
La psychologue et chercheuse à l’Université de Miami, Judite Blanc, a publié une étude consacrée aux conséquences psychosociales de l’esclavage colonial et de la dette de l’indépendance d’Haïti. Présentés dans un communiqué de presse daté du vendredi 30 octobre 2026, ces travaux identifient dix séquelles traumatiques et proposent un modèle de réparation psychosociale.
Intitulée « Esclavage, dettes coloniales et traumas en Haïti : Vers un modèle opérationnel de réparation psychosociale », l’étude a été publiée dans L’Autre, une revue scientifique francophone spécialisée en psychiatrie et en psychologie transculturelle. Elle est le fruit de plus d’une décennie de recherches et de réflexions sur les conséquences de l’esclavage et des indemnités versées à la France après l’indépendance d’Haïti.
Dans ses travaux, la chercheuse, également déléguée d’Haïti à la Commission des réparations de la Communauté caribéenne (CARICOM), identifie dix séquelles psychosociales. Il s’agit notamment de la maltraitance des enfants, de la dévalorisation de soi, des violences faites aux femmes, du désir de blanchité dans les relations amoureuses et de l’insécurité linguistique.
L’étude évoque également l’identification aux anciens maîtres, les violences entre membres d’une même communauté, la méfiance généralisée, la migration perçue comme une issue aux difficultés, l’engourdissement émotionnel et les comportements autodestructeurs. La chercheuse aborde enfin la résilience, notamment à travers la tendance à persévérer face à l’adversité au prix d’efforts physiques et psychologiques importants.
Pour Judite Blanc, ces manifestations doivent être examinées à la lumière de l’histoire coloniale d’Haïti et des conséquences économiques et sociales de la dette de l’indépendance. Elle estime que ces héritages continuent de peser sur le fonctionnement de la société haïtienne.
Au-delà de ce diagnostic, l’étude propose un modèle de réparation psychosociale. La chercheuse considère la justice réparatrice comme une étape importante pour favoriser la guérison des traumatismes historiques et la réconciliation du peuple haïtien avec lui-même ainsi qu’avec les anciennes puissances coloniales, notamment la France.
Cette publication intervient dans un contexte de mobilisation de la CARICOM en faveur des réparations liées à l’esclavage et à la colonisation. Sa Commission des réparations a récemment actualisé son plan en dix points pour la justice réparatrice, tout en réaffirmant son soutien aux revendications d’Haïti en matière de restitution et de réparations.
Lefaso.net
Source : Communiqué de presse de la psychologue et chercheuse Judite Blanc, daté du 30 octobre 2026 à Miami (Floride, États-Unis)
Source: LeFaso.net

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