Koupéla, province du Kouritenga, localité située à environ 145 km de Ouagadougou , a enfin son palais de justice et sa prison. L’inauguration du Tribunal de grande instance (TGI) et l’installation des membres de la juridiction, celle de la Maison d’arrêt et de correction ainsi que l’installation du premier responsable, ont eu lieu le vendredi 11 novembre 2016. La cérémonie a été placée sous le patronage du ministre de la Justice, des droits humains et de la protection civique, Garde des sceaux, René Bagoro.

C’est désormais effectif. Longtemps attendu, le Tribunal de Grande instance de Koupéla est fonctionnel à compter de ce vendredi 11 novembre 2016. En effet, jadis contraintes de Tenkodogo à une cinquantaine de kilomètres pour bénéficier des services judiciaires, les populations du Kouritenga bénéficient désormais des services du magistrat à portée de main.


« L’ouverture de cette juridiction désengorgera le tribunal de Grande instance de Tenkodogo et permettra un traitement plus diligent des affaires à Tenkodogo et à Koupéla. Elle va accélérer la délivrance des actes comme les casiers judiciaires, les certificats de nationalité, les registres du commerce et du crédit immobilier, etc. » a signifié le ministre en charge de la justice, René Bagoro.

La Maison d’arrêt et de correction quant à elle, s’inscrit également dans un souci d’allègement des charges de travail, de l’avis du ministre de la Justice. En effet, cela permettra de soulager le personnel de la garde de sécurité pénitentiaire de la Maison d’arrêt et de correction de Tenkodogo et de réduire la surpopulation carcérale.

Pour Dieudonné Kyélem, deuxième adjoint au maire de la ville de Koupéla, ces deux joyaux viennent à point nommé. Il s’agit particulièrement d’une réponse à une préoccupation, celle de la recherche du bien-être. « La construction du TGI et la Maison d’arrêt et de correction constitue une réponse à notre préoccupation et nous rassure dans notre quête d’une démocratie et d’un Etat de droit véritables ». Et le ministre des droits humains de souligner qu’avec l’ouverture du Tribunal de grande instance de Koupéla et celle de la maison d’arrêt, c’est tout l’ensemble du territoire du Kouritenga qui n’ira plus à Tenkodogo. « Il faudrait entendre par là, le rapprochement entre la justice et les justiciables, le désengorgement du tribunal de grande instance de Tenkodogo qui est la troisième juridiction en termes de travail. Tous les dossiers qui relèvent du Tribunal de grande instance de Koupéla et qui étaient gérés par celui de Tenkodogo seront transférés. Nous avons trois mois, à compter de l’ouverture effective, pour que tout soit transféré au niveau du TGI de Koupéla et à la prison », a confié Réné Bagoro.

« Nous allons travailler pour mériter leur confiance »


Au cours d’une audience solennelle, les magistrats Souleymane kéré et Poulmé Poda ont été installés dans leurs fonctions, respectivement Président du Tribunal de grande instance de Koupéla et nommé cumulativement président du tribunal administratif de ladite ville ; procureur du Faso près le TGI de Koupéla et cumulativement commissaire du gouvernement du tribunal administratif de Koupéla.

Nouvellement installé, le président du TGI de Koupéla a convié la population à s’approprier ce nouveau local. Et si Souleymane kéré invite les populations à toujours avoir recours à la justice pour résoudre leurs différends, la nouvelle équipe prend l’engagement, par sa voix : « Nous allons travailler pour mériter leur confiance ». Par ailleurs, il a tenu à lancer un appel à la population : « Quoiqu’on dise, si ceux de Koupéla n’ont pas confiance en nous, il nous sera difficile de réussir. Nous leur demandons de nous faire confiance et de nous accompagner. Il est normal que toute œuvre humaine ait des failles et nous sollicitons leur compréhension pour pouvoir réussir notre mission ».

« Plus d’humanité aux conditions de détention »


Pour Micaïlou Traoré, premier responsable de la Maison d’arrêt et de correction de Koupéla, l’ouverture de cette prison vient à point nommé. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de réduire la surpopulation carcérale mais d’apporter « plus d’humanité aux conditions de détention des détenus d’autres établissements pénitentiaires ». Ainsi, il compte sur l’appui moral et matériel des populations du Kouritenga pour la réinsertion sociale de ces derniers.

Notons que l’ouverture de ces deux institutions porte désormais à 25, le nombre des tribunaux de grande instance et de Maisons d’arrêt au Burkina.

Nicole Ouédraogo

Lefaso.net

Source: LeFaso.net