
« Sécurité aérienne et résilience nationale : rôle stratégique des contrôleurs aériens du Burkina Faso dans un contexte de crise sécuritaire ». C’est sous ce thème que se tient le 2e congrès ordinaire du Syndicat national des contrôleurs aériens et assimilés du Burkina (SYNCAB), ce jeudi 15 janvier 2026, à la Bourse du travail. Objectif : créer un cadre de débats responsables, d’analyses lucides et de propositions constructives, ceci pour renforcer l’unité syndicale, consolider son engagement professionnel, et affirmer la volonté de l’institution de contribuer, avec responsabilité, à l’amélioration continue de la sécurité aérienne et des conditions de travail des contrôleurs aériens du Burkina Faso.
C’est dans un contexte en pleine mutation que le Syndicat national des contrôleurs aériens et assimilés du Burkina (SYNCAB), se réunit ce jeudi 15 janvier 2026. « Au plan international, la crise généralisée du système capitaliste engendre guerres, insécurité, précarisation du travail et remise en cause permanente des acquis sociaux. Le secteur de l’aviation civile n’est pas resté en marge, il continue de faire face à des défis majeurs : recrudescence des conflits armés, tensions géopolitiques persistantes, cybermenaces, pressions économiques, impacts du changement climatique sur les infrastructures aéroportuaires et les opérations aériennes », a résumé le secrétaire général du SYNCAB, Boureima Zougouri.
Au plan sous régional, c’est le contexte sécuritaire qui est pointé du doigt par l’institution. « Les menaces transfrontalières, l’insécurité, la fragilité de nos États et les contraintes budgétaires affectent directement la gestion du trafic aérien, la mobilité des personnes et des biens, ainsi que la coopération technique régionale. Pourtant, malgré ces contraintes, les services de la navigation aérienne continuent d’être assurés avec professionnalisme, souvent au prix de sacrifices silencieux », regrette M. Zougouri.

Même constat pour ce qui est du contexte burkinabè, éprouvé par la crise sécuritaire. « Cette situation éprouve nos institutions, nos communautés et nos familles. Elle met également à rude épreuve les agents de l’aviation civile, et particulièrement les contrôleurs aériens, qui exercent leur mission dans un environnement à haute responsabilité, où la moindre défaillance peut avoir des conséquences dramatiques. Malgré tout, les contrôleurs aériens du Burkina Faso restent debout, engagés et pleinement conscients de leur rôle stratégique dans la continuité de l’État et la souveraineté nationale », a-t-il affirmé.
« Exigences croissantes en matière de sécurité et de performance, besoins de modernisation des équipements, gestion des ressources humaines, conditions de travail, dialogue social et adaptation aux réalités sécuritaires actuelle », sont entre autres défis que rencontre l’Agence pour la sécurité aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA). Une situation qui interpelle les contrôleurs aériens, qui estiment avoir leur mot à dire, pour que tous les défis soient relevés. « L’espoir que les travailleurs avaient nourri à l’élection du nouveau directeur général s’est malheureusement très vite dissipé », regrette le syndicat.
« Après une année de gestion, force est de constater que les engagements affichés n’ont pas été traduits en actes concrets pour le bien-être des agents et la défense de leurs droits. Pire encore, la récente tentative de remise en cause de nos acquis lors du dernier conseil d’administration illustre bien que la vigilance et l’unité syndicale restent plus que jamais nécessaires. Ces manœuvres sont un rappel que nos droits ne sont jamais acquis définitivement et que seule l’organisation, la mobilisation et la lutte collective permettent de les protéger et de les renforcer », se convainc Boureima Zougouri.
En s’intéressant au thème : « Sécurité aérienne et résilience nationale : rôle stratégique des contrôleurs aériens du Burkina Faso dans un contexte de crise sécuritaire », le SYNCAB veut apporter sa pierre à la construction du pays. Pour lui, ce thème traduit une réalité quotidienne qui est la suivante : sans contrôleurs aériens qualifiés, motivés et protégés, pas de sécurité aérienne durable, ni de résilience nationale véritable. « Nous sommes des acteurs clés de la chaîne de sécurité, des sentinelles invisibles mais indispensables, au service de la nation et de la communauté internationale », a-t-il conclu.
Erwan Compaoré
Lefaso.net
Source: LeFaso.net

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