Dans l’après-midi du samedi 1er octobre 2022, soit au lendemain du coup de force qui a renversé le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, des manifestants s’en sont pris à l’ambassade de France au Burkina Faso et d’autres symboles français. Parmi les victimes de ces ‘’descentes musclées », on peut compter aussi des Burkinabè.

Les deux sièges de l’Institut français au Burkina Faso (Bobo-Dioulasso et Ouagadougou) ont reçu la visite d’individus visiblement remontés suite à la rumeur selon laquelle le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba serait entre les mains des Français à la base de Kamboinssin. Ils ont laissé des empreintes après leur passage. Depuis, l’institut français du Burkina a annoncé dans un communiqué que les deux sites demeuraient fermés jusqu’à nouvel ordre.

Parmi les victimes collatérales, on compte des artistes burkinabè qui, non seulement ont eu leurs événements avortés mais aussi des matériaux détruits. C’est le cas du musicien Patrick Kabré qui avait deux concerts : les 30 septembre et 1er octobre 2022. Deux dates pour la promotion de son nouvel album « Tansoba ». Son concert devait se tenir à l’Institut français de Ouagadougou. « Des matériaux ont été saccagés et même brûlés par des manifestants qui sont rentrés à l’intérieur », nous confie-t-il.

Les autres artistes que nous avons contactés n’ont pas voulu se prononcer sur cette situation. « Désolé, je n’ai pas envie de m’exprimer surtout pas en tant que « victime ». Trop de choses ont été dites depuis ce weekend et j’ai envie de faire un peu profil bas pour un bout de temps », nous répond l’un d’eux.

Pour le moment, les deux établissements sont fermés. En attendant la réouverture, Patrick Kabré compte poursuivre son aventure musicale. « La vie continue ! Là, je vais partir en tournée en Suisse, en Allemagne et en France. J’aimerais juste pouvoir le faire comme certains de nos fiertés qui se retrouvent ailleurs comme Bertrand Traoré en Turquie, Dango [Ouattara] à Lorient. C’est de dire aux mélomanes de continuer de me suivre sur ma page, tout en souhaitant des jours meilleurs pour le Burkina Faso », indique-t-il.

Toutefois, l’artiste lance un message à ses concitoyens : « Mon vœu le plus cher, c’est d’espérer que ce peuple croira à la marche pacifique, qu’on peut changer les choses sans saccager, sans faire appel aux incendies et à la violence ». Il dit espérer également que la paix revienne. « Si toutes les fois où il y a des mésententes, il faut brûler, je pense que ce sera vraiment très dommage », conclut-il.

Propos recueillis par Cryspin Laoundiki

Lefaso.net

Source: LeFaso.net