (http://www.jeuneafrique.com/621247/societe/senegal-karim-wade-accuse-le-president-de-la-cour-supreme-detre-soumis-aux-ordres-de-macky-sall/) le pourvoi de Karim Wade contre sa radiation des listes électorales, préalable indispensable à une candidature. Ces deux décisions réduisent la possibilité, pour ces deux ténors de l’opposition, de se présenter à la présidentielle de 2019.

C’est en l’absence de Khalifa Sall et de ses avocats, qui ont déserté le prétoire depuis le 26 juillet pour dénoncer une « justice expéditive » destinée à « rendre inéligible [le maire de Dakar] », que le jugement de la Cour d’appel a été prononcé. « Pourvoi rejeté », a déclaré le président de la Cour suprême en rendant son arrêt, quelques heures plus tard.

La haute juridiction s’est déclarée incompétente pour statuer sur le rejet de l’inscription sur les listes électorales du fils de l’ex-président Abdoulaye Wade. Occasion pour l’avocat de Karim Wade de dire que depuis l’accession au pouvoir de Macky Sall en 2012, l’Etat « s’attelle méthodiquement à violer » les droits de Karim Wade « dans l’unique but de l’empêcher d’être éligible à l’élection présidentielle », avait-il alors estimé.

L’avocat de Khalifa Sall, Me Ciré Clédor, de renchérir en déclarant que « leur stratégie c’est d’éliminer des candidats à la présidentielle ». De son côté, Karim Wade est plus que jamais déterminé à présenter sa candidature à la présidentielle.

Il l’a réaffirmé la semaine dernière, dans un message adressé au peuple sénégalais. Un message dans lequel il décrivait « un contexte de crise sans précédent » qui augure, selon lui, « des lendemains électoraux difficiles, susceptibles de mettre en danger la stabilité du pays ».

Dans les deux cas, les partisans des deux opposants estiment être déterminés pour le combat politique sur le terrain. « On nous a déclaré la guerre. Nous n’avons pas d’armée, mais nous avons le peuple », lance Ousmar Sarr, secrétaire général adjoint du parti. Avant d’ajouter : « Nous allons mobiliser les citoyens, les électeurs. On ne nous présente pas d’autres possibilités. »

Dans les jours à venir, le comportement des partisans des deux camps déterminera l’atmosphère et le climat politique au Sénégal, ce qui rend le prochain scrutin électoral électrique. Chose que l’opinion internationale et certaines organisations des droits de l’homme dénoncent et appellent l’Etat sénégalais à garantir des élections libres et transparentes pour février prochain.

Issouf Ouédraogo

Lefaso.net

Source: LeFaso.net