
Lauréate du prix de la personnalité de l’année 2025 dans la catégorie « Éducation » décerné par L’Économiste du Faso, Dr Kadidjatou Guibleweogo/Soré incarne un parcours bâti sur la persévérance, le travail silencieux et la foi en l’avenir. Portrait d’une femme dont l’engagement dans le système éducatif burkinabè force l’admiration.
Dr Kadidjatou Guibleweogo/Soré figure parmi les 14 lauréats de la deuxième édition des personnalités de l’année, une cérémonie organisée dans la soirée du mardi 20 janvier 2026 à Ouagadougou.
Si plusieurs distinctions ont été décernées au cours de cette soirée, celle qui lui a été attribuée a particulièrement retenu l’attention des invités. Avant même de monter sur le podium, son impressionnant parcours avait déjà suscité l’admiration du public. Son apparition, sourire aux lèvres, pour recevoir le trophée de personnalité de l’année dans la catégorie « Éducation », a été saluée par un tonnerre d’applaudissements.
Très tôt intégrée au système éducatif burkinabè avec le BEPC, en qualité d’institutrice adjointe certifiée, Dr Soré a mené de front sa carrière professionnelle et sa vie familiale, assumant également son rôle d’épouse.
Malgré les lourdes charges liées à la maternité et des affectations loin de Ouagadougou, parfois dans des zones dépourvues d’électricité, selon ses propres mots, elle n’a jamais renoncé.
Après une dizaine d’années passées comme enseignante du primaire dans plusieurs provinces du Burkina Faso, elle effectue un retour à l’École normale supérieure (ENS). Elle en sort inspectrice de l’enseignement du premier degré (IEPD) en juin 2020.
Son ascension se poursuit avec sa nomination au poste de directrice des technologies de l’information et de la communication pour l’éducation (DTICE) au sein de son ministère de tutelle. Mais loin de se satisfaire de cette progression professionnelle, la mère de famille nourrit des ambitions académiques plus élevées.
En parallèle de ses responsabilités administratives, elle poursuit ses études universitaires et décroche, en 2025, un doctorat en littérature orale. Un parcours construit patiemment sur près de vingt années, et qui lui vaut aujourd’hui cette reconnaissance qu’elle accueille avec émotion, joie et gratitude.
« Je suis très contente et reconnaissance à ceux qui ont reconnu mon travail et surtout qui ont trouvé que je peux être un exemple pour d’autres. Ce que je peux dire, c’est qu’où que l’on soit, il faut vraiment travailler sans témoin, avec engagement, persévérance, et même si vous êtes cachés, un jour viendra où votre travail sera reconnu forcément par quelqu’un », a-t-elle confié, tout en revenant brièvement sur son itinéraire professionnel.
« J’ai commencé tout petit avec le BEPC en 2006. J’ai enseigné dans les zones rurales où il n’y a même pas d’électricité. Au lieu de me décourager ça été une motivation pour moi et je me suis inscrite parallèlement d’abord pour faire le baccalauréat en candidate libre et j’ai poursuivi à l’université. J’ai pu faire la licence, le master. J’ai été à l’école pour l’inspectorat aussi. Après j’ai continué en thèse et voila que je suis aujourd’hui docteure en littérature orale que j’ai obtenu à l’université Joseph Ki-Zerbo », a-t-elle résumé.
Cette distinction apparaît ainsi comme la consécration de vingt années de labeur mené dans la discrétion, la rigueur et l’endurance. Pour Dr Kadidjatou Guibleweogo/Soré, elle constitue surtout une invitation à poursuivre sur cette voie et à inspirer, par son exemple, de nombreuses générations.
YZ
Crédit photo : Auguste Paré
Source: LeFaso.net


Commentaires récents