‎L’Agence de Soutien aux Veuves, Orphelins et Victimes de Guerre (ASVOVIG) a rencontré la presse ce 26 février 2026 pour présenter ses missions, ses acquis et les nouvelles dispositions encadrant l’accompagnement des familles des Forces de défense et de sécurité (FDS) tombées sur le théâtre des opérations. Face aux journalistes, le Directeur général, le Médecin Colonel Lamine Ouédraogo, a apporté des clarifications sur l’adoption de nouveaux décrets relatifs à l’indemnisation et à la délégation de solde au profit des Forces armées nationales, des Forces de sécurité intérieure ainsi que leurs ayants droit.

‎À travers une présentation détaillée, le Directeur général a tenu à rappeler les définitions qui encadrent les actions de l’Agence. » Est considérée comme veuve toute femme ayant perdu son conjoint dans le cadre de la guerre et ne s’étant pas remariée. L’orphelin est un enfant ayant perdu son père, sa mère ou les deux parents issus des FDS. Quant à la victime de guerre, il s’agit d’un militaire ou paramilitaire souffrant des conséquences d’un conflit armé ou d’une crise sécuritaire, qu’il s’agisse de blessures, de maladies, de pertes matérielles ou de traumatismes psychologiques subis dans le cadre du service », a clarifié le Médecin Colonel Lamine Ouédraogo.



‎La question du mariage civil a suscité de nombreux échanges entre les journalistes et l’ASVOVIG. Le Directeur a précisé que, pour les droits liés à l’indemnisation, le statut légal revêt une importance particulière afin d’assurer une harmonisation avec les textes en vigueur. Toutefois, l’Agence adopte une approche pragmatique lorsqu’il s’agit de l’accompagnement social et psychosocial.

‎Ainsi, une femme non légalement mariée mais ayant eu un enfant avec un militaire ou paramilitaire tombé au front peut bénéficier de l’accompagnement, notamment si elle assure la charge de l’enfant. Les textes prévoient d’ailleurs qu’en cas de filiation reconnue, une part d’indemnisation peut revenir à l’enfant.  » Nous regardons l’intérêt de la famille et des enfants « , a résumé le Directeur général, soulignant que l’objectif demeure la protection effective des ayants droit.



‎L’Agence encourage par ailleurs la régularisation des unions par le mariage civil, estimant qu’une meilleure formalisation des situations familiales permettrait d’éviter des difficultés administratives au moment de l’ouverture des droits.



‎L’un des points abordés lors de la rencontre a concerné la délégation de solde. Ce mécanisme consiste à reverser aux ayants droit tout le salaire pendant. Selon les textes évoqués, la délégation de solde s’étend sur cinq ans. Durant les deux premières années, l’intégralité du salaire est versée aux bénéficiaires. Les trois années suivantes, le montant est réduit de moitié. Toutefois, le remariage met fin à la délégation de solde au profit de la veuve. « La logique est simple », a expliqué le Directeur général, car la constitution d’un nouveau foyer implique un nouveau soutien. En revanche, les droits des enfants demeurent préservés. Des contrôles sont prévus afin de vérifier les situations déclarées, notamment en cas de remariage ou de concubinage avéré.



‎Aussi, un décret encadre désormais la procédure concernant la gestion des cas de personnels portés disparus. Lorsqu’un agent est déclaré disparu, une période de recherche d’une année est observée. À l’issue de ce délai, si aucune nouvelle n’est enregistrée, une procédure permet de le déclarer officiellement décédé, ouvrant ainsi aux familles le droit aux indemnisations et aux mesures de soutien prévues. Le Directeur général a reconnu la complexité humaine de ces situations. Certaines familles hésitent à accepter un accompagnement, refusant symboliquement de considérer leur proche comme décédé. L’ASVOVIG adopte alors une approche au cas par cas, intégrant parfois ces familles dans les formations et activités de soutien en attendant l’aboutissement des procédures.



‎Sur le plan opérationnel, l’Agence a déjà déployé 119 formateurs en santé mentale et soutien psychosocial. Des sorties de terrain ont été effectuées dans cinq régions militaires afin de sensibiliser, écouter et accompagner. Créée comme un organe de coordination interministérielle, l’ASVOVIG a pour mission d’organiser et d’harmoniser les actions de soutien en faveur des veuves, des orphelins et des victimes de guerre issues des Forces de défense et de sécurité.



‎En rappel, les nouveaux décrets visant à corriger les insuffisances des textes antérieurs et à assurer une meilleure protection juridique aux ayants droit ont été adoptés en Conseil des ministres du 22 janvier 2026.



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Source: LeFaso.net