Aujourd’hui, lundi 3 décembre 2018, l’audition du général de brigade Gilbert Diendéré se poursuit. L’accusé est à son 5e jour d’audition. Le parquet militaire continue avec ses questions et observations. Tout au long de son audition, Gilbert Diendéré clame qu’il assume ses responsabilités durant les faits du 16 septembre 2015 et jours suivants. Il insiste également sur le fait qu’il a reçu l’onction de la hiérarchie militaire.

Appelé à répondre aux questions et observations du parquet militaire à la barre, le général Gilbert Diendéré se défend.

A la question de savoir si c’était lui qui signait les communiqués du Conseil national pour la démocratie (CND), Gilbert Diendéré a répondu : « Affirmatif ! J’ai signé ».

- Est-ce que vous avez signé des laissez-passer ?

- « Négatif ! C’est le commandant Korogo qui rédigeait les laissez-passer ».

Durant l’audition de ce lundi, le parquet militaire a procédé à la lecture des messages que le général Gilbert Diendéré a reçu durant le coup d’État de septembre 2015.

Pour les deux messages :

- « On a du soutien à la frontière »

- « S’il vous plaît, trouvez-moi rapidement 15 millions ».

L’accuse dit qu’il ne sait pas de quoi il s’est agi.  » Dites-moi ce j’ai dit et fait en ce moment », a repris Gilbert Diendéré.

Pour lui, dès le jour où on l’avait appelé pour lui présenter le rapport d’expertise des téléphones portables, il n’a pas reconnu cela.

Plusieurs raisons ont motivé son refus. Citant quelques une, l’accusé a fait savoir que lorsqu’on récupère les appareils (téléphone et ordinateur), on devrait les ouvrir devant lui afin qu’ensemble, ils puissent voir le contenu. Chose qui n’a pas été faite.

Selon le général Diendéré, nulle part, il a été demandé à l’expert de procéder à des écoutes téléphoniques ou surveillance téléphonique.

Parquet : « Avez-vous demandé une contre-expertise ? »

Diendéré : (Rire) Mme la procureur, quelqu’un qui dit qu’il ne reconnaît pas un travail, pourquoi s’emmerder à demander une contre-expertise ?

Le parquet a déduit que les 15 millions sont destinés pour faire venir les touaregs qui sont à la frontière.

Agacé de la lecture des messages qu’il a reçu durant le putsch, le général Gilbert Diendéré se lâche. « Je constate que vous lisez les messages que les gens m’envoient. C’est moi qui suis à la barre donc j’estime qu’il est préférable que vous me lisiez les messages que j’ai envoyés ».

Si le coup d’État était bien passé, sans perte en vie humaine et la dissolution du RSP, quel serait votre sentiment ? Pour cette question du parquet, le général Diendéré n’est pas passé par quatre chemins.  » Ce sont des hypothèses et je ne compte pas répondre aux hypothèses ».

A la suite de la lecture de la transcription des appels téléphoniques et des SMS par le parquet, le général Diendéré a confié qu’il a eu des propositions. Après avoir rendu le pouvoir à la transition, « j’avais la possibilité de quitter le pays mais je n’ai rien fait », a t-il affirmé.

Durant le putsch, l’accusé a reçu plusieurs appels téléphoniques de la part de ses connaissances de l’extérieur. Qualifié  » d’intelligence avec l’ennemi » pour faire référence à la trahison, par le parquet, Gilbert Diendéré nie ce chef d’accusation.

« Je n’avais pas d’intelligence avec qui que ce soit pour faire mal à mon pays. Beaucoup de gens m’appelaient pour faire le point de la situation », a indiqué le général.

Lefaso.net

Source: LeFaso.net