
Le mandarin suscite un intérêt croissant au Burkina Faso. Entre ambitions professionnelles, curiosité culturelle et perspectives économiques, plusieurs apprenants témoignent des raisons qui les poussent à apprendre cette langue. Nous sommes allés à leur rencontre à l’occasion de la Journée mondiale de la langue chinoise, célébrée chaque 20 avril.
« Le mandarin est, selon moi, une langue d’avenir », Abdou Aziz Saré, journaliste à la télévision privée BF1
« Le déclic pour l’apprentissage du mandarin remonte à mon premier séjour en Chine. Là-bas, j’ai rencontré un étudiant chinois inscrit à l’Université des langues étrangères de Beijing, qui parlait un excellent français. En visitant son université avec lui, j’ai fait une découverte marquante : en plus du français, des étudiants chinois apprenaient également le swahili, l’une des langues les plus parlées en Afrique.
À ce moment précis, je me suis posé une question simple : s’ils peuvent apprendre nos langues et les maîtriser, pourquoi ne pourrions-nous pas en faire autant avec la leur ? C’est ainsi qu’est née ma décision d’apprendre le mandarin. C’est une langue exigeante, mais passionnante, qui offre une autre lecture du monde.
Je pense que, tout comme l’anglais, le mandarin s’imposera comme une langue internationale. Il constitue, selon moi, une langue d’avenir, notamment en Afrique. La présence chinoise sur le continent ne cesse de croître, y compris au Burkina Faso, où l’on observe une multiplication des entreprises, des commerces et des restaurants tenus par des ressortissants chinois.
Cette dynamique crée un réel besoin en communication, et donc en compétences linguistiques. Les profils capables de faire le lien entre ces univers sont de plus en plus recherchés. Aujourd’hui, le mandarin s’impose progressivement comme une langue stratégique dans les échanges économiques, juste après l’anglais. C’est pourquoi j’ai choisi de m’y investir, convaincu que maîtriser cette langue, c’est aussi se positionner sur les opportunités de demain. »
« Je voulais aussi comprendre la culture chinoise », Carolle Sanogo, étudiante
« J’ai toujours eu un intérêt particulier pour les langues ; apprendre de nouvelles langues me fascine. J’ai commencé les cours de chinois après m’être lancé le défi de regarder des films chinois en version originale, sans traduction ni sous-titres. Je voulais également découvrir et comprendre la culture chinoise, et pour cela, la maîtrise de la langue est un atout essentiel. Cet apprentissage me permet de devenir polyglotte, de mieux comprendre cette culture, mais aussi de voyager. J’ai notamment eu l’opportunité de représenter le Burkina Faso à la 9e édition du gala sino-africain de la jeunesse.
Par ailleurs, la maîtrise du mandarin offre des perspectives professionnelles, notamment la possibilité de travailler dans des entreprises chinoises au Burkina Faso en tant qu’interprète. »
« Le nombre d’apprenants ne cesse d’augmenter », Xiang Ying, enseignant de mandarin au Burkina Faso
« Nos cours de chinois sont très appréciés des étudiants à l’université. Au-delà des étudiants, de nombreux professionnels, notamment issus d’entreprises engagées dans des échanges commerciaux avec la Chine, ainsi que du personnel aéroportuaire, manifestent également un intérêt pour ces formations.
Le nombre d’apprenants ne cesse d’augmenter. À chaque session, les inscriptions dépassent la centaine, preuve de l’engouement croissant pour cette langue.
Avec l’influence économique grandissante de la Chine, la maîtrise du chinois peut considérablement renforcer la compétitivité dans des domaines tels que le commerce, la finance, la diplomatie, le tourisme et l’éducation.
Sur le plan commercial, parler chinois permet de communiquer directement avec les partenaires et clients, de réduire les coûts de traduction et de mieux saisir les opportunités du marché chinois. Enfin, lors de séjours en Chine, mais aussi dans certaines régions d’Asie du Sud-est et d’Asie centrale, la maîtrise de la langue facilite les échanges, permet de mieux comprendre les coutumes locales et de surmonter les barrières de communication. »
S.I.K
Lefaso.net
Source: LeFaso.net


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