
Le Mouvement pour la culture de la paix et l’amour de la patrie (MPAP) a procédé, le samedi 14 février 2026, à l’inauguration d’un forage d’eau à l’École de paix de Kabinou, située dans la commune de Ramongo, région du Nando. Outre cette inauguration, d’autres temps forts ont marqué l’événement.
Les habitants de Kabinou ont désormais accès à un nouveau point d’eau potable grâce au MPAP et à ses partenaires. Fini les longs trajets pour se procurer l’or bleu. Cette cérémonie a également servi de cadre au lancement de la campagne nationale et internationale de mobilisation des ressources pour la construction de l’École de paix de Kabinou. Le coût total du projet est estimé à quatre milliards cinq cents millions (4 500 000 000) FCFA. À cet effet, un appel a été lancé aux bonnes volontés afin de contribuer financièrement à la réalisation de ce futur temple du savoir. Au-delà de l’enseignement technique et professionnel qui y sera dispensé, l’École de paix de Kabinou ambitionne d’être un espace de formation aux valeurs citoyennes, en droite ligne des idéaux de paix, de tolérance, de patriotisme et de civisme.
« L’idée de la création de l’École de paix de Kabinou est née il y a cinq ans. Face au contexte d’insécurité, des jeunes se sont interrogés sur leur contribution possible à l’amélioration du climat social. C’est ainsi qu’est née l’idée de construire une école capable de rassembler des enfants issus de différentes ethnies, des 17 régions du Burkina Faso, voire de divers horizons, afin qu’ils puissent apprendre à vivre ensemble. Cette école a pour vocation d’enseigner, d’encadrer et d’inculquer des valeurs de paix, de tolérance et de vivre-ensemble. Elle entend également contribuer à la formation socioprofessionnelle. Elle est ouverte à tous les enfants et aux jeunes, avec une attention particulière portée aux personnes déplacées internes ainsi qu’aux jeunes sans emploi, qui pourront y être formés à différents métiers. Nous sollicitons la contribution de tous. Ce projet est porté par le mouvement, mais il appartient aussi à l’ensemble des Burkinabè. Construire une école de la paix, au regard des objectifs que nous nous sommes fixés, est une responsabilité collective. C’est pourquoi nous lançons un appel à la mobilisation de fonds pour sa réalisation. Chacun, à son niveau, peut contribuer à la construction de cette école », a laissé entendre le président du MPAP, Paul-Marie Zoma.

Déjà, au cours de la cérémonie d’inauguration, les populations locales se sont mobilisées pour apporter leurs contributions financières, témoignant ainsi de leur adhésion au projet.
Quant à l’ouvrage hydraulique inauguré, il a été offert par Ismo International, une entreprise de vidange. Ismaël Ouédraogo, P-DG et donateur, a expliqué que ce geste répond à des motivations patriotiques et à un impératif de souveraineté. Il a rappelé qu’il a toujours soutenu que le Burkina Faso doit, avant tout, compter sur ses propres filles et fils pour assurer son développement. Selon lui, le temps est venu pour les Burkinabè de prendre pleinement leurs responsabilités, sans dépendre systématiquement des institutions financières occidentales ou des agences étrangères de développement. À l’en croire, l’exemple du forage qu’il a offert à cette localité illustre parfaitement cette vision : les Burkinabè ont la capacité de réaliser eux-mêmes des actions concrètes au profit de leurs communautés. S’inscrivant dans la dynamique impulsée par le président Ibrahim Traoré, il a insisté sur le fait que nul ne peut développer le Burkina Faso à la place des Burkinabè.
La cérémonie a également été marquée par le lancement du programme STOPXTREM. Il s’agit d’un projet mis en œuvre en partenariat avec la Fondation Cheick Moaz pour la cohésion sociale. Cette initiative se veut une offensive contre l’extrémisme religieux, avec pour objectifs la promotion du dialogue interreligieux et la prévention de la radicalisation.

Le président de la communauté spirituelle des soufis du Burkina Faso, Cheick Moaz Ouédraogo, a délivré un message à la communauté locale, invitant les populations à être des artisans de paix. Il s’est offusqué des « supposés guides religieux » qui sèment la zizanie entre les communautés et a conseillé à la population de refuser d’écouter « ces diviseurs » qui mettent à mal la cohésion sociale. Il a exhorté chacun à s’aimer malgré les différences religieuses et a appelé les croyants à aimer également les non-croyants. Pour lui, un bon croyant doit adorer Dieu et aimer son prochain. À l’issue de ce prêche, la communauté a pris l’engagement de promouvoir la paix.

Par ailleurs, le MPAP a annoncé la tenue de la 6ᵉ édition des APA (Ambassadeurs de paix awards). Cet événement annuel, initié par le mouvement, constitue un cadre de mobilisation citoyenne autour des valeurs de paix et de solidarité. Placée sous le thème : « Face aux défis sécuritaires, l’amour de la patrie comme force d’unité et de cohésion sociale », cette 6ᵉ édition se tiendra le 31 juillet 2026 dans la salle des banquets de Ouaga 2000.

À noter que le MPAP est une association nationale, apolitique, ouverte à toute personne physique ou morale œuvrant pour la culture de la paix, la promotion de la tolérance et le renforcement de l’amour de la patrie. Elle a vu le jour le 29 octobre 2017 à Koudougou. Elle est reconnue à travers le récépissé de déclaration d’existence Nᵒ N00000291301 du 5 décembre 2017 et a été publiée le 22 février 2018 au Journal officiel du Faso. Cette association, qui s’est donné pour mission la culture de la paix et la promotion de la tolérance en suscitant l’amour de la patrie, ambitionne de faire de chaque citoyen un acteur de paix et de développement, seul gage d’un développement durable. L’individu étant au centre de toute action, le MPAP entend agir sur lui afin d’impacter positivement la communauté.
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SB
Lefaso.net
Source: LeFaso.net


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