L’actualité au Burkina a été marquée par le décès d’une jeune fille du nom de Oumou Koulsoum, à Zorgho. Quelques heures avant la survenue de ce drame, soit le mercredi 3 février 2026, s’ouvrait un procès au Tribunal de grande instance Ouaga 1, pour homicide involontaire (entre autres faits), dans la même zone, mais cette fois-ci, à Mogtédo. Des commentaires sur la page Facebook de Lefaso.net, on peut lire l’indignation des internautes face à ces situations. Si certains appellent encore à la vigilance en circulation, d’autres insistent sur la nécessité de durcir les lois pour un respect scrupuleux du code de la route.

« Je n’ai pas pu retenir mes larmes. Vraiment très triste ! Paix à son âme et que Dieu lui fasse miséricorde. Courage à la famille éplorée. Que le bon Dieu les console, les apaise et les fortifie. Beaucoup de courage également à ses enseignants et camarades. » Ces mots de l’internaute Marie Thérèse Lougué ne sont qu’un échantillon de la flopée de messages de désolation qui accompagne le témoignage bouleversant de Augustin Zoungrana, un de ses enseignants qui a assisté à ses derniers instants, publié par Lefaso.net. Une vie n’est pas plus importante qu’une autre. Mais beaucoup, outre le décès, y ont vu une perte, surtout au regard de l’élève étoile qu’elle était.

« Tout le monde sait que quand un enfant travaille bien en classe, il est très aimé des enseignants », regrettera Bougoutali Koné, tout en souhaitant, lui aussi, plein courage à sa famille, à ses enseignants, mais aussi à ses camarades. Visiblement las de voir les jeunes laisser leurs vies sur la route alors qu’ils sont le fer de lance du pays, Harsene Bicaba n’a pu s’interdire de s’exaspérer en ces termes : « vraiment ! Il y a vraiment de quoi s’inquiéter ! Trop c’est trop ! Il faut absolument faire quelque chose et le plus tôt serait le mieux. » A ce propos, bon nombre de propositions ont été faites pour sauver les enfants du danger que peut représenter la route.

« On doit revoir les dispositions pour la construction des écoles », a poursuivi M. Koné, comme pour signifier que les placer à côté des grandes voies, augmente le risque de survenue d’accidents de circulation. « Moi je demande aux autorités de mettre des feux tricolores dans les ronds-points qui mènent vers les écoles, CEG, lycées ; ceci pour faciliter la circulation aux jeunes élèves et leur permettre de se rendre à l’école en toute sécurité », a ajouté dans la même veine, Cheick Omar Kaboré. Pour Gala Pkoda, les populations doivent être sensibilisées pour laisser la priorité aux élèves. « Au Burkina Faso on doit beaucoup miser sur le respect du passage des élèves dans les auto-écoles. Beaucoup d’usagers se foutent éperdument de leurs passages. Ils foncent souvent sur eux pour qu’ils laissent la route », fait-il remarquer. Par ailleurs, il estime que les enseignants doivent être mis à contribution pour ce qui est de la sensibilisation dans les écoles. « Ils doivent insister sur la circulation ; que les enfants évitent de rouler alignés en causant ; qu’ils s’attrapent les mains avant de traverser ; qu’ils se regroupent et traversent ensemble », a conseillé l’internaute.

Que dire des parents ? Ils sont nombreux à avoir délaissé leurs enfants. Conséquence : ces derniers s’éduquent eux-mêmes, fait penser Benoit Kaboré lorsqu’il affirme que « le problème, ce sont les parents. Moi je revenais du boulot ce soir. J’ai vu un élève au milieu du goudron qui jouait comme si de rien était. » A côté de lui, certains pensent que la loi se doit d’être dure pour protéger les élèves en circulation. « Les autorités doivent être dix fois plus sévères pour la limite de vitesse exigée en agglomération. Je dis bien, dix fois plus que ce qu’elles ont appliqué sur le port du casque », a commenté Marcel Zongo, avant que Roi Desherbes invite les populations à cultiver le réflexe d’aller en justice. « Nous sommes trop dans les « c’est la volonté de Dieu » », pense-t-il.

Pour Harouna Dieni, là où les hommes ont échoué, c’est là que doit intervenir la loi pour le bien de la société. En voter une pour protéger les élèves en cas d’accident de la circulation pourrait s’avérer, de son commentaire, dissuasif. « C’est à dire qu’il faut prononcer des peines d’emprisonnement de 5 à 10 ans ferme et des amendes. En ce moment, les conducteurs feront très attention en circulation », a-t-il suggéré. Gobis Naleteme de son côté, a pensé aux gros porteurs, bennes et tricycles qui circulent aux heures de pointe : entre 6h-7h, 12h-15h, et 17h-18h. Ils doivent être interdit de rouler à ces heures selon lui, pour épargner la vie des élèves.

Une synthèse de Erwan Compaoré

Lefaso.net

Source: LeFaso.net