Les résultats de l’Enquête socio-économique et de protection des personnes déplacées internes et des communautés hôtes (ESEP-PDI) ont été officiellement présentés dans la matinée de ce jeudi 22 janvier 2026 à Ouagadougou. Cette étude a été conduite par l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) en partenariat avec le Haut-commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR), avec le soutien du Centre conjoint des données sur le déplacement forcé (JDC), partenariat entre la Banque mondiale et le HCR visant à améliorer la disponibilité et l’usage de données fiables sur les déplacements forcés.

Menée dans six régions frontalières du Burkina Faso à savoir le Nazinon, le Djôrô, le Nakambé, le Goulmou, le Tannounyan et le Nando, l’enquête a porté sur 2 156 ménages, comprenant des personnes déplacées internes (PDI) et des communautés hôtes. Elle visait à fournir des données probantes afin d’améliorer la coordination des interventions humanitaires et d’orienter les politiques de résilience et de développement.

Les résultats de l’étude ont révélé une situation socio-économique préoccupante pour les personnes déplacées internes. Selon Zakaria Koncobo, économiste-statisticien à l’INSD et membre de l’équipe de mise en œuvre de l’enquête, la pauvreté multidimensionnelle touche 9 ménages de personnes déplacées internes sur 10, contre 3 ménages sur 5 au sein des communautés hôtes, soit respectivement 90 % contre 70 %.

L’accumulation des privations est nettement plus élevée chez les ménages déplacés internes, notamment en matière d’emploi, de sécurité alimentaire, de santé et d’éducation.

L’objectif principal de cette enquête est de disposer de données fiables pour assurer un meilleur suivi de l’action humanitaire en faveur des personnes déplacées internes et des communautés hôtes

Au plan éducatif, l’enquête indique que près de 70 % des PDI âgés de 3 ans et plus n’ont jamais fréquenté une école formelle et ce malgré une accessibilité jugée acceptable des infrastructures scolaires dans les zones d’accueil.

Selon le directeur général de l’INSD, M. Toubou Ripama, représentant le secrétaire général du ministère en charge de l’économie et des finances, l’objectif principal de cette enquête est de disposer de données fiables pour assurer un meilleur suivi de l’action humanitaire en faveur des personnes déplacées internes et des communautés hôtes.

Des notes d’orientations et des analyses plus approfondies sont attendus dans les prochaines étapes afin de formuler des recommandations concrètes pour renforcer l’efficacité et la durabilité des interventions en faveur des PDI, des communautés hôtes et les retournés

« L’Enquête socio-économique et de protection des personnes déplacées internes vise à doter les décideurs publics, les acteurs humanitaires et les partenaires au développement d’un outil d’analyse robuste, permettant de mieux comprendre la situation des personnes déplacées internes et d’orienter efficacement les interventions en leur faveur. Conscient de l’insuffisance de données quantitatives représentatives sur les conditions de vie des personnes déplacées internes au Burkina Faso, et fort de l’expertise reconnue de l’Institut national de la statistique et de la démographie en matière de conception et de mise en œuvre d’enquêtes statistiques complexes, le HCR a sollicité l’INSD pour la réalisation de cette opération. Le partenariat formalisé entre nos deux institutions a permis de mettre en place un cadre de collaboration solide, fondé sur la complémentarité des compétences, le respect des standards méthodologiques internationaux et la recherche permanente de la qualité statistique. Cette collaboration illustre, une fois de plus, le rôle central de la statistique publique dans l’appui aux politiques nationales et aux actions humanitaires », a-t-il indiqué.

Selon Zakaria Koncobo, membre de l’équipe de mise en œuvre de l’enquête, la pauvreté multidimensionnelle touche 9 ménages de personnes déplacées internes sur 10, contre 3 ménages sur 5 au sein des communautés hôtes, soit respectivement 90 % contre 70 %

De son côté, le représentant résident du HCR au Burkina Faso, M. Maurice Azonnankpo, a salué la qualité du partenariat avec l’INSD. Il a insisté sur la portée multisectorielle de l’enquête, qui a permis de recueillir des données sur les besoins, les capacités de résilience et les moyens de subsistance des populations concernées.

À l’entendre, plus de 2 000 ménages ont été écoutés dans plusieurs secteurs. Et ces données permettront d’orienter non seulement la réponse humanitaire, mais aussi les actions de résilience et de développement, y compris pour les populations retournées dans leurs zones d’origine.

« Cette étude répond au besoin significatif de disposer de données socio-économiques et de protection fiables, interopérables et actionnables, pour mieux arrimer le plaidoyer, la réponse humanitaire, de protection et de développement. Les résultats issus des analyses finalisées au premier trimestre 2025 offrent une base solide pour, entre autres mieux comprendre les dynamiques de vulnérabilités, ajuster les stratégies de réponse humanitaire et de développement, anticiper les besoins de protection et de développement dans les zones d’accueil et de retour et promouvoir des solutions durables intégrées fondées sur des évidences », a-t-il précisé.

L’enquête a été menée dans six régions frontalières du Burkina Faso à savoir le Nazinon, le Djôrô, le Nakambé, le Goulmou, le Tannounyan et le Nando

Si le rapport présenté dresse avant tout un portrait statistique de la situation, des notes d’orientations et des analyses plus approfondies sont attendues dans les prochaines étapes afin de formuler des recommandations concrètes pour renforcer l’efficacité et la durabilité des interventions en faveur des PDI, des communautés hôtes et les retournés.

Hanifa Koussoubé

Dominique Ouédraogo

Lefaso.net

Source: LeFaso.net