
La Caisse nationale d’assurance maladie universelle (CNAMU) a convié les hommes et femmes de médias, ce vendredi 16 janvier 2026, à une session d’information et de sensibilisation sur le régime d’assurance maladie universelle, qui est une politique publique dont l’objectif est d’améliorer l’accès des populations aux soins de santé. L’objectif était de les outiller, afin qu’ils puissent fournir aux populations des informations exactes sur le RAMU. Ainsi, les journalistes pourront susciter l’adhésion des citoyens et assurer la réussite de la mise en œuvre de cette politique de santé.
À cette rencontre d’information et de sensibilisation, les animateurs d’émissions interactives et les journalistes ont été invités à être des relais de l’information juste et vraie sur la politique publique qu’est le régime d’assurance maladie universelle. Être mieux informés pour éclairer au mieux la lanterne des populations qui, bien souvent, ne maîtrisent pas tous les aspects de la mise en œuvre du RAMU, c’est là tout l’enjeu de cette session.
Après la phase d’élaboration des outils d’immatriculation et d’affiliation, l’implémentation de façon concrète du RAMU sur le terrain débute le 1er février 2026 avec les prestations de soins. « Il était donc nécessaire de renforcer la communication avec la presse autour de cette politique publique-là, afin que chacun puisse contribuer à donner l’information juste à la population. La particularité de cette activité, c’est que l’on veut travailler avec les acteurs qui animent un certain nombre d’émissions telles que les émissions interactives et avec d’autres acteurs qui animent d’autres émissions. Les citoyens appellent souvent dans vos émissions pour comprendre ; donc il était nécessaire pour nous de vous expliquer le régime d’assurance maladie universelle, pour que vous soyez les premiers acteurs. Vous pourrez, en cas de préoccupations, orienter les acteurs sur ce qui est dit ou sur ce qui n’est pas dit et aussi sur ce qui est vrai et ce qui n’est pas vrai », a expliqué le directeur général de la CNAMU, Soumaila Gamsonré.

344 893 personnes déjà concernées
Il faut souligner que depuis 2024, la CNAMU a entrepris l’affiliation et l’immatriculation des entreprises et de la population en général. À la date du 5 janvier 2026, ce sont 338 structures publiques et privées ainsi que 344 893 assujettis qui sont enregistrés dans la base de données de la CNAMU, a fait savoir Nestor Lengané, directeur des affaires juridiques et du contentieux de la CNAMU. Les cotisations ont débuté depuis fin novembre 2025 et les assujettis pourront bénéficier des prestations de soins à partir du 1er février 2026. Des conventions ont déjà été signées avec l’ensemble des structures publiques de santé et des concertations sont en cours avec les structures privées de soins.
En rappel, l’assurance maladie universelle est un dispositif qui permet d’assurer un individu face à des risques financiers de soins, en cas de maladie ou de maternité. Elle est obligatoire au Burkina Faso et couvre 70% des frais liés aux soins au profit des assujettis. Tous les citoyens résidant sur territoire national peuvent bénéficier des prestations de l’assurance maladie universelle.

Le panier de soins prend en compte les actes de médecine générale et de spécialités médicales et chirurgicales, les actes infirmiers, les soins relatifs au suivi de la grossesse, à l’accouchement et aux suites de couches, les actes et les soins relatifs à l’hospitalisation et aux interventions chirurgicales, les soins bucco-dentaires d’urgence, les examens de biologie médicale, les actes de radiologie et d’imagerie médicale.
À cela s’ajoutent les explorations fonctionnelles, les produits de santé en ambulatoire et en hospitalisation, les actes de rééducation fonctionnelle et de kinésithérapie, le transport médicalisé des malades vers les établissements de santé et les actes de consultation de médecine traditionnelle agréés. Sont exclus du panier de soins la lunetterie, les vaccins des voyageurs, les interventions de chirurgie plastique et esthétique, à l’exception des actes de chirurgie réparatrice et d’orthopédie maxillo-faciale médicalement requis, et les examens complémentaires réalisés en dehors du territoire national.
En ce qui concerne les modalités de cotisation, les travailleurs cotisent pour 5% de leur salaire à raison de 2,5 % supporté par le travailleur et autant pour l’employeur. Pour les personnes bénéficiaires de pensions et les bénéficiaires de rentes, la cotisation concerne 2% de la pension ou de la rente. Pour les travailleurs indépendants du secteur formel, c’est un forfait mensuel de 15 000 F CFA. Pour les travailleurs indépendants de l’économie informelle et les personnes indigentes, le forfait est de 4 000 F CFA. Il faut noter qu’il faut cotiser pendant trois mois avant d’avoir accès aux prestations du RAMU. Pour bénéficier des soins, l’assuré doit se rendre dans un centre de santé conventionné et payer le ticket modérateur.
L’assurance maladie universelle étant obligatoire, les assurés qui sont organisés en mutuelles sociales pour s’assurer une couverture médicale à titre volontaire, doivent être obligatoirement affiliés et immatriculés au régime d’assurance maladie universelle. Ils peuvent toutefois transformer leur couverture médicale en couverture complémentaire.
Armelle Ouédraogo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net

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