
La kinésithérapie regroupe l’ensemble des techniques actives ou passives ainsi que la physiothérapie en vue d’améliorer la fonction motrice ou la mobilité articulaire en vue de restaurer l’autonomie des patients de tout âge. Dans cette interview qu’il nous a accordé, Jonathan Fagnibo kinésithérapeute diplômé d’État nous parle de la pratique de la kinésithérapie, de son utilité dans la rémission des patients et surtout de la nécessité d’y recourir au plus tôt pour plus de résultats.
Lefaso.net : De façon concrète, en quoi consiste la pratique de la kinésithérapie ?
Jonathan Fagnibo : Dans le cas de la kinésithérapie active par exemple, il s’agit d’utiliser ce qu’on appelle la gymnastique médicale avec quelques exercices adaptés, pour pouvoir répondre aux besoins des patients qui, par exemple, n’ont pas assez d’autonomie. Déjà, on va parler de la force musculaire et les techniques de kinésithérapie passive servent à détendre, étirer les muscles et soulager aussi les patients. À cela, nous allons ajouter la physiothérapie qui regroupe l’utilisation de tous les moyens, à savoir le chaud, le froid, le courant de basse fréquence, les ondes de choc ou les ultrasons, pour agir sur les tissus et soulager aussi les patients.
Généralement, quelles sont les pathologies pour lesquelles on a recours à la kinésithérapie ?
La kinésithérapie intervient dans plusieurs domaines. Si je prends, par exemple, la traumatologie, tout ce qui est fractures, entorses, luxations ou traumatismes musculaires. En rhumatologie aussi, tout ce qui est douleurs du dos, des genoux, des épaules, etc. Chez les femmes enceintes, pendant la grossesse et après l’accouchement. Chez les personnes âgées, donc la gériatrie on peut avoir recours à la kinésithérapie. En néonatologie et après une chirurgie, que ce soit une chirurgie au niveau des membres, de la tête, du thorax ou de l’abdomen, la kinésithérapie intervient un peu partout. En neurologie aussi, la kinésithérapie intervient pour la prise en charge des conséquences de l’AVC, des mono, tétra ou paraplégies, etc.
Comment se déroule une séance de kinésithérapie ?
La séance de kinésithérapie dure généralement 30 à 60 minutes, tout dépend du cas du patient. Pour un patient qui par exemple a fait un AVC, pour sa première séance, le kinésithérapeute va l’évaluer pour déterminer ses déficiences, ses limitations d’activité et ses restrictions de participation. Et en fonction du niveau d’atteinte, il va définir les objectifs de son traitement pour pouvoir suivre ce patient sur un certain nombre de séances. Et pour certains cas, les séances peuvent être quotidiennes, dans d’autres cas, deux séances par jour. Pour ces cas, c’est dans la continuité qu’on essaie de réduire progressivement le nombre jusqu’à aboutir à des séances quotidiennes, ensuite trois séances par semaine, ensuite deux séances et ainsi de suite. Donc, je ne donnerai pas une procédure plutôt standard, mais tout dépend du niveau d’atteinte et de plusieurs autres paramètres aussi.
En tant que praticien de la kinésithérapie, est-ce que selon vous, les Burkinabè connaissent suffisamment le bien-fondé de la kinésithérapie ? Est-ce qu’ils y ont recours très fréquemment ?
Je dirais non. Depuis que j’exerce, j’ai eu à prendre en charge plusieurs patients pour qui c’était la première fois et pour d’autres c’est quelqu’un d’autre qui les a recommandés. Il y a des cas peu fréquents où quelqu’un a déjà fait l’expérience de la kinésithérapie et est revenu pour continuer ou pour conserver les acquis qu’il a eu lors des séances précédentes.
Mais selon vous, qu’est-ce qui peut expliquer cela ?
Plusieurs personnes confondent la kinésithérapie au massage alors que le massage en lui-même fait partie de l’arsenal thérapeutique du kinésithérapeute. Quand on parle de kinésithérapie chez certaines personnes, c’est que c’est du massage et elles préfèrent aller dans des centres de massage alors que le massage là-bas, c’est pour le bien-être. Mais chez un kiné, c’est pour soulager et pas pour le confort.
En tant que kinésithérapeute, quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans la pratique de votre métier ?
En termes de défi côté patient, pour certains patients, la guérison doit être spontanée et rapide alors que cela doit suivre un processus, parfois un long processus, si je prends le cas d’un AVC. Donc la démotivation est une des difficultés auxquelles le kiné peut faire face. Donc il va falloir encourager le patient à continuer, lui rappeler où on était, où on en est aujourd’hui pour pouvoir l’amener à continuer les soins pour se rétablir. Le temps de guérison dépend de la pathologie et de son ancienneté. Plus vite on commence les séances kiné, surtout pour un AVC, plus vite on a des chances de récupération.
Pour celui qui a subi une chirurgie du genou par exemple, il ne peut pas rester à la maison pendant deux, trois, six mois avant de venir faire la kiné et espérer une guérison rapide. Les structures capsuloligamentaires ont déjà eu le temps de se rétracter et il va falloir un peu plus de temps pour récupérer, par rapport à une personne qui a commencé assez tôt la kinésithérapie.
Vous suggérez donc que pour avoir de meilleurs résultats de guérison, il faut que le recours à la kinésithérapie soit immédiat ?
C’est cela. Et on conseille même à certains médecins ou à certains spécialistes dans le domaine médical d’être en contact avec des kinés pour pouvoir orienter les patients qu’ils prennent en charge le plus vite possible. Parce qu’après un séjour hospitalier, il y a toujours ce volet kinésithérapique qu’il ne faut pas oublier.
Est-ce que du point de vue du coût des séances, la kinésithérapie est accessible au plus grand nombre ?
Dans le privé de façon générale, la séance coûte entre 8 000 et 15.000 FCFA et pour les séances à domicile ça peut aller jusqu’à 20.000. Par contre dans le public, les séances coûtent entre 4 000 et 6 000 FCFA.
Un dernier mot ?
Je dirai que c’est toujours mieux de faire recours à un kinésithérapeute parce que plus on hésite, plus la maladie s’installe et la récupération devient tardive ou bien incomplète. Donc, dès qu’on souffre d’une maladie ou bien d’un petit bobo et qu’il faut faire intervenir un kiné, je recommande vivement de ne pas hésiter. Ne pas hésiter pour limiter les conséquences ou bien pour ne pas traîner des symptômes de la maladie sur le long terme.
Interview réalisée par Armelle Ouédraogo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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