À l’occasion de la montée des couleurs, ce lundi 5 octobre 2026 à Ouagadougou, le ministre d’État, ministre en charge de l’administration territoriale, Émile Zerbo, a lancé un nouvel appel à l’engagement patriotique à travers la promotion du « Made in Burkina ». Cette montée des couleurs se tient dans la période de la deuxième phase de l’édition 2026 des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC).

À cette cérémonie, le ministre Émile Zerbo a lu le discours du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Dans son discours, il invite les Burkinabè à faire de chaque achat un acte de souveraineté. « Tous pour le Made in Burkina : faisons de chaque achat un acte de souveraineté ». C’est le nouveau mot d’ordre lancé par le ministre d’État, ministre en charge de l’administration territoriale. Pour lui, l’enjeu dépasse la simple promotion des produits locaux. Il s’agit de faire de la consommation des biens produits au Burkina Faso, un véritable acte patriotique et un levier de souveraineté économique.

« Notre peuple doit produire, transformer et consommer. Ce sont les trois maillons d’une même chaîne. Qu’un seul cède, et c’est toute la chaîne qui se fragilise. Si nous ne produisons pas, si nous ne transformons pas, si nous ne consommons pas ce qui vient de chez nous, d’autres nous nourriront et nous habilleront. Or, souvenons-nous de cette vérité : celui qui vous nourrit finit par vous dicter sa volonté. Le premier verrou, c’est la production. Les bras valides ne manquent pas dans nos villes et nos campagnes. La terre est féconde. Mais l’eau dort encore dans nos barrages. Les tracteurs ne sillonnent pas assez nos champs. Les semences et les engrais restent insuffisants et arrivent parfois tard. L’insécurité qui nous a été imposée a éloigné des familles entières de leurs terres. Pourtant, partout où nous avons aménagé et soutenu la production, la terre a répondu : plus de sept millions de tonnes de céréales et le cap du million de tonnes de riz franchi. La preuve est là : le Burkina Faso peut se nourrir lui-même. Le deuxième verrou, c’est la transformation. C’est là que nous devons franchir un cap décisif. Nous vendons encore trop souvent brut, et nous rachetons fini. Le coton ne doit plus quitter notre pays en balles pour nous revenir en chemises. Le karité ne doit plus partir en amandes pour nous revenir, après transformation ailleurs, en pommades, en crèmes ou en chocolat, vendus à prix d’or. Il en va de même du sésame, de la mangue, des cuirs et des peaux, du bétail sur pied : chaque fois que nous exportons sans transformer, nous transférons ailleurs la plus grande part de notre richesse. La valeur ajoutée n’est pas un mot d’économiste, ce sont des emplois pour nos jeunes, des revenus pour nos familles, des ressources pour nos écoles. Et pendant ce temps, ce que nous ne savons ni sécher, ni conserver, ni emballer pourrit dans nos villages. Un pays qui ne transforme pas ses richesses, en cède la plus grande valeur aux autres. Le troisième verrou, c’est la consommation. Celui-là n’est ni dans nos champs ni dans nos usines : il est dans nos têtes. Le riz importé a longtemps inondé nos marchés pendant que le riz de Bagré, du Sourou et de Samendeni cherchait preneur. Le bouillon industriel dispute sa place au soumbala dans nos sauces. Du Faso dan fani, on dit qu’il est cher, de la chemise importée, on dit qu’elle est « normale ». Ce conditionnement doit être brisé. Servir ce que notre terre a produit n’est pas un signe de pauvreté. C’est un acte de fierté, un geste d’honneur, une affirmation de souveraineté », a laissé entendre le ministre Zerbo.

Les ministres en charge de l’Administration territoriale, Émile Zerbo et de la Justice Me Edasso Bayala

Le ministre a invité chaque Burkinabè à accomplir sa part dans la bataille pour le consommer national. Aux producteurs, il leur a dit que les autorités se battent pour eux. « Nous voulons faire de vous des acteurs économiques puissants : organisés, bien outillés, justement rémunérés, et pleinement conscients de votre rôle. Nous nous battons pour des prix rémunérateurs et pour que vos récoltes trouvent rapidement des débouchés. Le paysan burkinabè n’est pas un assisté, il est le premier combattant de notre souveraineté. Rien ne se transforme, rien ne se consomme, si ses mains n’ont pas d’abord produit.

Camarades femmes, productrices, transformatrices, commerçantes, tisseuses, gardiennes de nos cuisines. Vous êtes au cœur des trois maillons de la chaîne : la production, la transformation et la consommation. Partout s’exprime votre génie créateur, aussi bien dans la production du soumbala que dans celle du dèguè, des farines infantiles, du beurre de karité, du Faso Dan Fani. Le camarade Thomas Sankara l’avait fait avant nous. Il faut donc consommer burkinabè. Et pour consommer burkinabè, la meilleure arme, ce sont les femmes. Si les femmes ne sont pas d’accord, si les femmes sont pro-impérialistes, les repas seront pro-impérialistes. Si les femmes sont décidées à boycotter les produits importés, alors c’est la garantie. En libérant le génie créateur de nos femmes, nous libérons notre économie. Une partie de notre souveraineté se joue jusque dans la marmite », a notifié le premier responsable du département en charge de l’administration territoriale

Pour arriver à l’autosuffisance alimentaire, il a invité les forestiers et l’ensemble des Burkinabè à planter des arbres afin de protéger les sols et lutter contre la désertification. Car, pour lui, il ne peut y avoir de bonnes récoltes sans de bonnes terres. La montée des couleurs de ce jour a servi de tribune pour rappeler que le patriotisme ne se limite pas aux symboles nationaux. Il peut également se traduire dans les champs, les ateliers, les entreprises, les boutiques et jusque dans les assiettes des Burkinabè.

Rama Diallo

Lefaso.net


Source: LeFaso.net