L’interrogatoire du commandant Azize Korogo, chef de corps du RSP au moment du coup d’Etat a pris fin ce lundi 12 novembre 2018. Pour l’essentiel, l’accusé a continué à réfuter les charges qui pèsent contre lui. Pour lui, il n’a joué qu’un rôle de médiateur durant les événements.

C’est un rôle qui lui a été confié par la hiérarchie militaire lorsqu’il s’apprêtait à démissionner de ses fonctions. Mais avant de libérer le plancher, il a tout de même répondu à quelques questions.

A la reprise de l’interrogatoire du commandant Aziz Korogo ce lundi 12 novembre 2018, les parties avaient toujours des questions à son endroit. C’était le tour de la défense. Maitre Traore Michel a voulu savoir si lorsque l’accusé s’est rendu compte qu’il s’agissait d’un coup d’Etat, il a manifesté sa volonté de rendre le tablier. L’accusé a répondu par l’affirmative. En insistant, l’avocat lui a demandé s’il a respecté les ordres de la hiérarchie militaire. A cette question, l’inculpé a répondu oui également. Vu le comportement de ce dernier, maitre Traoré a estimé qu’il était un officier digne, perspicace. Il s’insurge donc contre les charges qui pèsent contre son client.

La parole fut ensuite donnée à la partie civile. Maitre Kam a pris la parole en premier pour réagir sur une question de sa consœur de la défense, Maitre Barry. Elle se demandait lors de l’audience du vendredi si maitre Kam n’avait pas un problème particulier avec le capitaine Dao.

Maitre Kam dira que c’est une accusation grave. Pour lui, cela peut laisser penser que les avocats peuvent venir régler leurs problèmes personnels. Il rassure qu’il ne connaissait pas l’accusé avant le procès. Il termine en disant qu’il n’a aucune animosité non plus avec aucun autre accusé.

Maitre Farama a aussi pris la parole pour réagir sur ce qu’il considère comme des allégations. Un avocat de la défense a soutenu que des avocats de la partie civile partent voir nuitamment des accusés pour changer des dépositions. Pour lui, c’est un fait suffisamment grave. Il invite l’avocat auteur de l’accusation à avoir suffisamment le courage de donner le nom de la personne.

Maitre Dieudonné Ouilly, avocat du commandant Korogo, pour ses observations finales, a milité pour la relaxe de son client. Au lieu de le charger, il est à féliciter selon lui. Son travail a consisté à éviter un péril imminent.

L’accusé Korogo, pour son mot de fin, a présenté ses condoléances aux familles des victimes et a souhaité prompt rétablissement aux blessés. Sur ce, il a passé le témoin au colonel-major Boureima Keré.

Dimitri OUEDRAOGO

Lefaso.net


L’accusé Baguian Abdoul Karim dit Lota veut se soigner d’une morsure de serpent

Avant d’entendre le colonel-major Keré, le tribunal a examiné une requête de mise en liberté provisoire de l’accusé Baguian Abdoul Karim dit Lota. Ce dernier souhaite aller se soigner suite à une morsure de serpent.

Son avocat, maitre Dabo, a rassuré de sa garantie de représentativité. Son client n’a aucune volonté de se soustraire à la justice. Il a une femme et cinq enfants et est pilier de sa famille. Il veut juste aller suivre une séance de kyné.

Le parquet militaire s’est opposé car aucun document ne corrobore les dires de l’accusé. Des examens ont été faits mais rien n’indique qu’il a été victime d’une morsure de serpent. Dans ce état, selon le parquet, la garantie n’est pas suffisante. Le tribunal a laissé entendre qu’il donnera sa réponse le vendredi 16 novembre prochain.

Source: LeFaso.net