À l’occasion d’une conférence de presse tenue ce mercredi 8 juillet 2026, le ministère de la Sécurité a présenté le bilan de l’opération Wibga II, conduite du 28 avril au 22 juin 2026 sur l’ensemble du territoire national. Au cours de cet échange, les autorités ont mis en avant les résultats engrangés, marqués notamment par de nombreuses interpellations, d’importantes saisies et une baisse de la criminalité urbaine. Le ministre de la Sécurité a, par la suite, procédé au lancement de l’opération Wibga III, axée sur le renforcement de la prévention et de la répression.

Du 28 avril au 22 juin 2026, l’opération WIBGA II s’est déroulée sur toute l’étendue du territoire national. « Cette opération avait pour objectifs de renforcer la présence des forces de sécurité intérieure, de prévenir et de réprimer les différentes formes de criminalité, de consolider le renseignement opérationnel et de renforcer le partenariat entre les forces de sécurité et les populations », a rappelé le conseiller technique du ministre en charge de la sécurité, Hatto Sian.

De nombreuses actions ont été menées sur le terrain. Il s’agit, entre autres, de patrouilles, de contrôles de circulation, de contrôles d’identité et de documents, de fouilles, de la mise en place de postes de contrôle, d’opérations de bouclage et de ratissage, de la sécurisation des axes routiers et des infrastructures sensibles, ainsi que de missions de renseignement. Au total, 36 810 membres des Forces de défense et de sécurité (FDS) ont été mobilisés pour la circonstance.

« L’ensemble de ces actions a produit des résultats particulièrement encourageants. Elles ont permis l’interpellation de 1 798 personnes, dont 625 ont été déférées devant les juridictions compétentes pour des faits présumés de terrorisme, de grand banditisme, de vol et d’autres infractions diverses. L’opération WIBGA II a également conduit à la saisie de 7 076 engins à deux, trois ou quatre roues et au recouvrement de 140 572 600 francs CFA au titre des amendes forfaitaires », a détaillé le conseiller technique.

Par ailleurs, poursuit-il : « les forces de sécurité intérieure ont retiré des circuits criminels 27 armes à feu, 114 cartouches, 207 bâtons d’explosifs, 2 289,215 kilogrammes de drogues et stupéfiants, 5,94 tonnes ainsi que 39 fûts de cyanure, 1 543 cartons de produits phytosanitaires, ainsi que d’importantes quantités de carburant de contrebande. Ces résultats témoignent de l’engagement constant, du professionnalisme et de la détermination des forces de sécurité intérieure ».

En analysant le tableau présentant l’évolution de la criminalité urbaine de 2023 à 2026, on observe une nette régression du phénomène. D’un taux de 7,76 en 2023, puis de 7,85 en 2024, il est passé à un taux trimestriel de 7,23 en 2025. « Le premier semestre de l’année 2026 montre une amélioration notable de la situation de la criminalité urbaine, avec un taux trimestriel moyen de 6,42 et un taux mensuel moyen de 2,14 pour 10 000 habitants », lit-on dans la présentation du rapport sur la situation de la criminalité urbaine au Burkina Faso, dressée par la commissaire principale de police Florence Sawadogo, directrice de l’analyse et de la prévention de l’insécurité.

En lançant l’opération Wibga III, le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, a indiqué que deux axes majeurs seront privilégiés. « Le premier concernera les actions de prévention, notamment l’intensification des patrouilles pédestres et motorisées, le renforcement des contrôles de circulation, des contrôles d’identité et documentaires, la sécurisation des lieux publics, des infrastructures sensibles et des grands rassemblements, ainsi que le développement du renseignement de proximité », a-t-il expliqué.

Le second axe sera consacré aux actions de répression. « Il s’agira de poursuivre sans relâche les opérations d’interpellation des auteurs d’infractions, la saisie et la confiscation des objets, produits et matériels illicites, le démantèlement des réseaux criminels, ainsi que la transmission systématique des procédures aux parquets territorialement compétents afin que les auteurs répondent de leurs actes devant la justice », a détaillé Mahamadou Sana.

Selon ses dires, les résultats présentés sont la preuve qu’unis, dit-il : « nous sommes plus forts, toute chose qui facilite la consolidation de la sécurité. Ils (parlant des résultats) démontrent que lorsque les forces de sécurité et les populations agissent de concert, des résultats concrets peuvent être obtenus dans la lutte contre le terrorisme, le grand banditisme, la fraude et toutes les autres formes de criminalité. » Il a, pour finir, réitéré l’engagement du gouvernement à œuvrer pour une sécurisation des biens et des personnes beaucoup plus accrue.

Erwan Compaoré

Lefaso.net

Source: LeFaso.net