Face aux défis sécuritaires que traverse le Burkina Faso, les chasseurs traditionnels dozos réaffirment leur détermination à œuvrer pour la paix aux côtés des autorités et des Forces de défense et de sécurité (FDS). À l’occasion d’une conférence de presse tenue le vendredi 23 janvier 2026 à Bobo-Dioulasso, le président de l’Union nationale des dozos du Burkina, Aly Konaté, a livré un message mêlant traditions, spiritualité et engagement patriotique.

L’Union nationale des dozos du Burkina Faso a, une fois de plus, marqué sa disponibilité à accompagner les autorités et les FDS dans la lutte contre l’insécurité. Cette volonté a été exprimée par son président, Aly Konaté, lors d’une rencontre avec les hommes et femmes de médias à Bobo-Dioulasso. À travers son intervention, il a mis en avant le rôle historique et spirituel des dozos dans la préservation de la paix et de la cohésion sociale.

Cette conférence de presse visait principalement à annoncer la tenue de la 13ᵉ édition du Djibon, cérémonie rituelle annuelle des chasseurs traditionnels dozos. Prévu du 28 au 31 janvier 2026, l’événement se déroulera sous le thème : « FDS et dozos, main dans la main pour la consolidation et la sauvegarde des acquis ». Selon Aly Konaté, le Djibon constitue un cadre de recueillement et de concertation réunissant sages, autorités coutumières et forces vives du pays, afin de réfléchir collectivement aux stratégies de consolidation de la paix et de la sécurité nationales.

« Nous préférons mourir que vivre dans l’esclavage », lance le dozobâ Aly Konaté

Le président de l’Union nationale des dozos a rappelé que ces chasseurs traditionnels ne sont pas des acteurs nouveaux dans la défense des communautés. Bien avant l’apparition de la crise sécuritaire actuelle, les dozos étaient déjà engagés dans la protection des populations et des terroirs. « Avant d’entrer dans la confrérie, le dozo prête serment de protéger sa communauté, son pays et sa patrie, au péril de sa vie », a-t-il souligné. Pour Aly Konaté, cet engagement repose avant tout sur un devoir moral et un esprit de sacrifice, loin de toute recherche de reconnaissance ou d’avantages matériels.

S’adressant aux populations, le président de l’Union nationale des dozos s’est voulu rassurant. « Fils et filles du pays, vous pouvez dormir tranquillement. Nous menons le combat sur le terrain pour vous, au péril de nos vies », a-t-il déclaré. Il a rendu hommage aux dozos tombés sur le champ d’honneur et a invité les ancêtres ainsi que les sages à continuer de prier pour ceux qui sont encore engagés au front. Il a, par ailleurs, insisté sur la dimension spirituelle de la lutte, évoquant l’organisation d’une « séance de sacrifices » destinée à implorer la protection divine et ancestrale.

L’Union nationale des dozos du Burkina Faso a, une fois de plus, marqué sa disponibilité à accompagner les autorités et les FDS dans la lutte contre l’insécurité

Abordant l’évolution de la situation sécuritaire nationale, Aly Konaté a estimé que « la guerre est presque finie, mais pas totalement ». Selon lui, la victoire définitive ne saurait être obtenue sans l’implication de tous les Burkinabè, notamment à travers les prières, le soutien moral et la solidarité envers les forces engagées. Il a rappelé que l’ouest du Burkina Faso a été l’un des premiers foyers des attaques terroristes, mais que la résistance locale, fondée sur la fraternité, la cohésion sociale et l’entente entre les communautés, a permis de contenir la menace. « S’ils ont quitté notre zone, c’est parce qu’ils ont compris qu’il y avait ici des hommes prêts à mourir pour leur pays », a-t-il affirmé.

Le président de l’union a également salué le travail de ceux qui, souvent dans l’ombre, contribuent à la sécurisation des zones rurales. « Ce qui se passe en brousse, ce sont nous seulement qui le savons », a-t-il confié, mettant en lumière le rôle déterminant des dozos dans la protection des villages, en étroite collaboration avec les autorités administratives et sécuritaires. Il a, en outre, rendu hommage aux hommes et femmes de médias pour leur contribution à la sensibilisation des populations et à l’accompagnement de l’effort de paix.

Insistant sur la nature désintéressée de leur engagement, Aly Konaté a réaffirmé que les dozos ne sont animés ni par la recherche de gloire ni par des intérêts financiers. « Nous ne sommes pas dans cette lutte pour le nom ni pour l’argent. Nous préférons mourir que de vivre dans l’esclavage », a-t-il déclaré. Pour lui, la mort n’est pas une honte pour le dozo, mais un sacrifice ultime consenti pour préserver l’honneur et la dignité de la patrie. « Nous dormons avec nos armes et nous nous réveillons avec nos armes », a-t-il ajouté, évoquant le serment prêté par des milliers de dozos engagés sur le terrain.

Grâce à cette mobilisation constante, plusieurs localités autrefois confrontées à l’insécurité ont progressivement retrouvé une relative accalmie. « Dans beaucoup de villages, on ne pouvait plus cultiver. Aujourd’hui, avec l’appui des autorités, les dozos ont contribué à ramener la paix », a indiqué le président de l’union. Il a précisé que dans certaines zones, l’absence des forces de défense et de sécurité est compensée par la présence des dozos, permettant ainsi aux populations de reprendre leurs activités quotidiennes.

Aly Konaté a réaffirmé que les dozos ne sont animés ni par la recherche de gloire ni par des intérêts financiers

Aly Konaté a également tenu à saluer le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, tout en lui réaffirmant le soutien indéfectible des dozos. « Nous prions pour lui et réaffirmons notre engagement à l’accompagner dans sa mission, aux côtés des FDS », a-t-il déclaré. Le président de l’Union nationale des dozos s’est réjoui de l’amélioration notable de la situation sécuritaire dans l’ouest du pays, qu’il estime sécurisé à 90 %. « Dans les villages, nous arrivons à cultiver, les déplacés retournent chez eux et plusieurs établissements scolaires ont rouvert », a-t-il indiqué.

Selon lui, des rencontres comme le Djibon permettront non seulement de tirer les leçons du passé, mais aussi de demander pardon pour les manquements et de mieux planifier l’avenir, avec pour seul objectif le retour durable de la paix et de la sécurité au Burkina Faso. Il a enfin réaffirmé la constance de l’engagement des dozos depuis le début de la crise sécuritaire. « Nous disons à nos autorités que notre engagement est le même depuis le début de cette crise. Nous sommes engagés plus que jamais à libérer notre pays des ennemis », a-t-il conclu.

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source: LeFaso.net