
Plus d’un mois après la suppression de leur mot d’ordre de grève, le secrétaire général national du Syndicat national des administrateurs civils, des secrétaires et adjoints administratifs du Burkina (SYNACSAB), Bidiga Adama, a rencontré les journalistes, le samedi 30 septembre 2017, pour faire le point de la mise en œuvre de leur plate-forme revendicative. Il a en outre annoncé qu’ils observeront un sit-in pour du mercredi 4 au vendredi 6 octobre 2017. Cet arrêt de travail dont l’objectif est de protester contre la lenteur dans la prise en compte des préoccupations de ses membres, se déroulera devant les gouvernorats, hauts commissariats et l’immeuble du Faso pour les « camarades » de Ouagadougou.
L’institution d’un corps préfectoral au Burkina Faso, les modalités d’exercice de la fonction de secrétaire général de collectivité territoriale, l’extension de la fixation des indices des chefs de circonscriptions administratives et assimilés, la gestion de l’état civil par le corps des administrateurs civils dans les ambassades et consulats du Burkina, l’adoption d’un plan de carrière des agents (…). Ce sont autant de préoccupations qui peinent à trouver solution, a déclaré le secrétaire général national du Syndicat national des administrateurs civils, des secrétaires et adjoints administratifs du Burkina (SYNACSAB), Bidiga Adama, lors d’une conférence de presse organisée samedi à Ouagadougou.
L’une des revendications du syndicat, c’est aussi la construction des sièges des gouvernorats, Haut-commissariats, préfectures ainsi que les résidences des chefs de circonscriptions administratives. D’après M. Bidiga, leur ministère est en passe de devenir le plus budgétivore car plusieurs de ses services sont dans des bâtiments chèrement loués à des particuliers. Et pour justifier ses propos, il a pris l’exemple de la direction générale des libertés publiques et des affaires politiques, de la direction générale de la modernisation de l’Etat civil ou encore de la résidence du préfet de Dédougou qui coût 300 000 F CFA par mois au contribuable burkinabè.
Par ailleurs, le syndicat exige la dotation des chefs de circonscriptions administratives d’une flotte téléphonique qui devrait coûter environ 8 400 000 F CFA. Sur ce point, le gouvernement oppose l’absence de fonds. « Mais dans la foulée, nous apprenons que le Premier ministre souhaite rencontrer courant octobre l’ensemble des chefs de circonscriptions administratives afin de recueillir les préoccupations de ces derniers. L’organisation d’une telle rencontre mobilisera environ 60 000 000 F CFA », confie le SG du SYNACSAB. Puis de rappeler que les préoccupations des chefs de circonscriptions administratives sont déjà prises en compte par leur plate-forme revendicative. « Nous comprenons tout le dilatoire servi à notre corps », soutient-il.
Au cours de cette conférence de presse, le syndicat s’est révolté contre l’agression du secrétaire général de la mairie de Tensobentenga par le premier adjoint au maire de ladite commune. A l’unanimité, le syndicat a exigé la prise de sanctions à l’encontre de cet élu local, qui d’après eux, « n’est pas à son premier forfait ». Ils dénoncent également les nominations de « complaisance et celles qui sont faites sans consultation préalable des promus parfois contraires au décret portant organisation administrative du territoire et attributions des chefs de circonscriptions administratives au Burkina Faso ». La gestion des fonds alloués au fonctionnement des circonscriptions administratives n’est pas en reste. Pour ces derniers, il est inconcevable que des préfectures demeurent dans un état de dénuement total alors que des Hauts-commissariats reçoivent annuellement près de 10 millions de francs CFA pour leur fonctionnement. Partant de là, ils ont demandé un audit sur la gestion de ces fonds pour la période de 2009 à 2016.
Dans sa quête permanente de meilleures conditions de vie et de travail, le SYNACSAB observera un sit-in de 72 heures du mercredi 4 au vendredi 6 octobre 2017, devant les gouvernorats, hauts commissariats et l’immeuble du Faso pour les camarades de Ouagadougou. « Ce sit-in sera suivi de grève si nous n’obtenons pas satisfaction », a mis en garde le SG Bidiga. Par la suite, il a invité « l’ensemble du corps des administrateurs civils, secrétaires administratifs et des adjoints administratifs à la lutte ».
Avant le début de la conférence de presse, l’assistance a observé une minute de silence en la mémoire de l’ancien secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture, Justin Coulibaly, qui a tiré sa révérence le 29 septembre dernier.
Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
Commentaires récents