Les élèves en classe d’examen des lycées et collèges de la ville de Ouagadougou étaient devant la presse ce vendredi 5 juin 2020, pour livrer leur opinion concernant le sort réservé à l’année scolaire 2019-2020. Cette rencontre a été perturbée par un autre groupe d’élèves du lycée Philippe-Zinda-Kaboré. Pour les perturbateurs, les élèves qui ont organisé la conférence de presse ne représentent pas les élèves, mais plutôt l’administration de l’établissement.

Secouée par des crises à répétition, l’année scolaire 2019-2020 a vu son sort finalement scellé par la pandémie du Covid-19. Pour éviter une année blanche, le gouvernement a décidé de valider l’année des classes intermédiaires et de faire reprendre les cours le 1er juin dans les classes d’examen.


Ainsi, les élèves en classe d’examen des lycées et collèges de la ville de Ouagadougou, initiateurs de la rencontre avec la presse, ont salué cette démarche gouvernementale qui vise à sauver l’année. Mieux, ils soutiennent que leur joie serait totale si tous les acteurs du système éducatif acceptent d’accorder leurs violons pour les accompagner jusqu’à la fin de l’année. Dans ce sens, ils invitent les uns et les autres à « taire leurs querelles politico-politiciennes pour ne pas prendre en otage leur avenir ». Aussi, ils disent se démarquer « des associations fantômes de pseudo-élèves manipulés et téléguidés par des individus extrémistes aux objectifs égoïstes et lugubres ».

Des élèves lors de la rencontre

Pour Steven Tiendrebéogo, membre de ce regroupement d’élèves en classe d’examen des lycées et collèges de Ouagadougou, « le monde entier a été touché par le Covid-19. Et l’Etat a pris une décision pour nous éviter une année blanche. Maintenant, s’il y a des camarades qui sont corrompus par certains syndicats qui veulent boycotter les évènements, il y a un souci ». Il invite dont le gouvernement à prendre des mesures pour leur permettre de finir l’année scolaire dans de bonnes conditions.

Steven Tiéntrebréogo, membres des élèves en classe d’examen des lycées et collèges de la ville de Ouagadougou

Toujours selon Steven Tiendrebéogo, les élèves en classe d’examen sont conscients et soucieux de leur avenir, car leurs parents ont énormément investi pour eux dans le cadre de leurs études. Pour lui, le problème entre les syndicats et le gouvernement n’engage que les deux parties. Eux, ils ne sont pas à l’école pour porter un jugement sur les deux acteurs de l’éducation.

Cependant, au cours de la conférence de presse, un autre groupe d’élèves se réclamant du lycée Philippe-Zinda-Kaboré, a surgi dans la salle pour mettre fin à la rencontre avec les journalistes.

L’arrivée des perturbateurs dans la salle de conférence

Ces élèves, en nombre impressionnant, ont déchiré, devant l’assistance, les déclarations de leurs camarades en conférence de presse. « Nous avons mis fin à cette conférence parce que nous ne sommes pas d’accord. Les conditions de reprise des cours ne sont pas réunies. Les cache-nez ne sont pas de qualité et les mesures barrières ne sont pas respectées », s’insurge Alice Sawadogo, du groupe des perturbateurs. Les dissidents ajoutent que la distanciation physique dans les salles de classe ne sont pas respectées, et les lave-mains ne sont pas insuffisants. Pis, depuis la reprise, des enseignants refusent de venir faire cours parce que les mesures édictées par le gouvernement ne sont pas respectées.

Alice Sawadogo en classe de terminale , du groupe des perturbateurs

Face à cette cacophonie, nous avons approché l’administration pour mieux comprendre cette brouille entre les élèves.

Au courant de cette rencontre avec presse, le proviseur de l’établissement, Alexis Kyelem, soutient que ce n’est pas la première fois que des élèves demandent la salle pour une rencontre. Selon lui, certains élèves, qui devraient animer cette conférence, sont du lycée Zinda et d’autres établissements de la ville. Il regrette néanmoins ce qui est advenu lors de cette rencontre. Il nie en bloc les déclarations faisant croire que cette conférence a été organisée par l’administration.

Profitant de cette occasion, le proviseur Alexis Kyelem a appelé les élèves à avoir un comportement qui permette aux uns et aux autres de pouvoir s’exprimer dans la liberté. Il rassure que l’établissement a reçu suffisamment de matériel pour respecter toutes les mesures édictées par les autorités.

O.I.

Lefaso.net

Source: LeFaso.net