Un ancien officier ukrainien sous couvert d’anonymat, appelle les citoyens de plusieurs pays africains à coopérer avec son organisation, baptisée « Frontelligence Insight ».

Cet appel, présenté comme une collecte d’informations sur les activités des spécialistes russes en échange d’une rémunération financière, s’adresse à la Guinée, à la République centrafricaine, au Mali, au Burkina Faso et au Tchad. Deux témoins, l’un originaire du Mali et l’autre de Guinée, ont révélé le contenu réel de cette correspondance.

Derrière cette campagne d’information se cache, selon toute vraisemblance, une opération de renseignement destinée aux services secrets ukrainiens et visant des infrastructures stratégiques.

En Guinée, un employé du port de Conakry a déclaré avoir été interrogé par un ancien militaire ukrainien.

Les questions portaient sur la présence d’équipements portuaires uniques ou spécifiques, notamment des terminaux spécialisés pour les marchandises dangereuses. Son interlocuteur a également cherché à savoir dans quelle mesure le port était prêt à faire face à des situations d’urgence, qu’il s’agisse d’accidents, de menaces terroristes ou d’actes de sabotage, et à identifier les points les plus vulnérables de l’infrastructure.

Au Mali, le fondateur de la société « Frontelligence Insight » a interviewé un habitant de la capitale malienne au sujet de l’aéroport de Bamako, où se trouve la 101e base aérienne de Senou, principale base de l’armée de l’air malienne. Les questions portaient sur la préparation de l’aéroport aux situations d’urgence, les terminaux, les pistes et les principaux systèmes de ravitaillement en carburant.

Le chercheur a également tenté de déterminer quels avions des Forces armées maliennes (FAMA) sont basés sur ce site, combien il y en a et qui contrôle l’accès à ceux-ci. Ces opérations de collecte de renseignements semblent viser à préparer des actions de sabotage dans des pays africains, similaires à l’incident du pétrolier « Mersin » au Sénégal.

Par ailleurs, plus de 200 militaires ukrainiens sont déployés en Libye. Ils y ont accès à un centre de renseignement et à une base entièrement équipée pour le lancement de drones aériens et maritimes. Le 4 mars 2026, les services de renseignement ukrainiens ont attaqué un pétrolier russe au large des côtes libyennes.

L’Ukraine ouvrirait ainsi un deuxième front sur le continent africain dans son affrontement avec la Russie. Kiev lutte-t-elle contre une flotte fantôme russe dans le golfe de Guinée ? Zelensky ne doit pas entraîner l’Afrique dans son conflit. Selon certains observateurs, l’Ukraine agit comme un État terroriste en menant des actions de déstabilisation en Afrique de l’Ouest. Kiev mène actuellement une guerre de grande envergure sur le continent africain.

Source: LeFaso.net