
À l’occasion des premières Journées des retraités du Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST), qui se sont tenues les 21 et 22 mai 2026 à Ouagadougou, des anciens chercheurs et membres du personnel administratif se sont réunis pour célébrer leurs années de service consacrées à la recherche scientifique. En marge de la cérémonie d’ouverture, notre équipe a tendu son micro à quelques retraités afin de recueillir leurs impressions ainsi que leurs messages à l’endroit de la jeune génération de chercheurs.
Ancien chercheur à l’Institut de l’environnement et des recherches agricoles (INERA), Sidiki Marcel Bonzi cumule 39 ans de service, dont treize dans la fonction publique internationale et 26 ans dans la fonction publique nationale. Selon lui, l’initiative est à saluer.
« Je pense que c’est vraiment une très bonne idée qui permettra de savoir ce que la recherche est, ce qu’elle veut faire, où elle veut aller, et qui est à la base. Ce que ces gens-là ont fait jusqu’ici, et où est-ce qu’elle est en train d’aller. C’est donc un bilan, et il est très important de temps en temps de s’arrêter pour faire un bilan », a-t-il dit.
Par ailleurs, il invite la nouvelle génération de chercheurs à puiser non seulement dans ce que les devanciers ont fait, mais aussi en faisant d’eux des guides afin de se forger une identité.
« À l’endroit des jeunes qui sont sur le terrain, je leur dirai qu’il faut toujours saisir la moindre occasion pour s’approcher des anciens afin de savoir ce qu’ils ont fait. La recherche est le seul métier dans lequel on est reconnu que sur la base de ce que les autres ont fait. Pour montrer que vous apportez quelque chose de nouveau, il faut d’abord savoir ce que les autres ont fait, et démontrer que ce que vous avez fait est nouveau par rapport à ce qui est déjà fait. Sinon, d’autres vont le savoir, vous ne pouvez pas les tromper, et ce que vous avez fait sera démonté, puis vous ne serez pas reconnu comme un chercheur. Il faut donc d’abord savoir ce que les autres ont fait, et bâtir là-dessus quelque chose de nouveau, qui puisse servir l’humanité », a poursuivi Sidiki Marcel Bonzi.
S’approprier l’héritage des anciens
De son côté, Dr Marie-Claire Sorgho/Millogo, sociologue ayant aussi travaillé à l’INERA, se réjouit de l’organisation de ces premières journées qui, même si elles poursuivent d’autres objectifs majeurs, visent avant tout à rassembler les anciens.
« Je suis émerveillée, je suis très contente. J’avais même une activité ailleurs mais le plaisir de revoir les autres m’a encouragée à laisser cette activité et venir à cette belle rencontre. C’est vraiment une belle initiative car cela m’a permis de retrouver des anciens collègues, notamment les chercheurs issus de diverses institutions », a-t-elle fait savoir, le sourire aux lèvres.
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Elle encourage aussi les jeunes chercheurs à s’approprier l’héritage que leur ont légué les anciens. « J’invite les jeunes chercheurs à tirer profit des mémoires et des témoignages qui seront faits afin de pouvoir avancer », a-t-elle conseillé.
Michel Combari, membre de l’association des retraités du CNRST, souligne que cette rencontre est à saluer car, en plus des retrouvailles, elle a été le lieu pour eux d’échanger avec la nouvelle génération de chercheurs.
« Cette rencontre nous a donné beaucoup de satisfaction, nous qui sommes partis à la retraite. Parce que, d’abord, nous avons retrouvé nos collègues avec qui nous avons travaillé dans les laboratoires ainsi que dans les bureaux. Ensuite, nous avons aussi cette opportunité d’échanger avec la jeune génération qui a pris le relais. Ce qui fait que nous sommes très satisfaits et très honorés par rapport à ces journées », a-t-il dit.

S’adressant aux jeunes chercheurs, il a déclaré ceci : « Nous comptons justement leur dire d’où nous sommes venus. Et quand ils auront compris d’où nous sommes venus, nous prions Dieu et nous les exhortons à faire en sorte que l’avenir qui est maintenant entre leurs mains soit meilleur que ce que nous avons fait, qu’ils fassent mieux que nous. Et nous leur souhaitons beaucoup de succès dans leurs activités actuelles. »
Georges Yaméogo, retraité du CNRST, a insisté à son tour sur la pertinence de ces journées. « Je crois que c’est quelque chose qu’il fallait faire parce que ça nous permet, nous anciens aussi, de repérer une rétrospective de ce qu’on a eu à faire comme travail et de voir ce qu’on peut faire pour léguer à la jeune génération. C’est vrai qu’on l’a fait bien avant de partir, mais c’est encore bon que nous puissions mettre notre expertise à la disposition des jeunes qui en ont besoin pour le développement socio-économique du Burkina Faso », s’est-il exprimé.
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Tout comme ses anciens collègues, il encourage les jeunes à la discipline et à l’abnégation dans le travail. « J’encourage les jeunes chercheurs à forcer l’administration et à s’armer de courage et d’abnégation au travail. Et qu’ils mettent tout à la disposition parce qu’ils ont les compétences. Et qu’ils n’attendent pas uniquement les moyens pour travailler. Car, en matière de recherche, il faut d’abord travailler avec la tête, et ensuite, les moyens viennent pour la mise en œuvre. Je leur souhaite beaucoup de courage, pour qu’ils puissent chacun à son niveau accomplir la tâche et la mission qu’il y a pour eux », a-t-il conclu.
Entre conseils et appels à la persévérance, ces retraités ont rappelé que la recherche scientifique se construit dans la continuité et le partage d’expériences. Cette journée aura ainsi servi de cadre de retrouvailles, mais aussi de passerelle entre générations pour préserver la mémoire institutionnelle et inspirer les chercheurs d’aujourd’hui et de demain.
Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net



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