
L’Agence nationale des évaluations environnementales (ANEVE), appuyée par les forces de police, a mené ce vendredi 28 novembre 2025 une intervention inopinée dans le quartier Wemtenga, à Ouagadougou.
L’opération a été menée suite à une alerte citoyenne faisant état d’un recyclage clandestin de téléphones portables, opéré par des ressortissants étrangers.
Sur place, les enquêteurs ont découvert que les auteurs présumés chauffaient des téléphones usagés dans des fours artisanaux afin d’en extraire les métaux précieux. Cette activité dangereuse pour l’environnement et la santé était menée sans la moindre autorisation administrative et en plein milieu d’une zone d’habitation.
Présent sur le terrain, le directeur général de l’ANEVE a rappelé que toute activité susceptible d’impacter l’environnement doit être soumise à une évaluation environnementale préalable. Il a salué la collaboration avec la police, qui a permis à l’ANEVE de constater l’ampleur des pratiques et de sensibiliser les populations sur les risques encourus.

« Nous sommes venus constater, de concert avec la police, un ensemble de pratiques qui se font dans des zones d’habitation, notamment l’extraction de matériel utile. Le recyclage peut se faire mais il faut avoir les autorisations administratives nécessaires et dans une zone adaptée pour cette pratique. Donc, cette pratique qui est faite en milieu urbain, dans les zones d’habitation, est totalement interdite. Je salue la collaboration avec la police, parce que cela nous a permis, à notre équipe d’inspection, de venir voir la réalité et de sensibiliser les autres acteurs pour que, dorénavant, ils sachent que le code de l’environnement est spécifique là-dessus. Toute activité que vous devez mener sur le territoire national doit faire l’objet d’une évaluation environnementale ; c’est-à-dire que cette étude permet de proposer des mesures d’atténuation, de mitigation face aux impacts. S’ils étaient venus nous soumettre leurs dossiers, c’est sûr que ce quartier ne sera pas recommandé pour de telles activités », a déclaré le directeur général de l’ANEVE, Désiré Yaméogo.
La police a procédé à la saisie d’environ 30 sacs de 100 kg chacun, remplis de plaquettes de téléphones et de matériel utilisé pour ce recyclage illégal. Les métaux récupérés étaient destinés à l’exportation.
Les personnes mises en cause ont été interpellées et seront prochainement auditionnées par l’ANEVE afin de déterminer les responsabilités.

La directrice de la réglementation et du contentieux à l’ANEVE a rappelé que les études d’impact environnemental permettent d’identifier les dangers potentiels pour les riverains, d’analyser les risques et de proposer des mesures d’atténuation. Sans cette étude, les conséquences sur la santé humaine restent totalement inconnues.
« De ce que nous avons pu constater sur le site, ce sont des téléphones usagés dont ils extraient des plaques et ils les font chauffer pour extraire des métaux à l’intérieur. Lesquels métaux sont destinés à être importés au niveau de leur pays d’origine, notamment la Chine. Mais pour quelle utilisation précise, on n’en sait pas grand-chose pour le moment. En termes de procédure, il faut dire que la réglementation environnementale n’a pas été respectée parce qu’au Burkina Faso, toute activité humaine qui est susceptible d’avoir des impacts sur l’environnement doit être soumise à l’avis du ministère en charge de l’environnement. Et cet avis est obtenu à la suite d’études environnementales déterminées en fonction des impacts potentiels des activités en question. Donc pour cette activité, ils n’ont aucune autorisation. Ils n’ont pas saisi le ministère de l’Environnement pour avoir une autorisation. Nous ne connaissons pas quels sont les impacts potentiels que l’activité peut avoir sur l’environnement et sur la santé humaine des populations car avec l’étude environnementale, on aurait déterminé les impacts potentiels, les analyser et ensuite proposer des mesures d’atténuation à ces différents impacts pour que l’activité puisse se mener éventuellement sans pour autant nuire à l’environnement et à la santé humaine », a expliqué la directrice de la réglementation et du contentieux à l’ANEVE, Lucile Yougbaré.
L’agence a salué le geste citoyen ayant permis de mener avec succès cette intervention et encourage la population à poursuivre cette dynamique de vigilance face aux pratiques susceptibles de nuire à l’environnement et à la santé publique.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net
Source: LeFaso.net

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