
L’ambassade de la République populaire de Chine au Burkina Faso a organisé, dans la soirée du jeudi 15 janvier 2026 à Ouagadougou, la première réception officielle des anciens séminaristes burkinabè formés en Chine, en présence de l’ambassadeur Zhao Deyong. Cette rencontre s’est tenue dans une ambiance conviviale, à l’occasion du nouvel an 2026 et de la Fête du printemps du calendrier lunaire chinois, célébrée le 16 février.
Entre traditions, diplomatie et perspectives de développement, la première rencontre entre l’ambassade de Chine et les anciens séminaristes burkinabè formés à Pékin a mis en lumière une coopération qui dépasse le cadre institutionnel. Le diplomate chinois, Zhao Deyong, a rappelé à cette occasion que la Fête du printemps est la plus importante célébration traditionnelle en Chine, symbole de réunion familiale, de solidarité et de joie partagée, des valeurs qu’il a souhaité transmettre à ses invités.
« Vous êtes comme les membres de notre famille »
S’adressant aux anciens bénéficiaires des séminaires organisés en Chine, l’ambassadeur Zhao Deyong a tenu à souligner le lien particulier qui les unit à son pays. « Vous avez tous participé à des séminaires en Chine pour des visites et des échanges. Vous êtes comme nos membres de famille. Soyez les bienvenus chez nous », a-t-il déclaré.

À travers des témoignages, des symboles forts et des appels à l’engagement, la réception a esquissé les contours d’un partenariat humain appelé à s’inscrire durablement dans l’avenir.
Plus de 700 Burkinabè formés en Chine en 2025
Le représentant du ministre des Affaires étrangères, Seydou Sinka, a salué la tenue de cette cérémonie dédiée aux anciens stagiaires et séminaristes burkinabè formés en République populaire de Chine, qu’il a qualifiée de moment d’honneur et de satisfaction partagée. Au nom du gouvernement burkinabè, il a adressé ses vœux de santé, de paix, de prospérité et de succès pour la nouvelle année. Il a exprimé l’espoir qu’elle soit porteuse de stabilité, de progrès et d’opportunités tant pour les participants que pour les peuples burkinabè et chinois, unis par une amitié ancienne et solide.
Revenant sur la coopération entre le Burkina Faso et la Chine, Seydou Sinka a mis en exergue un partenariat constant, sincère et résolument orienté vers le développement humain et économique, dont le renforcement des capacités constitue l’un des piliers majeurs. Il s’est réjoui de la dynamique croissante des programmes de formation, soulignant que plus de 700 séminaristes burkinabè ont bénéficié de séminaires en 2025, contre environ 600 en 2024, signe de la vitalité des relations bilatérales. S’adressant aux anciens stagiaires, il les a invités à mettre au service du développement national les compétences, valeurs et expériences acquises, tout en réaffirmant la satisfaction du gouvernement pour une coopération fondée sur le respect mutuel, la non-ingérence et le partenariat gagnant-gagnant, qui continue de produire des résultats tangibles dans plusieurs secteurs clés.

De riches expériences partagées
S’exprimant au nom des séminaristes, Adama Bountoulougou a adressé ses vœux de santé, de paix, de bonheur et de prospérité aux autorités et au peuple de la République populaire de Chine à l’occasion du nouvel an 2026. Il a saisi cette tribune pour témoigner la reconnaissance du Burkina Faso pour l’excellence des relations d’amitié et de coopération entre les deux pays. Représentant le ministre secrétaire général du gouvernement et du conseil des ministres du Burkina, monsieur Bountoulougou a salué la qualité des liens diplomatiques renoués depuis 2018, ainsi que l’engagement constant de la Chine aux côtés du Burkina Faso. Et cela se traduit notamment à travers des projets structurants dans les domaines de la santé, des infrastructures, de l’agriculture et de la formation. Il a également rendu hommage au rôle déterminant de l’ambassade de Chine dans la consolidation de ce partenariat et à sa disponibilité permanente à renforcer les échanges bilatéraux.
Revenant sur l’expérience des séminaires, le directeur de cabinet a particulièrement évoqué le séminaire sur l’e-gouvernement et les logiciels connexes, tenu à Shenzhen du 17 au 30 juillet 2025, qui a permis aux participants de renforcer leurs capacités en cybersécurité, en administration électronique basée sur le cloud computing, en construction de datacenters et en développement de plateformes de services publics intelligents grâce à l’intelligence artificielle et à la 5G. Au-delà des acquis techniques, les séminaristes ont découvert une Chine capable d’allier tradition millénaire, développement économique soutenu et innovation technologique, source d’inspiration pour le Burkina Faso.

Interviewé en tant qu’ancien séminariste, Dr Adama Ouédraogo a salué une expérience « formidable » vécue lors du séminaire pour les recteurs, vice-chanceliers et présidents d’universités des pays en développement. Un séminaire qui s’est tenu du 11 au 24 octobre 2024 à l’université normale de Zhejiang, dans la ville de Jinhua. Il a expliqué que cette formation de haut niveau lui a permis d’approfondir sa connaissance de la République populaire de Chine, tant sur les plans historique, culturel, éducatif et institutionnel que sur sa politique de gouvernance et sa modernisation. Grâce à des communications académiques de qualité et à des visites de terrain, il a découvert un modèle fondé sur des valeurs fortes telles que la discipline, la rigueur, l’innovation, l’honnêteté et la prospérité commune. Il dit retenir aussi que l’éducation et les sciences constituent le socle du développement socio-économique. Pour Dr Ouédraogo, la Chine offre un exemple inspirant d’harmonie entre tradition, efficacité politique et progrès technologique.
Selon le chargé de mission du Centre universitaire de Kaya, les échanges entre universités, les visites d’institutions académiques et industrielles, notamment à Zhejiang, Shanghai, Hangzhou et dans des structures comme Huawei, ouvrent la voie à de futurs partenariats au bénéfice du système universitaire burkinabè.

Il a également exprimé sa profonde gratitude à l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Burkina Faso pour la qualité de l’organisation et des conditions de séjour, tout en formulant le vœu que ces initiatives se multiplient et se consolident.
Béthanie Bambara, séminariste burkinabè, est aussi revenue sur l’expérience riche et révélatrice qu’elle a vécue en septembre 2025, lors d’un séminaire consacré au journalisme et à sa pratique dans les pays francophones d’Afrique. Pour elle, ce séjour en Chine a été une véritable découverte, tant sur le plan professionnel que culturel. À travers les échanges avec les formateurs et les rencontres avec les citoyens chinois, elle a dit avoir compris comment ce pays s’est construit en restant profondément attaché à son histoire et à ses réalités propres. Selon elle, c’est cette capacité à s’appuyer sur le passé pour éclairer le présent et préparer l’avenir qui a permis à la Chine d’atteindre son niveau de développement actuel, porté par un peuple qu’elle décrit comme rigoureux, discipliné et conscient de son rôle dans la construction nationale.
Sur le plan professionnel, la jeune journaliste a particulièrement été marquée par les échanges autour du journalisme constructif, une approche qui invite à dépasser la simple mise en lumière des difficultés pour proposer des pistes de solutions. Elle a souligné la nécessité, pour les médias africains de s’affranchir d’un modèle exclusivement axé sur les aspects négatifs et de contribuer davantage à l’édification des sociétés par une information équilibrée et porteuse d’espoir. D’une durée de deux semaines et organisé entre Beijing et Shenzhen, le séminaire lui a ainsi permis d’acquérir une nouvelle vision de la pratique journalistique, qu’elle entend partager avec ses pairs au Burkina Faso.

Le diplomate Zhao Deyong a salué les témoignages des séminaristes, exprimés plus tôt par leur représentant, estimant que leurs impressions sincères traduisent la profondeur de l’expérience vécue et l’impact réel de ces formations sur les participants.
Des acteurs clés du développement burkinabè
Selon l’ambassadeur, les anciens séminaristes burkinabè constituent des forces vives issues de divers secteurs et départements du pays, appelées à jouer un rôle important dans la construction nationale. Il a rappelé que leur déplacement en Chine s’inscrivait dans une démarche exigeante : explorer une voie de développement indépendante et autonome, capable de contribuer efficacement à la lutte contre la pauvreté au Burkina Faso.
Durant leur séjour, les participants ont alterné cours théoriques, visites de terrain, enquêtes et recherches, aussi bien dans les salles de classe que dans les entreprises et les zones rurales.
Une immersion dans la modernisation à la chinoise
Les séminaires ont permis aux participants de mieux comprendre la modernisation à la chinoise, la stratégie de réduction ciblée de la pauvreté, les politiques de lutte contre le terrorisme et les mécanismes d’autonomie régionale des ethnies minoritaires.

Ils ont également découvert les avancées scientifiques et technologiques de la Chine, tout en prenant la mesure de la détermination du peuple chinois à réaliser la réunification nationale. À travers des échanges directs et des récits authentiques, ils ont été sensibilisés aux réalités humaines et sociales de la Chine contemporaine.
Un appel à témoigner et à renforcer la compréhension mutuelle
Conscient de la diversité des expériences vécues, Zhao Deyong a souligné que chaque participant en tire des enseignements propres, mais que l’essentiel réside dans les réflexions, inspirations et compétences acquises. Il a encouragé les anciens séminaristes à partager leurs connaissances à travers des interviews, publications et ouvrages, afin de présenter « de manière objective et complète » la Chine d’aujourd’hui.
L’ambassadeur a également insisté sur l’importance de soutenir le principe d’une seule Chine et de contribuer au renforcement de la compréhension mutuelle entre les peuples burkinabè et chinois.

Vers une meilleure coordination des plans de développement
Évoquant les perspectives de coopération, le diplomate chinois a indiqué que le Burkina Faso élabore actuellement son Plan national de développement 2026-2030, en parallèle avec le 15ᵉ Plan quinquennal de la Chine. Il a estimé que les deux pays gagneraient à renforcer la coordination stratégique de leurs plans, à partager leurs expériences et à approfondir la coopération sectorielle, au bénéfice direct de leurs populations.
Lancement officiel de l’Année sino-africaine au Burkina Faso
Cette réception a également marqué le lancement officiel au Burkina Faso de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels, une initiative convenue lors du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) en 2024.

L’ambassadeur a exprimé le souhait que cette année spéciale contribue à approfondir l’amitié traditionnelle, à renforcer les échanges humains, notamment entre les jeunes, et à promouvoir le partage d’expériences en matière de gouvernance.
Qualifiant cette réception de point de départ, Zhao Deyong a invité les anciens séminaristes à maintenir le contact, à créer un réseau d’amitié et à participer activement aux prochaines activités de l’ambassade. Il a annoncé que d’autres opportunités de visites et d’échanges en Chine leur seront offertes à l’avenir.
Enfin, évoquant l’année du Cheval dans le calendrier lunaire chinois, symbole de force, de courage et de victoire, l’ambassadeur a souligné la résonance particulière de ce symbole avec le Burkina Faso, formulant le vœu d’un avenir dynamique et prospère pour la coopération entre les deux pays.
Hamed Nanéma et Serge Ika Ki
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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