À l’occasion de la 22ᵉ édition de la Semaine nationale de la culture 2026, prévue à Bobo-Dioulasso du 25 avril au 2 mai 2026, l’Office national de la sécurité routière (ONASER) a intensifié ses opérations de contrôle sur les principales artères de la ville. L’objectif affiché est de garantir la sécurité des milliers de festivaliers attendus pour cet événement culturel majeur du Burkina Faso.

Dans la matinée du samedi 25 avril 2026, une équipe de l’Office national de la sécurité routière (ONASER) a été aperçue au quartier Belleville, précisément à proximité du feu tricolore situé derrière le mur de l’aéroport. Sur place, les agents ont mené une opération de contrôle axée sur le port du casque chez les conducteurs de deux-roues. En l’espace de quelques minutes seulement, plus d’une cinquantaine d’usagers ont été interpellés pour non-respect de cette obligation.

L’ONASER menant l’opération de contrôle axée sur le port du casque chez les conducteurs de deux-roues dans les artères de Bobo-Dioulasso

Les contrevenants ont été invités à se mettre en règle avant de pouvoir récupérer leurs engins. Une mesure pédagogique qui vise ainsi à susciter une prise de conscience immédiate chez les usagers. « Il ne s’agit pas seulement de sanctionner, mais surtout d’amener chacun à adopter les bons comportements », a laissé entendre le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, chargé des opérations de l’antenne Ouest ONASER.

Parmi les usagers interpellés, certains reconnaissent leur tort tout en saluant l’initiative. Armel Traoré, transporteur de profession, témoigne : « Ce matin, je partais dans mon lieu de service et on m’a interpellé, prétendant que je n’avais pas de casque. Donc, on a garé mon engin et j’étais contraint d’aller chercher mon casque et de revenir chercher mon engin. Je trouve que c’est très merveilleux parce que, vraiment, on va dire que c’est méchant, mais je trouve que c’est encore meilleur parce que ça nous protège contre les accidents, ça nous protège contre le vent qui souffle à l’heure. Vraiment, c’est à cause de l’ignorance que nous n’avons pas pris le casque, sinon, on sait que c’est interdit ».

Pour le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, cette stratégie progressive vise à encourager l’adoption durable de ce réflexe de sécurité

Dans la même dynamique, Ramata Guembré, également interpellée, reconnaît une négligence de sa part. « Je l’avais porté, mais je l’ai enlevé sur la route pour faire quelque chose. Donc, du coup, je ne l’ai plus porté. Arrivée ici, on dit contrôle de casques. Donc, on m’a arrêtée. L’erreur vient de moi. Parce que si je l’avais portée jusqu’ici, on n’allait pas m’arrêter ». Elle en profite pour lancer un appel aux autres usagers de porter les casques. « Ne faites pas comme nous », a-t-elle lancé.

Parallèlement à cette intervention, une autre équipe de l’ONASER était déployée au niveau du rond-point Thomas Sankara, où le même exercice de contrôle et de sensibilisation était mené. Interrogé sur le terrain, le lieutenant de police Moctar Ouédraogo, chargé des opérations de l’antenne Ouest de l’ONASER, a expliqué les motivations de cette campagne renforcée. Selon lui, la Semaine nationale de la culture constitue une période de forte affluence, marquée par une mobilité accrue des populations.

Plusieurs motos ont été saisies à leurs propriétaires pour non-port du casque

« La SNC est un moment de grand rassemblement. Il y a beaucoup de déplacements et donc un risque accru d’accidents. C’est pourquoi nous sommes sortis pour rappeler aux usagers l’importance d’adopter de bons comportements en circulation afin que chacun puisse profiter de la fête en toute sécurité », a-t-il déclaré. Au-delà de la sensibilisation, les équipes veillent également à faire cesser les infractions constatées. Le non-port du casque, considéré comme une infraction au regard de la réglementation en vigueur, reste la principale faute relevée lors de ces opérations. « Sur deux carrefours seulement, en moins d’une heure, nous avons interpellé plus d’une centaine de personnes », précise le lieutenant.

Une autre équipe de l’ONASER déployée au niveau du rond-point Thomas Sankara, où le même exercice de contrôle et de sensibilisation était mené

Par ailleurs, en circulation, certains usagers disposent bien d’un casque, mais ne le portent pas correctement. Une pratique que dénonce fermement l’ONASER. « Il ne suffit pas de posséder un casque, il faut le porter correctement. Le casque accroché au guidon, porté à l’envers ou suspendu à l’arrière de la moto ne protège pas », insiste-t-il. L’officier rappelle que le casque est avant tout un équipement de protection essentiel en cas d’accident. « L’accident ne prévient pas. Même pour un court trajet, on peut être exposé à un danger imprévu. Le casque peut sauver des vies », souligne-t-il.

Les contrevenants sont invités à aller chercher leur casque et à revenir le porter sur place avant de repartir

À côté des contrevenants, certains usagers se distinguent par leur respect des règles. Modou Sanguisso, inspecteur de l’enseignement primaire, qui est vu comme un exemple, salue l’initiative. « Je trouve que les autorités veulent notre bien-être. Quand tu portes le casque et qu’il y a un accident, les conséquences sont amoindries. Donc l’idée est la bienvenue et j’y souscris entièrement. Tout le monde doit être un bon citoyen et porter le casque pour son propre bien-être », a-t-il laissé entendre.

Yago Ami-Florenda invitant les usagers de la route au port du casque en circulation

Même son de cloche chez Ami-Florenda Yago, apprenante. « J’ai accepté de porter le casque pour ma propre sécurité. Si j’ai un accident, cela peut protéger ma tête. La tête est très importante. Lorsqu’elle est touchée, les conséquences sont graves. Donc, acceptons de porter le casque, ce n’est pas pour les policiers, mais pour nous-mêmes », a-t-elle rappelé.

En temps normal, le non-port du casque est passible d’une amende de 3 000 francs CFA. Toutefois, dans le cadre de cette opération spéciale SNC, les autorités ont privilégié une approche pédagogique. Les contrevenants sont invités à aller chercher leur casque et à revenir le porter sur place avant de repartir. Une stratégie progressive visant à encourager l’adoption durable de ce réflexe de sécurité. Outre le contrôle du port du casque, l’ONASER a également déployé des équipes sur plusieurs axes routiers pour surveiller le respect des limitations de vitesse. Cette mesure vise à prévenir les excès de vitesse, souvent à l’origine d’accidents graves. « Même si l’on est pressé ou en retard, il faut privilégier la prudence. Mieux vaut arriver en retard à la fête que de ne jamais y arriver », a conclu le lieutenant Moctar Ouédraogo.

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source: LeFaso.net