
Le ministre d’État, ministre de l’agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a procédé, le lundi 23 février 2026, à l’inauguration officielle de la station de traitement d’eau potable de Banfora. Réhabilitée et étendue dans le cadre du « Programme d’approvisionnement en eau potable et assainissement dans les petites et moyennes villes dans les régions de la Boucle du Mouhoun (actuel Sourou et Bankui), des Cascades (Tannounyan), des Hauts-Bassins (Guiriko) et du Sud-Ouest (Djôrô) (AEPA-4R) », l’infrastructure vise la sécurisation de l’accès à l’eau potable dans ladite région.

Porté par l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), avec l’appui financier de la Coopération allemande à travers la KfW et le ministère en charge de l’eau, le programme AEPA-4R couvre 16 villes des régions de la Boucle du Mouhoun, des Cascades, des Hauts-Bassins et du Sud-ouest. D’un coût global d’environ 31 milliards de FCFA, dont 1,7 milliard apporté par l’État burkinabè, ce projet ambitionne ainsi de renforcer durablement l’offre en eau potable et l’assainissement, tout en améliorant la résilience des systèmes face à la croissance démographique et aux aléas climatiques.

Dans la région des Tannounyan (ex-Cascades), ce programme touche Banfora, Bérégadougou et Niangoloko. Ainsi, à Banfora, l’un des principaux acquis du programme reste l’extension de la station de traitement d’eau potable. Avant les travaux, l’ONEA produisait environ 200 m³/h, une capacité jugée insuffisante au regard de l’évolution des besoins. Désormais, la production atteint 600 m³/h. « L’inauguration de ce projet traduit l’engagement de l’ONEA à travailler pour la satisfaction des besoins en eau des populations. Nos capacités ne permettaient pas de couvrir la demande. Avec cette extension, nous triplons la production et nous rassurons les populations qu’il n’y aura pas de pénurie d’eau à Banfora », a affirmé le directeur général de l’ONEA, Flandion Idrissa Sourabié.
Selon lui, les projections ont été ainsi faites en tenant compte de l’évolution démographique jusqu’en 2037. « Les capacités actuelles de la station pourront desservir la population à cet horizon », a-t-il rassuré.
Des infrastructures structurantes et modernes
Les travaux réalisés à Banfora et à Bérégadougou, et qui ont été visités par la délégation ministérielle, sont d’envergure. Outre la réhabilitation et l’extension de la station, un système d’adduction d’eau brute a été construit à partir du canal SN-SOSUCO. En matière de stockage, Banfora bénéficie d’une bâche en béton armé de 850 m³ et d’un château d’eau de 500 m³ érigé sur une tour de 17 mètres. À Bérégadougou, un château d’eau de 300 m³ sur une tour de 15 mètres a été construit.
Le réseau de distribution a été renforcé et étendu sur 178 kilomètres, avec la réalisation de 2 865 branchements particuliers et l’installation de 26 bornes-fontaines. À Niangoloko, 65 km de canalisations ont également été posés, avec 2 100 branchements et huit bornes-fontaines. Au total, 42 forages d’exploitation ont été réalisés dans 12 villes concernées par le programme. Les entreprises DENYS NV et PPI/CGC ont assuré l’exécution des travaux.
Sur le plan social, 1 003 personnes affectées par le projet ont été indemnisées. Aucun accident de circulation ni plainte majeure n’a été enregistré. Un plan de reboisement et des mesures d’amélioration de la gestion des terres ont également été mis en œuvre, traduisant une volonté d’intégrer la dimension environnementale.
« Faire de l’eau potable une réalité pour tous »

Pour le ministre Ismaël Sombié, cette inauguration s’inscrit dans la vision présidentielle visant à faire de l’eau potable un droit effectif pour tous les Burkinabè. « Conformément aux instructions du camarade président, il s’agit de mettre en œuvre tous les moyens pour que l’eau potable ne soit plus une denrée rare pour les populations. Ce projet augmente significativement l’offre en eau pour Banfora, Bérégadougou et les villages environnants », a-t-il déclaré.
Se disant « véritablement satisfait » de la qualité et de la célérité des travaux, le ministre a souligné que cette infrastructure permettra d’éviter les coupures récurrentes, notamment à l’approche de la saison chaude, période de forte demande. Il a également annoncé la mise en œuvre d’un plan d’urgence national pour accroître l’offre en eau potable dans toutes les régions couvertes par l’ONEA, avec des réformes visant à reprendre certains forages jusque-là exploités par des prestataires privés. « C’est un problème de moins pour la région. Notre ambition est que le droit constitutionnel de l’accès à l’eau potable devienne une réalité dans notre pays », a-t-il insisté.

Un appui allemand salué
Cette phase des Tannounyan a mobilisé plus de 22 milliards de FCFA pour la réalisation de l’ensemble des composantes du projet. Présent à cette cérémonie, le chef de la coopération allemande, Jan Meise, représentant son ambassadeur, a salué la qualité des travaux. « Nous avons trouvé une infrastructure moderne, pensée dans une perspective de durabilité sur cinq, dix ou quinze ans. Ce sont des investissements structurants que nous souhaitons accompagner », a-t-il indiqué, saluant la collaboration technique entre les consultants allemands et l’ONEA.
À Banfora et à Bérégadougou, ce sont environ 187 000 personnes qui bénéficient directement de l’augmentation de la production d’eau potable, des nouveaux branchements et des bornes-fontaines. Les bénéficiaires indirects incluent les écoles, les centres de santé, les groupements de femmes et les comités de gestion qui profitent aussi de l’amélioration des infrastructures. Selon les acteurs de l’ONEA, au-delà des chiffres, les impacts sont déjà perceptibles à savoir, entre autres, l’amélioration de la santé publique, réduction des corvées d’eau, sécurisation de l’approvisionnement et renforcement des capacités locales pour une gestion durable des ouvrages. Pour les autorités comme pour les populations, le message est clair : « à Banfora, l’eau potable n’est plus une incertitude, mais une promesse consolidée ».
Romuald Dofini
Lefaso.net
Source: LeFaso.net




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