À l’heure où le Burkina Faso continue de faire face à une crise sécuritaire complexe, la qualité de l’information diffusée au public apparaît plus que jamais comme un facteur déterminant de résilience, de cohésion sociale et de stabilité. C’est dans cette dynamique que le Conseil supérieur de la communication (CSC) organise un atelier de formation et de sensibilisation destiné aux journalistes et web-activistes sur la gestion de l’information en période de crise. L’atelier se tient avec l’appui du Programme des nations unies pour le développement (PNUD), du 27 au 29 juillet 2026 à Koudougou, La cérémonie d’ouverture a été présidée par le président du CSC, Louis Modeste Ouédraogo, en présence du président de la délégation spéciale de Koudougou, Amédée Paré.

Face aux défis sécuritaires, sociaux et humanitaires auxquels le Burkina Faso est confronté depuis plusieurs années, le Conseil supérieur de la communication entend renforcer les compétences des acteurs de l’information afin de promouvoir une communication plus responsable, professionnelle et favorable à la cohésion sociale. Pendant trois jours, journalistes et producteurs de contenus numériques réfléchiront aux bonnes pratiques en matière de communication de crise, de vérification des faits et de lutte contre la désinformation.

À l’ouverture des travaux, le président du CSC, Louis Modeste Ouédraogo, a salué l’engagement des autorités régionales ainsi que le soutien constant du Programme des nations unies pour le développement (PNUD), partenaire historique de l’institution. Selon lui, cette collaboration a permis la réalisation de nombreuses initiatives en faveur de la professionnalisation des médias, de la consolidation de la paix et du renforcement de la cohésion sociale au Burkina Faso.

« Cette collaboration témoigne d’une vision commune de faire de la communication un levier de résilience, de prévention des conflits et de développement durable », Louis Modeste Ouédraogo, président du CSC

Une responsabilité accrue dans un contexte de crise

Pour le président du CSC, la communication de crise ne relève plus d’un simple exercice technique. Dans le contexte actuel, elle constitue un véritable impératif stratégique. « Elle permet non seulement d’informer les citoyens avec exactitude, mais aussi de prévenir la désinformation, les rumeurs, les discours de haine, les manipulations informationnelles et la psychose qui peuvent aggraver une situation déjà fragile », a-t-il expliqué.

Louis Modeste Ouédraogo a insisté sur le rôle désormais central qu’occupent aussi bien les médias traditionnels que les plateformes numériques dans la construction de l’opinion publique. Chaque information publiée peut, selon lui, contribuer à éclairer, sensibiliser et rassurer les populations, mais peut également, lorsqu’elle est inexacte ou insuffisamment vérifiée, alimenter la confusion, la peur ou les divisions.

Avec l’essor des réseaux sociaux, où les contenus circulent à une vitesse inédite, les exigences de vérification et de responsabilité deviennent encore plus importantes pour les journalistes et web-activistes

Les acteurs appelés à mesurer l’impact de leurs publications

S’adressant directement aux participants, le président du CSC a rappelé que les journalistes demeurent des acteurs essentiels de la démocratie grâce au respect des règles déontologiques, à la recherche de la vérité et à la défense de l’intérêt général. Il a également attiré l’attention des web-activistes sur la place désormais incontournable qu’ils occupent dans l’écosystème informationnel. Par leur influence sur les comportements, les opinions et les perceptions, ils sont appelés à exercer leurs activités avec davantage de responsabilité.

« Publier, partager ou commenter une information engage sa responsabilité morale, citoyenne et, dans certains cas, sa responsabilité juridique », a-t-il averti, invitant chacun à faire preuve de discernement avant toute diffusion de contenu.

Cette session s’inscrit dans la continuité des actions déjà entreprises par l’instance de régulation. Louis Modeste Ouédraogo a rappelé qu’entre 2016 et 2017, le CSC avait déjà organisé un premier séminaire de renforcement des capacités des journalistes sur la communication en période de crise sécuritaire.

« Cette collaboration entre le CSC et le PNUD traduit l’engagement commun de nos institutions et ses partenaires à promouvoir une communication responsable au service de la paix et de la cohésion sociale », Amédée Paré, PDS de la commune de Koudougou

Près d’une décennie plus tard, le contexte a profondément évolué. Les stratégies des groupes armés, les techniques de manipulation de l’information ainsi que les modes de diffusion des contenus ont connu d’importantes mutations, rendant nécessaire une actualisation des connaissances et des pratiques professionnelles.

L’atelier vise ainsi à permettre aux participants de mieux maîtriser les principes fondamentaux de la communication de crise, d’améliorer leurs techniques de collecte, de traitement et de vérification de l’information, de promouvoir une communication sensible aux conflits et de mieux comprendre les mécanismes de lutte contre la désinformation et les manipulations informationnelles.

Les travaux devront également favoriser une collaboration plus étroite entre les médias, les institutions publiques et les différents acteurs de la société afin d’assurer une gestion plus efficace de l’information dans les situations sensibles.

« La responsabilité sociale du journaliste ou du web-activiste dans la gestion de l’information en période de crise » est la communication présentée par Moussa Sawadogo, spécialiste des sciences de l’information et de la communication

Miser sur des experts de haut niveau

Convaincu que les défis actuels exigent des réponses adaptées, le président du CSC a indiqué que l’institution a mobilisé des experts de haut niveau pour animer les différentes communications prévues au cours de cette session. Il a invité les participants à faire preuve d’engagement, à partager leurs expériences de terrain et à saisir cette opportunité pour renforcer leurs compétences professionnelles.

« Les compétences que vous acquerrez ici contribueront, j’en suis persuadé, à améliorer la qualité de l’information diffusée auprès des populations et à renforcer notre résilience collective face à la crise que nous traversons », a-t-il déclaré.

La thématique abordée par le directeur de communication des armées, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, s’intitule « La couverture médiatique des attaques terroristes : Quels comportements pour être en phase avec le dispositif sécuritaire ? »

Par cette initiative, le Conseil supérieur de la communication réaffirme sa volonté de promouvoir un environnement médiatique libre, responsable et professionnel. L’institution entend poursuivre, avec l’ensemble de ses partenaires, les actions de renforcement des capacités des journalistes, des communicants et des créateurs de contenus numériques afin qu’ils contribuent pleinement à l’édification d’une société fondée sur la paix, la tolérance et la cohésion sociale.

En déclarant officiellement ouverts les travaux de cet atelier, Louis Modeste Ouédraogo a formulé le vœu que ces trois journées débouchent sur des recommandations concrètes et des pratiques renouvelées, capables d’améliorer durablement le traitement de l’information. Et ce, dans un contexte national marqué par de multiples défis.

Hamed Nanéma

Lefaso.net

Source: LeFaso.net