
Le ministre de la Construction de la Patrie, Mikaïlou Sidibé, accompagné du ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a présidé une cérémonie de remise officielle de pistes rurales réalisées dans la région du Nando. Elle a eu lieu ce jeudi 11 juin 2026, à Guirgo, dans la commune de Sourgou. L’initiative est portée par le Conseil régional avec l’appui financier de la coopération suisse et l’assistance technique de l’ONG Helvetas Burkina Faso.
Les travaux des 16,882 km de pistes rurales ont été financés à hauteur de 419 millions 768 mille 533 francs CFA par la coopération suisse. Les différentes réalisations ont été conduites sous la maîtrise du conseil régional du Nando, en partenariat avec l’ONG Helvetas Burkina.
Cette remise s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’appui à la décentralisation et à la participation citoyenne (DEPAC). Ce programme accompagne, depuis plusieurs années, les collectivités territoriales dans le développement des infrastructures de proximité.
Réalisées selon l’approche Haute intensité de main-d’œuvre (HIMO), ces infrastructures ont mobilisé une importante main-d’œuvre locale et favorisé l’utilisation de matériaux disponibles dans les localités concernées. Cette méthode permet non seulement de créer des emplois temporaires au profit des populations, mais aussi de renforcer les compétences locales tout en assurant une meilleure appropriation des ouvrages.
Selon le gouverneur de la région du Nando et président du conseil régional, Adama Jean Yves Béré, la région bénéficie depuis 2015 de l’accompagnement du duo coopération suisse-ONG Helvetas Burkina, pour la réalisation de pistes rurales. Au fil des différentes phases du DEPAC, plus de 150 kilomètres de pistes ont été aménagés dans huit communes de la région, contribuant à désenclaver plusieurs localités.
Initialement mises en œuvre dans les communes de Koudougou, Poa, Kokologho, Pouni et Sapouy, les réalisations se sont progressivement étendues à d’autres communes telles que Godyr, Sabou et Sourgou, en réponse aux besoins exprimés par les populations et les autorités locales.
Pour la troisième phase du programme, couvrant la période 2022-2026, 40,8 kilomètres de pistes rurales ont été réalisés et 28 kilomètres entretenus dans la région du Nando. Le coût global des travaux est estimé à plus d’un milliard de francs CFA.
Les 16,882 kilomètres de pistes inaugurés ce 11 juin 2026 ont été réalisés grâce à un financement complémentaire accordé par la coopération suisse en 2026. Pour les responsables régionaux, ces infrastructures constituent un levier important pour le développement économique et social des collectivités.
« La réalisation des 16,882 km de pistes rurales que nous inaugurons aujourd’hui a été rendue possible grâce à un financement supplémentaire de la coopération suisse exécuté en 2026. Les pistes rurales constituent des infrastructures stratégiques pour le développement économique et social des collectivités territoriales. En effet, elles facilitent l’accès des populations aux marchés et aux services sociaux de base. Elles contribuent également à la valorisation des potentialités agricoles, pastorales et commerciales des localités desservies », a rappelé le président du conseil régional.
Pour le gouverneur Adama Jean Yves Béré, la méthode HIMO présente un double avantage. D’une part, elle permet la réalisation d’infrastructures de qualité adaptées aux réalités locales. D’autre part, elle favorise la création d’emplois temporaires au profit des jeunes et des femmes, tout en renforçant les capacités des communautés bénéficiaires. Selon lui, pour la construction des 16,882 km, 1092 personnes y ont travaillé, dont 337 hommes et 755 femmes. « Le montant total payé à la main-d’œuvre locale est estimé à 55 517 785 francs CFA », a-t-il révélé.
Pour le ministre de la Construction de la Patrie, Mikaïlou Sidibé, cette inauguration revêt un symbole particulier. Car ces pistes ont été aménagées suivant la méthode HIMO qui mobilise la communauté au niveau de la base avec l’apport de matériaux nécessaires et la mise en œuvre des travaux sur le terrain. « Nous avons un secrétariat technique de HIMO. Il permet d’accompagner sur le plan technique en termes d’expertise et d’appuis-conseils. Au niveau de notre réseau routier national, nous ne nous intéressons pas uniquement qu’au réseau classé, les routes bitumées. Nous prenons en compte le réseau des pistes rurales. Nous avons plus de 45 000 km de pistes rurales. Ce sont ces pistes rurales qui permettent d’accéder aux zones de production, de pouvoir relier les villages aux communes. Donc, c’est un réseau très important. Le secrétariat technique de HIMO accompagne également la mise en œuvre des travaux d’intérêt général en milieu carcéral », a souligné le ministre Sidibé.Il a rappelé l’importance de ces pistes rurales qui permettent d’accéder aux zones de production et de relier les villages isolés aux communes.
Le directeur pays de Helvetas, Etienne Zoundi, a rappelé que l’ONG accompagne le programme depuis 12 ans maintenant. Et grâce au programme, le conseil régional du Nando dispose désormais d’un service d’infrastructures animé par un ingénieur et un technicien engagés sur fonds propres du conseil. « Nous sommes dans la dernière phrase du programme dont la fin est prévue pour le 31 octobre prochain. Le conseil régional du Nando nous montre par l’exemple que l’objectif du programme est plus ou moins atteint. Pour preuve, le conseil régional dispose aujourd’hui d’un service d’infrastructures animé par un ingénieur et un technicien engagés sur fonds propres du conseil régional. Cela n’existait pas quand le programme commençait. Les réalisations antérieures et celles d’aujourd’hui ont été identifiées et planifiées entièrement par la région. Nous pouvons avancer en toute confiance. Le niveau d’appropriation et l’impact institutionnel sont élevés. L’itinéraire technique, institutionnel et financier de la réalisation des pistes rurales est maintenant connu et maîtrisé au bénéfice des populations de la région », a confié le directeur pays de l’ONG Helvetas. Cependant, il a relevé un défi majeur : l’entretien et la gestion des pistes rurales. M. Zoundi a invité les communes et la région à jouer leur partition afin de garantir une durabilité des investissements.
Le chef du village de Guirgo, au nom des populations, a remercié les autorités pour la réalisation des pistes rurales. Selon lui, ces routes vont permettre désormais aux producteurs d’accéder facilement aux communes et aux provinces pour écouler leurs produits. Il a terminé en demandant aux autorités de poursuivre le programme pour que certains villages de la commune de Sourgou puissent avoir des routes. Car durant cette période de saison des pluies, plusieurs villages n’arrivent pas à accéder facilement aux communes et aux soins de santé.
En facilitant l’accès aux marchés, aux centres de santé, aux établissements scolaires et aux autres services sociaux de base, les pistes rurales contribuent à améliorer les conditions de vie des populations. Elles participent également à la valorisation des productions agricoles, pastorales et commerciales des localités desservies.
Rama Diallo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net





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