Passionnée de cuisine depuis sa tendre enfance, Ana Djiga se trace un chemin dans la gastronomie burkinabè. Étudiante en management et gestion de la restauration, cheffe cuisinière et pâtissière autodidacte, elle s’est donné pour mission de valoriser les produits locaux et de faire rayonner le patrimoine culinaire du Burkina Faso au-delà des frontières nationales.

Le parcours d’Ana Djiga dans la cuisine n’était pas tout tracé. Après un bachelor en événementiel, elle se réoriente vers l’hôtellerie-restauration, où elle découvre véritablement l’univers de la cuisine. Une révélation pour celle qui a toujours aimé recevoir et faire plaisir à travers les repas. « J’aime accueillir, et pour moi, bien accueillir passe par un bon plat », confie-t-elle.

Depuis près de cinq ans, elle exerce le métier de cheffe cuisinière de manière professionnelle. Mais sa passion remonte à bien plus loin. Organisatrice de petites fêtes familiales et d’anniversaires dès son plus jeune âge, elle prenait déjà plaisir à élaborer les menus pour ses invités. Une passion devenue aujourd’hui un véritable projet de vie.

Ce qui distingue particulièrement la jeune cheffe, c’est son attachement aux produits du terroir. Arachide, néré, mangue séchée, fonio ou encore souchet trouvent une place de choix dans ses créations. Elle revisite ainsi des recettes traditionnelles et imagine de nouvelles associations de saveurs à travers des cookies à base d’arachide ou de mangue séchée, ainsi que des beignets revisités.

Au concours international de cuisine Souss Gastro au Maroc, Ana Djiga a présenté un assortiment de 9 jus à base de produits locaux

Pour Ana Djiga, les produits locaux méritent une reconnaissance internationale. Elle est convaincue que les richesses culinaires du Burkina Faso peuvent rivaliser avec les grandes gastronomies du monde, à condition qu’elles soient davantage mises en valeur et transformées pour répondre aux habitudes de consommation actuelles.

C’est avec cette conviction qu’elle s’est présentée au concours « Souss Gastro », qui s’est tenu à Agadir, au Maroc, du 8 au 12 mai 2026. Elle y a représenté le Burkina Faso dans cette compétition qui a réuni des chefs cuisiniers venus d’une vingtaine de pays. Engagée dans les catégories « Boissons traditionnelles » et « Plats du patrimoine culturel », elle a présenté neuf assortiments de jus issus du terroir burkinabè, notamment à base de detarium, de souchet, de pain de singe, de liane et de bissap. Côté cuisine, elle a proposé le « djouka », une association de fonio et d’arachide concassée, accompagnée d’une ballotine de poulet.

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Son djouka accompagné de ballotine de poulet lui a valu la médaille d’argent dans la catégorie Plats du patrimoine culturel

Cette participation lui a permis de décrocher ses premières distinctions sur la scène internationale. Elle a notamment remporté une médaille d’or et un trophée dans la catégorie « Assortiment de jus de fruits », ainsi qu’une médaille d’argent dans la catégorie « Mets patrimonial ». Une consécration qui vient s’ajouter à plusieurs récompenses obtenues auparavant lors de compétitions nationales. Plus qu’un trophée, cette reconnaissance représente pour elle une opportunité de faire connaître son savoir-faire et de promouvoir les produits locaux.

Passionnée par la créativité culinaire, Ana Djiga affectionne particulièrement la réinterprétation des mets traditionnels burkinabè. Elle confie aimer apporter une touche particulière au yonkon ou encore au pois de terre, qu’elle n’hésite pas à transformer en purée afin de le présenter sous une forme différente de celle sous laquelle il est habituellement consommé.

Consciente des défis auxquels fait face la gastronomie locale, elle estime que la transformation des produits constitue l’une des clés pour encourager davantage leur consommation. Selon elle, faciliter la préparation des aliments traditionnels permettrait aux consommateurs de les adopter plus facilement au quotidien. D’où l’importance de maîtriser les temps de cuisson afin de rendre leur préparation plus aisée.

Ana Djiga a remporté deux distinctions au concours Souss Gastro qui a mis en compétition des chefs venant d’une vingtaine de pays.

Au-delà de son activité de cheffe, Ana Djiga s’investit également dans la promotion des métiers de bouche. Elle a récemment organisé à Bobo-Dioulasso le « Brunch de la cuisine et de la pâtisserie », un cadre de rencontres destiné à réunir professionnels, passionnés, fournisseurs et établissements de formation. L’objectif est de créer un espace de réseautage, de découverte et de valorisation des talents du secteur.

Son ambition ne s’arrête pas là. À court terme, elle souhaite étendre ce concept à plusieurs régions du Burkina Faso. À plus long terme, son rêve est d’ouvrir un restaurant gastronomique capable de mettre en lumière les saveurs du terroir burkinabè.

Ana Djiga a récemment organisé le « Brunch de la cuisine et de la pâtisserie » à Bobo-Dioulasso

Face aux préjugés qui entourent encore les métiers de la cuisine et de la pâtisserie, la jeune cheffe lance un appel à la jeunesse. Elle invite les jeunes à suivre leur passion sans se laisser décourager par les critiques ou les stéréotypes. Pour elle, la cuisine est un métier noble, créatif et porteur d’avenir.

Armelle Ouédraogo

Lefaso.net

Source: LeFaso.net