
Depuis quelques années, les universités publiques sont confrontées au phénomène des retards et chevauchements des années académiques. Le phénomène influe sur le système universitaire au point que des institutions de prestations sociales en souffrent également.Le cas du FONER en est une parfaite illustration. Et pour cause, les retards et les chevauchements des années académiques sont des réalités et des nouveaux paramètres qui influent négativement sur les prestations obligeant le FONER à chercher des solutions d’adaptation.
S’il y a des institutions qui ressentent de plein fouet l’impact des retards et chevauchements académiques, c’est bien entendu les institutions de prestations sociales à l’image du Fonds national pour l’éducation et la recherche (FONER).
Au FONER, le tout premier élément observable est la perturbation du calendrier des sessions d’octroi des aides et prêts.
En situation normale, le FONER ouvrait pratiquement les premières sessions autour du mois d’octobre pour les nouveaux bacheliers. La deuxième session intervenait entre janvier et février de l’année civile suivante. Les troisième et quatrième sessions intervenaient en avril-mai et juin-juillet.
Mais actuellement compte tenu de ces retards et chevauchements des années académiques, le FONER éprouve des difficultés dans la planification de ses activités. Il n’est plus possible d’organiser les sessions d’attribution des aides et des prêts comme souhaitées.
En effet, le problème des retards et des chevauchements des années académiques fait que les étudiants ne remplissent généralement pas les conditions pour renouveler leurs allocations soit pour défaut de relevés de notes soit pour des attestations d’inscriptions non à jour.
Toute chose qui oblige le FONER à ouvrir la première session autour de janvier – février pour boucler pratiquement en novembre – décembre avec la quatrième session.
Et que dire de l’impact au plan budgétaire ?
Les étudiants qui étaient censés finir leur cycle de licence en trois (03) ans avec trois (03) allocations au titre de l’aide du FONER se trouvent toujours soit en deuxième année soit en troisième année selon les unités de formations et de recherche (UFR).
Ainsi, au lieu de trois ans en cycle de licence, la plupart des étudiants finissent leur licence en quatre ans voir cinq ans. Cela, sans redoublement.
Pendant ce temps, les textes du FONER stipulent qu’un étudiant a droit à une allocation d’aide ou de prêt par année académique soit au total trois allocations d’aide ou de prêt en cycle de licence. Alors, l’étudiant se retrouve à subir une à deux années de flottement. Face à ces réalités, et pour pouvoir atténuer un tant soit peu le choc des retards académiques, les étudiants ont réclamé une allocation par année civile.
Pour le nombre d’allocations de l’aide en cycle de licence, les étudiants estiment qu’ils devraient bénéficier de cette aide jusqu’à la fin de leur cycle de licence parce que pour eux, le retard ne leur incombe pas.
Et voilà le FONER face à un dilemme. D’un côté, les étudiants ont raison car n’étant pas, selon eux, responsables des retards. De l’autre, le budget des allocations ne permet pas de prendre en charge quatre à cinq années civiles.
Que faire ? Pour concilier les deux situations, le FONER a appliqué la formule du « 3+1 ». Avec cette formule, l’étudiant qui bénéficie de l’aide en cycle de licence peut obtenir quatre allocations si sa situation académique est liée uniquement aux retards. Mais cette formule quoique alternative n’est pas sans conséquence sur le budget du FONER. A titre illustratif en 2009-2010 où les années académiques étaient normales, le FONER a octroyé vingt quatre mille six cent dix (24 610) aides aux étudiants pour un montant de trois milliards cent quatre vingt dix neuf millions trois cent mille (3 199 300 000) FCFA.
En 2016-2017, le FONER a octroyé cinquante deux mille cent vingt deux (52 122) aides aux étudiants pour un montant de neuf milliard cent vingt un millions trois cent cinquante mille (9 121 350 000) FCFA au taux de cent soixante quinze mille (175 000) FCFA par étudiant. Soit une hausse de plus de 50% d’aides comparativement à 2010. Il est clair que cette hausse du montant alloué aux aides est liée à l’augmentation des effectifs en partie due aux retards et aux chevauchements des années académiques.
Par ailleurs, une fois que l’étudiant épuise ses quatre (04) allocations d’aides même s’il n’a pas encore terminé son cycle de licence, le FONER n’ayant plus la possibilité de lui octroyer une cinquième allocation d’aide, lui propose le prêt d’étude pour poursuivre les études.
En tout état de cause, le FONER en accord avec son Conseil d’Administration travaille à trouver des formules pour qu’aucun étudiant ne perde son allocation à cause du retard et des chevauchements des années académiques.
La collaboration avec les universités reste de mise afin de trouver des solutions aux difficultés que rencontrent les étudiants dans l’octroi des allocations surtout en ce qui concerne les conditions de renouvellement desdites allocations.
Les premiers responsables du FONER placent une bonne espérance sur la dynamique enclenchée par l’ensemble des acteurs de la chaine de l’enseignement supérieur qui focalisent désormais leurs énergies afin de résorber totalement ces retards.
Ne dit-on pas qu’ « à cœur vaillant, rien d’impossible » ?
Service Communication du FONER
Source: LeFaso.net
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