
Chaque jour, aux abords du grand marché de Ouagadougou, la circulation est souvent un véritable casse-tête. Tricycles surchargés, camionnettes en double file, marchandises déversées sur le bitume… La voie publique s’est transformée en une zone de non-droit où la circulation relève du parcours du combattant.
L’avenue de la Grande Mosquée, qui longe le marché de colas, ou encore celle qui borde les locaux de l’Obs, illustrent parfaitement ce phénomène. Devant chaque échoppe, le trottoir voire la chaussée fait office de parking ou d’aire de déchargement privé. Les motocyclistes slaloment, freinent brusquement, tandis que les piétons, pris en étau entre les engins, cherchent un passage introuvable. Aux heures de pointe, la zone se retrouve paralysée.
Ce désordre crée non seulement des embouteillages, mais aussi des risques d’accidents. Un chauffeur qui ouvre brusquement sa portière, un motard pressé qui ne voit pas un véhicule mal garé, un homme coincé entre deux tricycles… les conditions d’un accident grave sont réunies chaque jour.
En l’absence de la Brigade Laabal ou de la police municipale, chacun occupe l’espace selon ses besoins immédiats, sans égard pour les autres usagers. Une présence dissuasive et régulière des forces de l’ordre suffirait pourtant à changer les comportements. Une simple patrouille ponctuelle ne saurait suffire. Il faut une autorité capable de rappeler que la rue appartient à tous.
Il ne s’agit pas, à travers ces lignes, de nuire aux commerçants ni de méconnaître le rôle central que joue le grand marché dans l’économie de Ouaga, la fière, belle et rebelle. Des centaines de familles en vivent, et ce dynamisme mérite d’être préservé. Mais un marché encombré, difficile d’accès et source de stress pour les clients, est un marché qui se tire une balle dans le pied.
À l’heure où les supermarchés de quartier séduisent une clientèle en quête de commodité, le désordre ambiant pourrait bien, à terme, faire fuir ceux-là mêmes que les commerçants cherchent à attirer.
Remettre de l’ordre aux abords du grand marché ne nécessite pas de grands investissements. Des campagnes de sensibilisation, menées avec les associations de commerçants, pourraient rappeler les règles élémentaires du stationnement et de l’usage de la voie publique. Lorsque la pédagogie ne suffit pas, des sanctions financières ciblées viendraient rappeler que les règles s’appliquent à tous.
HFB
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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