Depuis le jeudi 5 mars 2026, le nouveau sélectionneur des Étalons, Amir Abdou, a été présenté à la presse. Après la cérémonie de présentation, des journalistes sportifs se sont exprimés sur le choix du Franco-comorien. Pour Moussavou Billa, journaliste, la Fédération burkinabè de football (FBF) a bien fait de demander au nouvel entraîneur d’amener les Étalons le plus loin possible à la prochaine CAN, comme l’un des objectifs. Car, dit-il, « si on continue de chanter tout le temps qu’il faut remporter la CAN, je pense qu’on va encore faire un appel à candidatures dans deux ans pour recruter un sélectionneur ». Pour lui, il faut que l’entraîneur réussisse à donner goût au public burkinabè de regarder son équipe et à chaque joueur de porter le maillot. Ils s’expriment dans ce micro-trottoir avec d’autres confrères.

« Il a la tête de l’emploi », Arsène Konditamdé, journaliste à BF1

Dans le discours, il a été quand même rassurant. Il semble connaître un peu ce qui ne va pas dans cette équipe. Comme il l’a dit, on espère maintenant qu’il va faire les bonnes prescriptions parce que c’est à ce niveau que ça coince.

Maintenant, ce qui concerne les prescriptions, qu’est-ce qu’il va faire ? C’est ce qu’on attend de voir. Mais il faut dire que pour tous les entraîneurs qui sont passés, généralement il y a toujours des discours. Mais maintenant, est-ce que l’on va pouvoir véritablement aller au-delà du discours pour avoir des résultats concrets sur le terrain ? Je crois que c’est à ce niveau-là qu’on va l’attendre.

En ce qui concerne le pedigree, il a la tête de l’emploi. Il a quand même une licence UEFA Pro, ce n’est pas rien. Il a déjà été formé à l’école française. C’est quelqu’un aussi qui a un vécu avec deux sélections avec lesquelles il a réussi à faire de bons résultats : son pays, les Comores, et aussi la Mauritanie.

Mais maintenant, la sélection du Burkina Faso est un peu particulière. J’espère juste qu’on n’est pas en train de surestimer les résultats qu’il a eus avec les nations mineures en ce qui concerne le football.

Arsène Konditamdé, journaliste à BF1

On espère véritablement que les objectifs concernant le Burkina Faso, c’est-à-dire se qualifier pour une Coupe du monde et aller le plus loin possible en Coupe d’Afrique des nations (CAN), seront atteints. Quand on compare les sélections qu’il a déjà entraînées jusque-là par rapport au Burkina Faso, le Burkina Faso est peut-être un cran ou deux crans au-dessus.

Réussir à passer un palier avec le Burkina Faso, qualifier le Burkina Faso pour la Coupe du monde et aller chercher la CAN, pourquoi pas ? Mais je pense que ça va être beaucoup plus difficile que de gagner l’Algérie avec la Mauritanie ou de faire passer les Comores en huitième de finale de la CAN.

« Il faut qu’il soit un entraîneur qui sait dire non à ceux qui s’immiscent dans le job », Abdoulaye Bandaogo, journaliste à Oméga Médias

C’est une nouvelle aventure pour Amir Abdou de parapher ce contrat avec les Étalons. C’est une équipe en perte de confiance sur ses récentes prestations.

C’est un nouveau challenge, une nouvelle figure à la tête de cette sélection. Je pense que toutes les conditions seront réunies pour qu’il puisse imposer sa marque. Parce que vous savez que, au Burkina, il y a souvent des difficultés.

Ce qui est intéressant dans son discours, c’est qu’il a relevé qu’il va essayer de voir au niveau des binationaux qui nous manquent énormément. Quand vous prenez les autres grandes nations, elles composent avec des binationaux. Elles ont cette stratégie pour amener les plus talentueux qui sont formés ailleurs. Je pense que c’est une bonne politique.

Abdoulaye Bandaogo, journaliste à Oméga Médias

Mais il faut que son environnement soit sain. Il faut qu’il soit un entraîneur qui sait dire non à ceux qui s’immiscent dans le job. Il a été un entraîneur révélateur du côté de la Mauritanie et des Îles Comores.

Mais ici, il vient dans une autre équipe qui a un autre visage. Le Burkina est au-dessus de ces deux équipes. Donc, c’est une nouvelle expérience pour lui d’apprendre, de poser sa marque, de réellement travailler et surtout de donner la place à ceux qui méritent vraiment la sélection.

« Il faut injecter du sang neuf, donner envie au public burkinabè de regarder son équipe… », Moussavou Billa, journaliste

Je pense que c’est au pied du mur qu’on va le juger. Il est déjà passé par des sélections, cela veut dire qu’il a de l’expérience.

Le contexte est différent au Burkina Faso. J’espère qu’il ne va pas tomber dans certaines compromissions et influences. J’espère aussi qu’il ne va pas balayer d’un revers de la main ce qui existe déjà. Parce que l’équipe laissée par Brama Traoré, tout n’est pas forcément mauvais. Il faut trouver l’équilibre et travailler de façon assumée.

Moussavou Billa, journaliste

J’ai bien aimé la phrase du président de la fédération : il faut aller le plus loin possible à la CAN. Personnellement, cela me conforte.

Si on continue de chanter tout le temps qu’il faut remporter la CAN, je pense qu’on va encore faire un appel à candidatures dans deux ans pour recruter un sélectionneur.

Il faut être modeste parce que notre équipe est une équipe moyenne. Il faut concrètement travailler. Les objectifs, c’est de se qualifier pour la CAN. Le reste, il faut injecter du sang neuf, donner envie au public burkinabè de regarder son équipe et à chaque joueur de porter le maillot.

Plus qu’un sélectionneur, il doit être un psychologue.

« Je pense que c’était un bon choix », Bourahima Ouédraogo, journaliste à RTB Radio

C’est un entraîneur qui a fait ses preuves sur le continent en faisant progresser les équipes. À ce niveau-là, on a le droit de croire en lui parce qu’on sait que c’est un entraîneur compétent.

C’est vrai que le Burkina est différent de la Mauritanie et des Comores, mais en même temps on a espoir de ce que l’on sait de l’homme : sa rigueur, ses compétences et sa capacité à utiliser les outils modernes du coaching.

Bourahima Ouédraogo, journaliste à RTB Radio

Il a déjà dit qu’une équipe est un ensemble. Les joueurs ont besoin de guides et de tout le monde pour montrer qu’ils jouent pour la patrie et qu’il n’y a rien au-dessus de la patrie.

Je pense que c’était un bon choix.

« Il est un modèle bien réussi de l’intégration des binationaux », Lino Ramdé, journaliste à Filinfo

Pour moi, son passage aux Comores est un modèle bien réussi de l’intégration des binationaux et de sa capacité à les convaincre de rejoindre l’équipe.

Il a qualifié les Comores pour leur première CAN et amené la Mauritanie aussi à la CAN.

Lino Ramdé, journaliste à Filinfo

C’est un grand entraîneur qui a de l’expérience, des exigences et une certaine discipline dans sa façon de travailler.

Propos recueillis par Serge Ika Ki

Lefaso.net

Source: LeFaso.net