
À chaque cérémonie d’installation de nouveaux ministres ou lors de rencontres organisées dans les salles de réunions des ministères, les journalistes se retrouvent à exercer leur métier dans des conditions éprouvantes. C’est un véritable parcours de combattant pour ces professionnels qui doivent se démener dans des salles exigües, faiblement éclairées.
Dans plusieurs ministères, les salles retenues pour les cérémonies sont manifestement inadaptées. Trop petites pour accueillir à la fois les autorités, le personnel administratif et les professionnels des médias, elles ne permettent ni une bonne circulation, ni une couverture correcte de l’événement. Conséquence : des journalistes compressés, contraints de lever leurs caméras au-dessus des têtes et de se bousculer dans des conditions précaires.
Repenser l’organisation face à l’affluence du personnel
Pour le cas des installations des ministres, le manque de place est dû au fait que le personnel du ministère veut être témoin de la cérémonie. Ce personnel est-il obligé d’assister en grand nombre aux cérémonies, au regard de la taille des salles disponibles ? Ne serait-il pas plus judicieux de limiter la présence à quelques responsables clés, comme le secrétaire général, les conseillers techniques, le directeur administratif et financier et le directeur des ressources humaines, afin de libérer de l’espace pour les médias ?
Au-delà de l’organisation des cérémonies dans ces bâtiments, notons que le problème est plus structurel. Beaucoup de ministères disposent de salles de réunion qui ne tiennent pas compte des exigences modernes de communication institutionnelle. Or, une salle exiguë, mal éclairée et sans acoustique adaptée peut entacher la qualité de l’information.
Repenser les futurs projets de construction administrative
Sans être un expert en architecture, nous pensons qu’il est important que les futurs projets de construction intègrent cette réalité. Les plans devraient prévoir des salles de réunion spacieuses, lumineuses, mais aussi des salles de presse dédiées, offrant des commodités pour la prise de son et d’images.
Les architectes doivent anticiper les usages institutionnels réels des bâtiments qu’ils conçoivent et intégrer les besoins des médias dans leurs plans. Une administration moderne ne peut se passer d’infrastructures adaptées à l’information du public. Les directeurs de la communication et des relations presse ont également un mot à dire et devraient peser de leur poids pour mener le plaidoyer pour de meilleures conditions de travail des journalistes. L’enjeu n’est pas le confort des journalistes, mais l’efficacité de la communication publique. Ils doivent choisir des salles adaptées à la taille des événements.
Prendre en compte l’insuffisance de véritables salles de presse dans notre pays ne constituerait en rien une faveur faite aux journalistes. Une salle de réunion est différente d’une salle de presse. Les remaniements ministériels passeront, mais les bâtiments, eux, resteront. Autant les concevoir dès aujourd’hui en pensant aussi à ceux qui ont pour mission de raconter l’histoire, celle du Burkina Faso, de ses fils et de ses filles.
HFB
Lefaso.net
Crédit photo : ArchitectureBf
Source: LeFaso.net
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