Créée à la suite de la fusion de quatre établissements publics intervenant dans la formation professionnelle, Burkina Suudu Bawdè (BSB) entend devenir le principal levier de développement des compétences techniques et professionnelles au Burkina Faso. Dans cet entretien, son directeur général, Dr Kèrabouro Palé, revient sur les missions de la structure, les réformes engagées, les innovations mises en œuvre et les ambitions à moyen et long terme. Il évoque également les défis liés à l’employabilité, à l’auto-emploi, au financement de la formation ainsi que la volonté de faire de Burkina Suudu Bawdè une référence nationale et sous-régionale en matière de formation professionnelle.

Lefaso.net : Dire simplement que vous êtes le directeur général de Burkina Suudu Bawdè est une brève présentation. Vous avez un parcours aussi long que le bras. Est-ce que vous pouvez nous le résumer en quelques mots ?

Dr Kèrabouro Palé : Ce n’est pas souvent aisé de parler de soi. Pour ce qui me concerne, comme vous le demandez, je vais juste lever un pan du voile sur ma personne. Je suis le Dr Kèrabouro Palé, comme vous l’avez bien introduit. Je suis inspecteur des impôts de formation, et ma thèse est en sciences de gestion. Je suis enseignant en sciences de gestion et en comptabilité, et formateur des élèves-inspecteurs à l’École nationale des régies financières, devenue l’Institut des finances publiques du Burkina, depuis plus de douze ans. Je suis aussi chargé de cours dans plusieurs universités. C’est ce que je fais. Depuis octobre 2023, je suis directeur général de Burkina Suudu Bawdè.

Comment peut-on définir Burkina Suudu Bawdè dans son ensemble ?

Burkina Suudu Bawdè, en langue nationale fulfuldé, signifie « La maison des compétences du Burkina ». C’est un établissement public de l’État, communément appelé EPE, sous la tutelle technique du ministère en charge de la Formation professionnelle, chargé de mettre en œuvre la politique du gouvernement en matière de développement des compétences techniques et professionnelles. Nous sommes donc au cœur de la politique nationale de développement des compétences techniques et professionnelles au Burkina Faso.

Sa création résulte d’une fusion. Ce n’est pas une nouvelle structure en tant que telle ; seul le nom est nouveau. Il s’agit de la fusion de quatre établissements publics de l’État intervenant dans la formation professionnelle. Il y avait l’Agence nationale de la formation professionnelle, le Centre de formation professionnelle de référence de Ziniaré (CFPR-Z), l’un de nos centres les plus connus, le Centre de formation professionnelle industrielle de Bobo-Dioulasso (CFPIB), ainsi que les Centres d’évaluation des formations professionnelles de Ouagadougou (CEFO).

Aujourd’hui, le réseau compte 32 centres de formation professionnelle répartis sur l’ensemble du territoire national, dont trois centres nationaux, treize centres régionaux, conformément à l’ancien découpage territorial, avec un centre dans chaque région, ainsi que seize centres provinciaux. Le total fait bien 32.

Lorsqu’on se retrouve avec un effectif aussi important, comment arrive-t-on à manager tout ce beau monde ?

C’est un grand défi, mais c’est aussi une réponse à la vision des plus hautes autorités. Si vous observez bien, il y a des fusions un peu partout. Lorsque plusieurs entités portent les mêmes missions, au lieu de les laisser émiettées, on les regroupe en ensembles plus grands. Lorsqu’on est à la tête d’une telle structure, on accepte cette mission en étant pleinement conscient de l’ampleur de la tâche. Dès lors, on met tout en œuvre pour réussir.

C’est vrai, on manque de sommeil lorsqu’on est appelé à diriger une telle entité, surtout lorsqu’il s’agit d’une fusion. Chaque structure arrive avec ses habitudes, ses méthodes de travail et son personnel. Recoller les morceaux est souvent plus compliqué que construire une nouvelle organisation.

Mais, étant pleinement conscient de la tâche et convaincu de l’importance de cette réforme fondée sur la fusion des structures, nous avons accepté cette mission avec détermination et rigueur. Les objectifs visés, qui consistent à développer les compétences techniques et professionnelles des Burkinabè, sont très nobles. J’en suis personnellement convaincu et je m’y consacre jour et nuit. Nous sommes à la tâche et, Dieu merci, après près de deux années, nous entamons notre troisième année. Nous pouvons rendre grâce, car cette grande machine a bien démarré et nous poursuivons sa mise en œuvre.

En toute chose, on recommande toujours d’avoir une vision, que ce soit pour un projet que l’on lance ou pour tout type d’initiative. Au niveau de Burkina Suudu Bawdè, quelle est votre vision ?

Notre vision s’inscrit pleinement dans celle des plus hautes autorités, contenue dans le plan Relance, qui fait de la formation professionnelle un levier stratégique du développement du capital humain au Burkina Faso. On ne peut pas parler de souveraineté tant qu’on ne dispose pas des hommes et des femmes capables de porter cette ambition.

Aujourd’hui, nous voulons faire les choses de façon endogène. Dans cette perspective, il y a certes la dimension des ressources financières, mais la dimension des ressources humaines est tout aussi cruciale. Notre vision est donc de doter l’ensemble de la population burkinabè de compétences techniques et pratiques, afin de contribuer au développement endogène recherché actuellement. C’est véritablement de cela qu’il est question.

Il existe souvent, pour ce qui est des formations, un décalage entre ce pour quoi on est formé et les réalités du terrain. À votre niveau, comment parvenez-vous à concilier les deux ? Autrement dit, les formations que vous dispensez aux apprenants sont-elles en adéquation avec les réalités qu’ils rencontrent sur le terrain ?

C’est un défi. Aujourd’hui, lorsqu’on parle du chômage, l’une des raisons est l’inadéquation entre les formations reçues et les besoins réels du marché. Burkina Suudu Bawdè est née avec cette mission forte et des instructions claires : faire en sorte que les compétences que nous développons répondent effectivement aux besoins du marché. Pour y parvenir, nous associons étroitement le monde économique à nos formations. D’abord, au niveau de l’élaboration des curricula et des référentiels de formation, nous travaillons avec les professionnels. Nous sommes en partenariat avec le monde économique.

Si, par exemple, nous voulons élaborer un référentiel en carrelage, nous ne pouvons pas le faire sans associer les professionnels qui exercent quotidiennement ce métier. Dans tous les domaines, nous entretenons une collaboration étroite avec le monde économique.

Dans le processus de formation, nous avons des partenariats qui permettent aux apprenants de toucher du doigt les réalités du monde professionnel pendant leur formation à travers des stages. Peut-être que cela se faisait déjà auparavant, mais nous avons renforcé cet aspect. Nous sommes également en train d’aller vers une autre modalité de formation, appelée la Formation en milieu de travail (FMT).

Une grande partie de la formation se déroulera directement sur le lieu de travail. Si, par exemple, une formation dure huit mois, cinq ou six mois se passeront en entreprise, et les enseignements théoriques viendront compléter le reste du temps. En résumé, ce sera une répartition de 75% du temps en milieu professionnel et 25% pour les enseignements théoriques. Nous sommes en train de concevoir les outils nécessaires et nous mettrons cette modalité en œuvre cette année.

En quoi les formations de Burkina Suudu Bawdè diffèrent-elles des autres formations dispensées, par exemple, dans un atelier de quartier ?

C’est différent parce que Burkina Suudu Bawdè, de par son statut, est le principal opérateur du développement des compétences techniques et professionnelles. C’est une attribution officielle, mais cela se traduit aussi concrètement dans notre manière de travailler. Nous disposons d’un grand réseau de formateurs et de professionnels qui maîtrisent réellement leur métier, et savent exactement ce qu’il faut faire lorsqu’il s’agit d’exécuter un geste professionnel. Il ne s’agit donc pas seulement d’enseignements théoriques.

Nous disposons également des équipements nécessaires. En plus d’avoir des formateurs très qualifiés, des professionnels rompus à la tâche, nous avons des plateaux techniques, certes perfectibles, mais d’un niveau élevé. Je peux vous dire, par exemple, que de grandes universités viennent régulièrement louer nos ateliers pour former des ingénieurs de conception dans certains domaines.

Cela montre que nous disposons d’un plateau technique à la hauteur de nos ambitions, même si nous sommes conscients qu’il faut continuer à améliorer la qualité des formateurs et celle des équipements. Ces deux éléments réunis font que Burkina Suudu Bawdè se distingue des autres structures, car nous avons pour mission de former en quantité, mais surtout en qualité. Nous voulons former des hommes et des femmes compétents pour le développement de notre pays.

Vous parliez tantôt de temps de formation. À ce propos, quelle est la durée des formations à votre niveau ? Si je souhaite par exemple m’inscrire à Burkina Suudu Bawdè pour suivre une formation, combien de temps devrai-je y consacrer ?

Les formations sont principalement de trois types. Nous avons d’abord les formations initiales. Ce sont les formations qui se déroulent dans les centres de formation professionnelle et qui permettent d’obtenir un titre professionnel. Les titres professionnels sont le Certificat de qualification professionnelle (CQP), le Brevet de qualification professionnelle (BQP), le Brevet professionnel de technicien (BPT) et le Brevet professionnel de technicien spécialisé (BPTS). Nous avons ensuite les formations modulaires qualifiantes.

Ce sont des formations de courte durée qui permettent, en deux semaines à trois mois au maximum, de former une personne à l’exercice d’un métier. Enfin, nous avons les formations continues. Ce sont des formations de perfectionnement destinées aux entreprises qui souhaitent renforcer ou mettre à jour les compétences de leur personnel. Aujourd’hui, les évolutions sont rapides et les travailleurs peuvent avoir besoin d’une remise à niveau dans un domaine précis. Une entreprise peut donc nous solliciter, dans le cadre d’une convention de partenariat, afin que nous organisions ces formations de perfectionnement.

Revenons maintenant sur chaque type de formation. Pour les formations initiales, les durées varient de huit à onze mois. Le certificat de qualification professionnelle dure huit mois. Le candidat se présente ensuite à un examen national. D’ailleurs, on m’a indiqué aujourd’hui que les résultats du CQP de cette année sont disponibles. Le BQP, quant à lui, dure neuf mois. Le BPT dure dix mois, et le BPTS dure onze mois. Il faut préciser qu’avant Burkina Suudu Bawdè, ces formations duraient deux ans.

À notre arrivée, les autorités ont demandé de réduire les délais afin de donner à un plus grand nombre de personnes la possibilité de développer leurs compétences. Nous avons donc examiné les anciens programmes et constaté qu’ils comportaient beaucoup de matières qui n’avaient pas forcément de lien avec le métier préparé. Par exemple, si vous vouliez devenir mécanicien, vous suiviez des cours de français et d’expression écrite, avec des dissertations à rédiger. Ce n’était pas indispensable. Nous avons donc allégé les programmes afin de recentrer la formation sur le métier lui-même. C’est ce qui nous a permis de réduire la durée des formations.

Cette réduction n’a en rien diminué la qualité de la formation, puisque nous nous concentrons désormais sur les compétences professionnelles, plutôt que sur des matières d’environnement qui occupaient une grande partie du temps. Dans l’ancien système, on avait pratiquement l’impression que la première année était consacrée à ces matières générales et que ce n’était qu’en deuxième année que les apprenants commençaient réellement la pratique.

C’était une perte de temps. Aujourd’hui, nous avons un besoin urgent de ressources humaines qualifiées et nous ne pouvons plus nous permettre ce luxe. Nous avons donc réduit les délais. Concernant les formations modulaires qualifiantes, j’ai indiqué qu’il s’agit de formations de courte durée. Elles ne se déroulent pas forcément dans un centre de formation professionnelle. C’est ce que nous appelons la FMQ, la Formation modulaire qualifiante. Elle peut être organisée partout. Par exemple, si, dans votre village, des jeunes souhaitent être formés à un métier, comme la menuiserie ou la soudure, nous sommes en mesure de nous déplacer pour assurer la formation sur place, même en l’absence d’un centre.

Nous disposons d’un dispositif de formation itinérante appelé « Unités mobiles de formation », qui nous permet d’intervenir dans les localités où nous ne disposons pas d’un centre physique. J’ai l’habitude de dire que, s’il le faut, la formation peut même se tenir sous les arbres. Il faut développer les compétences. Si nous attendons de construire des centres physiques partout au Burkina Faso avant de former les populations, nous n’y arriverons pas. Notre mission concerne l’ensemble de la population burkinabè, qu’elle vive en ville ou en milieu rural. Dès lors qu’il existe un besoin de formation, nous intervenons.

Ces formations modulaires qualifiantes peuvent également être dispensées en langues nationales lorsque cela est nécessaire. Il n’est pas indispensable de maîtriser le français pour devenir maçon, carreleur ou exercer un autre métier manuel. Leur durée varie de deux semaines à trois mois, selon les besoins. Quant aux formations continues, leur durée dépend du contenu de la formation que le partenaire souhaite voir dispensée à ses travailleurs dans le cadre de leur perfectionnement.

Quels sont les différents métiers que l’on peut apprendre à Burkina Suudu Bawdè ?

Burkina Suudu Bawdè développe actuellement 144 métiers. Mais nous avons beaucoup plus de métiers au Burkina Faso. Nous sommes dans un processus d’élaboration des nomenclatures de métiers dans plusieurs secteurs économiques. Tous les métiers qui seront identifiés pourront être pris en charge par Burkina Suudu Bawdè, en tant que principal opérateur public de développement des compétences techniques et professionnelles.

Quel que soit le besoin en développement des compétences, quel que soit le métier, si vous saisissez Burkina Suudu Bawdè, nous sommes en mesure de le prendre en charge, soit avec nos formateurs internes, soit à travers notre réseau de professionnels partenaires avec lesquels nous travaillons. Vous ne pouvez pas nous solliciter pour former quelqu’un à un métier et nous entendre dire que nous ne pouvons pas le faire.

Il est vrai que, pour ce qui concerne les formations initiales, tout est déjà organisé, puisqu’il faut des ateliers et des équipements spécifiques. En revanche, pour les formations de courte durée, les formations modulaires qualifiantes, qui permettent elles aussi aux apprenants d’exercer un métier, nous pouvons intervenir dans n’importe quel domaine. Il suffit de nous solliciter.

Cent quarante-quatre métiers ! On est tenté de dire que c’est vraiment beaucoup. On se demande comment vous arrivez à garantir la qualité des formations dispensées. On peut être très performant en matière de gestion et savoir placer les bonnes personnes aux bons endroits, mais est-ce qu’il n’arrive pas, à certains niveaux, que Burkina Suudu Bawdè rencontre des difficultés, compte tenu de l’ampleur de la structure ?

Il va peut-être falloir faire un détour par l’organisation de la structure. En tant que directeur général, on ne peut pas être partout à la fois et on ne peut pas tout faire soi-même. Nous disposons de structures déconcentrées : des directions interrégionales. Nous les appelons ainsi parce qu’une même direction couvre plusieurs régions. Nous en avons trois : une direction interrégionale à Ouagadougou, qui couvre plusieurs régions ; une direction interrégionale à Bobo-Dioulasso, qui couvre également plusieurs régions ; et une direction interrégionale à Ziniaré, qui couvre les autres régions.

À ce niveau, nous avons des directeurs interrégionaux. Chacun des 32 centres dispose également d’un directeur. C’est au niveau de ces centres que se déroule concrètement la formation. En tant que garant de la bonne marche de la structure, nous devons naturellement prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer le suivi et effectuer les contrôles qu’il faut.

Mais, au-delà de la direction générale, il y a des responsables opérationnels sur le terrain à qui nous donnons des instructions très claires. Il ne s’agit pas simplement de former. Sinon, nous retomberions dans les mêmes travers que ceux que nous dénonçons aujourd’hui : des personnes diplômées, mais sans emploi. Le problème n’est pas le diplôme ; c’est la qualité de la formation. Et c’est précisément sur cet aspect que nous mettons l’accent. Il existe donc un suivi de proximité.

Il y a également ce qu’on appelle la matière d’œuvre. Dans la formation professionnelle, la matière d’œuvre est essentielle. Ce n’est pas comme dans d’autres types d’enseignement où un tableau suffit. Ici, il faut pratiquer. Nous faisons environ 75% de pratique et 25% de théorie. Pour former un maçon, par exemple, il est impossible de le faire sans fer à béton, sans sable et sans ciment. Voilà ce que nous appelons la matière d’œuvre ; c’est-à-dire les matériaux utilisés pendant la formation. Plus nous mettons cette matière d’œuvre à la disposition des apprenants, plus ils ont l’occasion de s’exercer et plus ils acquièrent les gestes professionnels.

Ainsi, lorsqu’ils obtiennent leur titre professionnel et sont recrutés quelque part, ils n’ont plus besoin d’une autre formation. Ils peuvent directement être opérationnels sur le terrain. Il existe donc un véritable défi en matière de coordination, parce que l’entité est vaste. C’est une forte pression que nous subissons. Mais, heureusement, nous ne sommes pas seuls. Cette maison fonctionne grâce à 281 personnes. Nous avons des relais et nous veillons constamment à ce que tout se déroule conformément aux orientations fixées.

Qui parle de formation, parle de coûts. Nous sommes dans un pays qui se bat pour mieux se développer, mais nous connaissons aussi les réalités des populations, qui ne sont pas toutes financièrement nanties. Au niveau de Burkina Suudu Bawdè, comment faites-vous pour que les coûts de formation restent accessibles ?

C’est effectivement une question importante : celle de l’accessibilité financière. Nous voulons démocratiser la formation professionnelle. Pour y parvenir, il faut non seulement rendre l’offre de formation disponible, en augmentant les capacités d’accueil de nos centres, mais aussi veiller à ce qu’elle soit financièrement accessible. Aujourd’hui, les coûts de formation sont fixés en tenant compte de deux critères : la localité géographique et le type de métier. Par exemple, la formation de maçon à Ouagadougou n’a pas le même coût que dans un centre provincial comme celui de Sindou, situé après Banfora.

Nous estimons qu’en fonction des localités, les capacités économiques des populations ne sont pas les mêmes. Nous adaptons donc les coûts afin de permettre au plus grand nombre d’accéder à la formation. À titre d’exemple, cette même formation coûte 80 000 F CFA à Ouagadougou, contre 35 000 F CFA à Sindou. Il s’agit exactement du même métier. Ainsi, nos coûts de formation commencent à partir de 35 000 F CFA.

Nous sommes conscients que, dans le contexte actuel du Burkina Faso, 35 000 F CFA représentent déjà une somme importante. Mais il faut comprendre qu’il ne s’agit que d’une contribution. Les études précises permettant de déterminer le coût réel de formation d’un maçon n’ont pas encore été réalisées, mais, au bas mot, ce coût se situerait entre 500 000 et 600 000 F CFA, si l’on prend en compte l’ensemble des charges engagées pour former une seule personne.

Ainsi, même si les 35 000 F CFA représentent un effort pour les apprenants, ils ne couvrent qu’une faible partie du coût réel. C’est grâce aux subventions de l’État que cette formation reste accessible, car la formation professionnelle coûte cher. Les frais vont donc de 35 000 à 400 000 F CFA. Les 400 000 F CFA concernent des formations très spécialisées, notamment celles conduisant au Brevet professionnel de technicien spécialisé (BPTS).

Elles sont dispensées uniquement dans les centres de Bobo-Dioulasso, dans les métiers industriels. Le BPTS s’adresse aux titulaires du baccalauréat ou ayant le niveau terminal. Il s’agit de formations très pointues. Là encore, les 400 000 F CFA ne représentent qu’une contribution. Ce n’est pas le coût réel de la formation. Ceux qui se forment dans les établissements privés savent que les montants peuvent atteindre 1 500 000 F CFA.

Le fait de passer par Burkina Suudu Bawdè constitue-t-il une garantie automatique de réussir son insertion sur le marché de l’emploi ?

Ce serait présomptueux de l’affirmer. En revanche, ce que nous garantissons, c’est la transmission des compétences. L’insertion professionnelle dépend également d’autres facteurs, parmi lesquels la disponibilité de fonds d’installation. Quelqu’un qui veut devenir garagiste, qui vient suivre un BQP en mécanique automobile, acquiert les compétences nécessaires. Si on le recrute, il peut effectuer le travail, réparer les véhicules et assurer les différentes interventions.

Nous en sommes certains, parce que nous y veillons. En revanche, est-ce qu’en quittant nos centres avec ce parchemin, il dispose automatiquement d’un emploi ? D’abord, de quel emploi parle-t-on ? Pour nous, l’insertion professionnelle ne consiste pas à aller s’asseoir quelque part pour rédiger une demande d’emploi. Il n’est pas question de cela. Ce que nous encourageons, c’est l’auto-emploi.

Pour reprendre l’exemple du garagiste, il lui faut un fonds de départ pour acheter sa boîte à outils et disposer d’un espace de travail. Il faut donc des ressources pour pouvoir s’installer. Heureusement, l’État burkinabè, même si ce n’est pas au sein de Burkina Suudu Bawdè, a mis en place des fonds de financement. Ces fonds ont récemment été fusionnés et disposent de guichets destinés à accompagner l’entrepreneuriat des jeunes. Il est important de le souligner, parce qu’une chose est de transmettre des compétences.

Pour que ces compétences puissent s’exprimer, il faut un environnement favorable, et ces fonds sont justement là pour accompagner les porteurs de projets. Nous sommes d’ailleurs liés par une convention avec le Fonds Faso Kuna-Wili, qui a été intégré à un nouveau fonds. Cette convention sera élargie afin que, chaque fin d’année, nous puissions transmettre la liste des meilleurs apprenants ayant des projets, pour que leurs dossiers soient examinés en vue d’un accompagnement. Cet accompagnement se fait sous forme de prêts. Il ne s’agit pas d’argent distribué gratuitement. L’argent facile n’existe pas. Ce sont des prêts destinés à permettre aux bénéficiaires de s’installer.

Nous ne pouvons donc pas dire que l’insertion est automatique, mais nous créons les conditions pour que chaque personne qui passe par nos centres et qui souhaite réellement travailler, puisse le faire. Tout le monde n’est pas destiné à devenir entrepreneur, il faut aussi le comprendre. Ceux qui souhaitent être employés disposent des qualifications nécessaires pour accéder au marché du travail. Mais notre ambition est surtout de promouvoir l’auto-emploi, afin que ces personnes créent également des emplois pour d’autres.

À ce jour, combien de personnes ont été formées à la Maison des compétences ?

Avant la fusion des quatre établissements publics de l’État, environ 6 000 personnes étaient formées chaque année. Nous avons commencé en octobre 2023. Au cours de l’année de formation 2023-2024, nous avons formé 25 666 personnes. Nous sommes donc passés de 6 000 à plus de 25 000 personnes formées. L’année suivante, en 2024-2025, nous avons atteint 29 767 personnes formées. Cette année, qui est notre troisième année, à la date du 30 juin, nous étions déjà autour de 21 000 personnes formées.

Nous projetons donc de dépasser les 35 000 personnes d’ici la fin de l’année. Vous voyez qu’avant la fusion, nous étions à environ 6 000 personnes formées par an. Trois ans plus tard, nous visons 35 000. C’est un bond considérable. Cette progression a été rendue possible grâce aux moyens que les plus hautes autorités ont décidé de mobiliser, parce qu’elles sont convaincues que la formation professionnelle constitue une véritable voie de développement. C’est une réalité : il faut mettre les gens au travail. Ces résultats sont encourageants et, parmi les personnes formées, beaucoup s’en sortent aujourd’hui très bien.

Justement, parmi ces milliers de personnes formées, recevez-vous des retours de vos anciens apprenants ? Pouvez-vous partager quelques expériences ?

Oui, un peu partout sur le territoire national. Il faut préciser que les 25 000 personnes formées comprennent également les bénéficiaires des formations modulaires qualifiantes. Dans certains villages, nous avons formé des groupes de personnes qui se sont ensuite mises au travail et ont créé leurs propres activités.

Même en ville, dans les métiers des services, certains de nos anciens apprenants ont tellement réussi que nous faisons aujourd’hui appel à eux comme formateurs. Ils se sont installés, ont acquis de l’expérience et sont désormais capables de la transmettre. Si vous souhaitez réaliser un reportage, nous pourrons vous mettre en relation avec certains d’entre eux. Vous pourrez ainsi constater par vous-même que ce que nous disons repose sur un travail réel et sérieux.

Rassurez-vous, ce sera fait. Mais avant, on parle beaucoup aujourd’hui de l’intégration des femmes dans certains métiers, notamment les métiers manuels qui permettent une insertion rapide. Comment cette intégration se passe-t-elle au niveau de Burkina Suudu Bawdè ? Les femmes viennent-elles nombreuses ? Suivent-elles l’ensemble de la formation ? Quelle est votre stratégie pour attirer davantage de femmes ?

En ce qui concerne la formation professionnelle, il faut dire qu’il n’y a pas de distinction entre les sexes. C’est ouvert à tout le monde. Il est vrai que certains métiers attirent davantage les femmes. Par exemple, dans les métiers de la coupe et couture, sur cent apprenants, si vous trouvez cinq hommes, c’est déjà beaucoup.

À l’inverse, dans un métier comme la maçonnerie, sur cent apprenants, si vous trouvez trois femmes, c’est déjà beaucoup. Il n’y a donc aucune exclusion. Ce sont plutôt les représentations sociales et les habitudes qui amènent chacun à considérer certains métiers comme masculins ou féminins.

Nous pensons qu’il faut continuer à communiquer et mettre en avant des exemples de réussite de personnes que l’on n’attendait pas forcément dans certains métiers. Cela permet de convaincre que ces professions sont ouvertes à tous. Il n’existe donc pas de politique particulière visant à attirer un sexe plutôt qu’un autre, parce que rien n’empêche les femmes comme les hommes de s’inscrire. C’est ouvert à tous. Il faut simplement dépasser certaines croyances et certains clichés.

Le mot le plus en vogue actuellement, et qui correspond bien à notre contexte, est celui de « résilience ». Dans tous les secteurs, le chef de l’État appelle à la résilience. Aucune institution n’est totalement autonome. Comment faites-vous pour gérer les contraintes financières dans ce contexte ?

La résilience concerne tout le monde. Nous vivons dans un contexte particulier. Je dis très souvent à mes collaborateurs que nous sommes les VDP de la formation professionnelle. Lorsqu’on est volontaire pour défendre la patrie, on accepte les contraintes qui vont avec. Je l’ai dit tout à l’heure : même sous les arbres, nous devons développer la formation professionnelle. Lorsqu’on ne dispose pas de suffisamment de moyens, on a le devoir d’être ingénieux, afin d’utiliser au mieux les ressources disponibles.

C’est pourquoi nous adaptons la formation professionnelle à nos réalités. Nous ne pouvons pas attendre de disposer de tous les équipements et de toutes les infrastructures avant d’agir. Nous devons poursuivre notre mission en développant des stratégies souples, mais efficaces, qui permettent de transmettre des compétences. Lorsque je parle de former sous les arbres, ce n’est pas une image.

Cela se fait réellement dans certaines localités. Lorsqu’il faut former des jeunes dans une zone où il n’existe pas de centre et où il n’y a pas de local disponible, nous organisons la formation sous un grand arbre, à l’ombre, lorsque les conditions le permettent. Seule la pluie peut nous empêcher de le faire. Il faut donc être résilient et ne pas attendre que toutes les conditions soient réunies avant d’agir. Toutes les conditions ne seront jamais réunies pour faire ce que nous avons à faire. Nous faisons toujours avec les moyens dont nous disposons et nous sommes dans cette logique, surtout dans notre contexte.

Nous ne pouvons pas mettre l’accent sur nos difficultés financières, parce qu’aujourd’hui, au Burkina Faso, tout le monde sait où est affectée la plus grande partie des ressources publiques. Il faut d’abord que le pays existe. La sécurisation du territoire national est la priorité. Les autres secteurs doivent soutenir cet effort. En tant qu’entité chargée de la formation professionnelle, nous contribuons, d’une manière ou d’une autre, à cette quête.

Certaines études estiment qu’il existe une dimension économique derrière cette crise. Si les jeunes ont une activité grâce à la formation professionnelle, ils seront moins tentés de s’engager sur des voies sans issue, qui sont suicidaires. C’est aussi une manière pour nous de contribuer à cet effort. Nous le faisons avec les moyens dont nous disposons, tout en reconnaissant les efforts des plus hautes autorités pour les ressources qui nous sont déjà accordées.

Nous n’aurons jamais suffisamment de moyens, mais nous travaillons avec ce qui nous est donné et nous cherchons continuellement à améliorer les choses. En tant qu’entité chargée de fournir des prestations, nous développons également d’autres initiatives afin de générer des recettes. Elles ne sont pas forcément importantes, mais elles viennent compléter les ressources publiques qui nous sont transférées pour assurer notre mission.

Justement, puisque nous parlons du volet financier, nous savons que c’est un défi de mobiliser les ressources nécessaires pour les mettre à la disposition des apprenants. Au-delà de cet aspect, vous avez évoqué tout à l’heure les réformes à entreprendre. Quelles sont, selon vous, les réformes qui permettront à Burkina Suudu Bawdè d’être encore plus performante ?

Nous sommes aujourd’hui dans notre troisième année d’existence. Il est peut-être un peu tôt pour penser à changer de cap. Les orientations définies au départ étaient suffisamment claires et nous sommes en train de les mettre en œuvre avec de nouveaux projets très prometteurs. L’année dernière, nous avons lancé un programme de reconversion des diplômés du système universitaire. Il s’adresse aux personnes titulaires d’une licence, d’un master ou d’autres diplômes universitaires qui, à un moment donné, rencontrent des difficultés d’insertion professionnelle.

Ce programme consiste à leur offrir une formation professionnelle très pointue en trois mois. La première promotion est sortie en février dernier. La cérémonie a été présidée par le camarade Premier ministre, et le programme a été fortement encouragé. Les résultats sont très satisfaisants et ces bénéficiaires sont désormais de véritables entrepreneurs. Nous pensons donc qu’il faut poursuivre dans cette voie et passer à une plus grande échelle.

Nous mettons également en œuvre le programme « Vacances utiles », consacré à la formation des élèves pendant les vacances. Ce sont des initiatives nouvelles qui viennent enrichir notre mission initiale. Au départ, elles ne figuraient pas dans nos attributions, mais, chemin faisant, nous avons constaté leur pertinence, notamment pour le programme de reconversion. C’est une excellente initiative, car nous avons de nombreux diplômés de l’enseignement supérieur qui rencontrent des difficultés d’insertion. Quelqu’un peut avoir un master et se retrouver sans perspective professionnelle. Heureusement, les bénéficiaires ont adhéré à cette démarche et nous poursuivrons dans cette direction.

Vous venez justement de répondre à la question suivante, qui portait sur les projets à court, moyen et long termes de La maison des compétences.

Effectivement, ce sont ces projets qui constituent nos principales priorités. Concernant le programme de reconversion, nous allons véritablement changer d’échelle. L’année dernière constituait une phase pilote. Cette année, nous passons à une autre dimension avec l’accompagnement des plus hautes autorités. À l’issue de cette première promotion, les projets des bénéficiaires ont été transmis aux autorités compétentes, qui donneront certainement les orientations nécessaires afin que les différents fonds de financement puissent examiner ces projets et accompagner ceux qui sont viables. Nous sommes en train de former des créateurs d’emplois.

Nous arrivons progressivement au terme de cet entretien. Monsieur le directeur général, lorsque vous avez pris la tête de Burkina Suudu Bawdè, vous aviez de nombreuses ambitions. Aujourd’hui, estimez-vous que ces ambitions étaient trop élevées ou pensez-vous vous rapprocher progressivement des objectifs que vous vous étiez fixés ? Comment percevez-vous aujourd’hui l’évolution de Burkina Suudu Bawdè ?

C’est une très grande satisfaction. Nous avons consacré énormément d’énergie à faire démarrer cette structure. Le premier défi consistait à mettre la machine en marche. Aujourd’hui, elle fonctionne. Par rapport aux objectifs de départ, nous avons même ajouté de nouvelles initiatives, comme le programme de reconversion et le programme « Vacances utiles ». Ce sont des innovations qui sont venues s’ajouter au fil du temps. À nos yeux, aucun objectif n’est inatteignable. Notre seule limite réside dans notre manière de penser.

Notre ambition est d’intégrer tous les Burkinabè dans la dynamique de la formation professionnelle et de permettre à chacun d’acquérir un savoir-faire. Nous sommes même en train de concevoir un programme destiné aux seniors, notamment aux retraités. Lorsqu’une personne part à la retraite, qu’elle ait travaillée dans le public ou dans le privé, cela ne signifie pas que sa vie active est terminée. Elle peut également se reconvertir. C’est une idée qui est apparue au fil du temps.

Nos ambitions étaient déjà grandes au départ, mais elles grandissent encore davantage au fur et à mesure de notre évolution. Nous refusons de nous limiter, notamment en raison du manque de moyens. Au contraire, notre objectif est de réaliser de grandes choses avec les ressources dont nous disposons. Nous voulons faire en sorte que la vision des plus hautes autorités, qui ont créé cette structure, se concrétise pleinement. Les objectifs évoluent de jour en jour et nous nous donnons les moyens de les atteindre.

Les objectifs grandissent. Comment voyez-vous Burkina Suudu Bawdè dans cinq, dix ou même quinze ans ?

Mon espoir, et ce qui motive toute l’énergie que nous consacrons aujourd’hui à la coordination et au fonctionnement de cette structure, c’est qu’un jour, lorsque nous passerons le relais, on puisse dire que nous avons fait partie de ceux qui ont contribué à mettre en place cette maison, qui rayonne désormais. Nous voulons que Burkina Suudu Bawdè rayonne dans cinq, dix ou quinze ans. Lorsque l’on évoquera Burkina Suudu Bawdè, nous souhaitons que son nom soit spontanément associé à la qualité.

Il existe de nombreux centres de formation professionnelle. Mais lorsque quelqu’un dira qu’un apprenant est issu de Burkina Suudu Bawdè, nous voulons que la réaction soit immédiate : « C’est un bon produit. Nous pouvons le recruter, parce que nous savons qu’il a été très bien formé. » Ce que nous voulons dans cinq ans, dans dix ans, c’est que Burkina Suudu Bawdè soit une référence sous-régionale en matière de formation professionnelle.

En réalité, la formation professionnelle est un chemin sans retour. Le ministère en charge de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle a pour vision de faire en sorte que, d’ici à l’horizon 2050, 60% des apprenants soient orientés vers la formation professionnelle. Aujourd’hui, ils ne représentent que 5%, contre 95% pour l’enseignement général. C’est donc une ambition clairement définie, un chemin déjà tracé, dans lequel Burkina Suudu Bawdè doit jouer un rôle majeur afin d’accompagner la transformation structurelle de notre pays en matière de formation.

Nous arrivons au terme de notre entretien. Avez-vous un dernier mot à partager ?

Mon dernier mot est d’inviter toute la jeunesse burkinabè à saisir cette grande opportunité que le camarade président Ibrahim Traoré a voulu lui offrir en instruisant la création de cette structure, Burkina Suudu Bawdè.

Burkina Suudu Bawdè est destinée à toute la population burkinabè. Comme je l’ai expliqué, elle s’adresse aux jeunes comme aux moins jeunes. Je l’ai également indiqué, nous allons bientôt mettre en place un programme de reconversion destiné aux retraités, afin de leur proposer des formations adaptées. Burkina Suudu Bawdè est présente aussi bien en ville qu’en milieu rural. Je l’ai dit, nous pouvons intervenir partout grâce à nos unités mobiles de formation, dans toute partie du territoire national où existe un besoin de développement des compétences. Les orientations sont claires : mettre toute la population burkinabè au travail. Et lorsqu’on veut mettre quelqu’un au travail, il faut lui donner les moyens de réussir, notamment en développant ses compétences.

Nous sommes présents sur l’ensemble du territoire national à travers notre réseau de 32 centres. Mais notre ambition est d’aller encore plus loin, afin qu’à terme le Burkina Faso dispose d’autant de centres de formation professionnelle qu’il compte aujourd’hui de collèges et de lycées. C’est cette ambition qui nous anime.

Je dis toujours à mes collaborateurs que, en tant que premiers responsables chargés de mettre en place cette structure, notre rôle est de réaliser les fondations. D’autres viendront construire les murs, puis d’autres encore poseront la toiture. Si les fondations sont solides, l’édifice le sera également.

En tant que premier directeur général de cette structure, nous devons faire en sorte que ces fondations soient les plus solides possible. C’est à cela que nous nous employons afin de léguer aux générations futures une institution solide, capable de porter cette grande ambition. Je voudrais également remercier les autorités, notamment mon ministre de tutelle technique, le ministre en charge de la Formation professionnelle, le professeur Moumouni Zoungrana, pour les orientations utiles qu’il nous donne afin que nous puissions poursuivre cette mission.

C’était votre dernier mot, mais pas le mien. Votre nom est assez particulier. Je ne l’avais jamais entendu. Je ne sais pas de quelle ethnie vous êtes. Pour terminer, pourriez-vous nous offrir une phrase ou un mot dans votre langue maternelle afin de clore cette émission ?

Je suis Lobi. Les Lobi vivent dans la partie sud-ouest du Burkina Faso, vers Gaoua. Mon village est pratiquement situé à la frontière avec la Côte d’Ivoire. Je terminerai donc avec la phrase suivante : « Asidī ira sitrūkiru. » Cela signifie : « La patrie ou la mort, nous vaincrons. » Autrement dit, pour notre pays, nous sommes prêts à aller jusqu’au sacrifice suprême.

Interview réalisée par Erwan Compaoré

Lefaso.net

Source: LeFaso.net