
L’association des résidents solidaires de la cité Saaba2 créé en 2020 a tenu une assemblée générale extraordinaire le samedi 15 octobre 2022 dans ladite cité. Il s’est agi, au cours de cette rencontre, de dresser le bilan des activités de l’association mais aussi de dénoncer les difficultés auxquelles les résidents sont confrontés au sein de la cité, en particulier ceux de la section 48. L’une des difficultés majeures est liée à l’accès à l’eau courante.
« Si je me mets à la place de nos femmes, j’ai les larmes aux yeux. Pour avoir de l’eau et les autres commodités, c’est la croix et la bannière. Pourtant, lors des opérations, on nous a clairement signifié qu’on aura l’eau y compris l’électricité, et la voirie », s’offusque Marc Poda, un résident de la cité las d’endurer une telle souffrance, lors de l’assemblée générale extraordinaire qui a drainé un nombre important des occupants de la cité Saaba2.

- La situation à la cité Saaba2 chagrine Marc Poda
C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, si l’on peut dire. Des agents de la société immobilière auraient donné l’assurance aux membres de l’association que des frais ont été payés et des engagements ont été pris à l’ONEA pour l’extension de la section 48. Mais en réalité, cela concernait la cité Saaba1, disent les résidents. Ce qui n’est pas du goût du secrétaire général de l’association, Madi Sawadogo. Face aux journalistes, il a lancé un cri de cœur à l’endroit des nouvelles autorités afin qu’elles aient un regard vers leur cité. « Ce n’est pas normal qu’on laisse des Burkinabè se faire abuser de cette manière », a martelé M. Sawadogo.

- Selon le secrétaire général de l’association, Madi Sawadogo, le promoteur doit jouer sa part du contrat
Un autre problème qui donne des insomnies à la population, c’est la question de l’électricité. Des actions auraient été entreprises auprès du promoteur dans la perspective d’y apporter des solutions. « Il a, à deux reprises, introduit des dossiers au niveau de la Sonabel. A la deuxième introduction des dossiers, nous nous sommes organisés pour suivre leur évolution. Nous sommes parvenus à la conclusion que le promoteur est en train de nous faire perdre le temps. Parce que le second dossier a été rejeté, tout comme le premier. A priori, quand un dossier est rejeté, on connaît les éléments à corriger. Quand on reprend les mêmes erreurs, c’est qu’on veut gagner du temps. Il a fallu que certains résidents qui sont des agents de la Sonabel s’activent pour qu’on ait accès à un certain nombre d’informations. Mais il faut avouer que pas mal d’entre eux ont été intimidés dans leurs services », informe le secrétaire général. L’obtention du titre foncier est également une difficulté qu’il a énumérée.
« J’ai payé mon terrain ici, il y a quatre ans mais jusque-là je ne dispose pas d’un document. Pourtant, on m’avait donné 18 mois pour l’avoir », témoigne un autre résident du nom de Maxime Bayili.

- Des poteaux électriques en béton que la Sonabel dit ne pas connaître la provenance
Contrairement, aux deux premières préoccupations, cette question est en voie de résolution, rassure M. Sawadogo. Il estime à environ 200, le nombre de personnes qui sont sur le point d’avoir leurs titres fonciers, une innovation de Abdoul service pour se démarquer des autres sociétés immobilières.
Une lueur d’espoir pour les habitants de la cité Saaba2 mais la bataille est loin d’être gagnée, tant, les défis sont énormes, selon les habitants. De ce fait, les membres de l’association exigent le respect des engagements contractés par Abdoul service. « Personne n’a demandé au promoteur de s’engager par rapport à nous. S’il avait dit aux autorités qu’il est incapable de nous donner l’eau, l’électricité et la voirie, un autre promoteur aurait pris la cité. Nous ne sommes pas contre sa personne ni sa société. Nous notre objectif, c’est simplement nos droits », a renchéri le secrétaire général. Si rien n’est fait dans le sens de leurs préoccupations, ils menacent de tenir un sit-in devant le siège de la société et, dans le pire des cas, d’ester en justice.

- Un paquet d’activités a été mené par l’association, a confié le président Issouf Ouédraogo.
Cette assemblée générale extraordinaire était une occasion pour le président de l’association, Issouf Ouédraogo, de faire le point des activités qui ont été réalisées. Des activités sociales, une journée de la citoyenneté marquée par une opération de reboisement, du sport et un repas collectif qui a connu la participation des jeunes, des représentants de la mairie, des autorités coutumières et le promoteur de la cité.
Le président de l’association a souligné l’enjeu majeur d’une telle initiative : « la Journée de la citoyenneté, nous a permis de nous familiariser davantage ». Une autre activité qu’il a tenu à relever, c’est l’aménagement de la voirie. « Nous avons eu à mobiliser un peu de fonds avec l’accompagnement des résidents pour boucher les différents nids de poules de l’unique voie jusqu’au marché », a confié M. Ouédraogo, tout en annonçant avoir été reçu par les chefs coutumiers de Saaba. Les membres de l’association entendent pérenniser cette dynamique au sein de la cité.
Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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