Le directeur général de l’Agence nationale de gestion des soins de santé primaire (AGSP), Dékwinzou Frédéric Loué, était face à la presse ce vendredi 31 juillet 2026 à Ouagadougou afin de présenter le bilan à mi-parcours de l’opération d’apurement du passif social de l’agence.

Quatre mois après le lancement de cette opération, les autorités se disent satisfaites des résultats enregistrés, avec un taux d’exécution financière de 72,49 %.

L’opération, prévue d’avril à octobre 2026, vise à rétablir les agents de santé dans leurs droits et à renforcer la confiance entre les travailleurs et l’administration. Et pour y parvenir, le gouvernement a mobilisé une enveloppe de 35,42 milliards de FCFA destinée à apurer le passif social de 18 455 agents.

« Grâce à la mobilisation permanente des équipes de l’AGSP, de la Direction des ressources humaines du ministère de la Santé, du ministère chargé des Finances et du ministère chargé des Serviteurs du peuple, les résultats enregistrés traduisent une progression significative dans la mise en œuvre de cette opération. À la date du 25 juillet 2026, plus de 16 096 agents, sur un effectif total de 18 455, ont déjà bénéficié du paiement de leur passif social. Le montant global déjà payé s’élève à 25 679 893 430 francs CFA, soit un taux d’exécution de 72,49 %. Ces paiements concernent les différentes composantes du passif social, notamment les avancements, les reversements, les reclassements ainsi que les différentes indemnités prévues par les textes en vigueur », a indiqué le directeur général.

Le ministère a également mis en avant les progrès réalisés dans le traitement administratif des carrières. Sur 18 117 décisions d’avancement attendues, 17 494 ont déjà été élaborées, soit un taux de réalisation de 96,56 %. Les décisions de reversement et les certificats de cessation de paiement affichent également un niveau d’exécution jugé satisfaisant.

Selon le directeur général de l’AGSP, à la date du du 25 juillet 2026, plus de 16 096 agents, sur un effectif total de 18 455, ont déjà bénéficié du paiement de leur passif social

Au-delà de l’apurement du passif, les autorités entendent prévenir la reconstitution de nouveaux arriérés. « Le deuxième message que nous souhaitons partager avec vous est tout aussi important. L’opération d’apurement du passif social ne consiste pas uniquement à solder des droits accumulés au fil des années. Elle constitue également une opportunité de transformer durablement les pratiques afin que de telles situations ne se reproduisent plus. L’ambition du gouvernement est donc double : régler le passif d’hier tout en construisant un système de gestion des ressources humaines plus performant, plus réactif et plus fiable. C’est dans cet esprit qu’un plan d’actions a été élaboré pour prévenir toute reconstitution du passif social. Sa mise en œuvre repose sur une coordination permanente entre les différents acteurs concernés, notamment le ministère de la Santé, le ministère chargé des Finances, le ministère chargé des Serviteurs du peuple ainsi que l’AGSP. Cette dynamique est pilotée par un comité de suivi créé à cet effet, qui apprécie régulièrement l’état d’avancement des actions engagées et veille au respect des engagements pris », a-t-il précisé.

À cet effet, plusieurs réformes sont en cours, notamment l’assainissement du fichier de paie de l’AGSP, la digitalisation des programmes de travail à travers la plateforme SYSPROG, l’amélioration de la gestion des actes administratifs de carrière, le renforcement des capacités des responsables des ressources humaines des districts sanitaires et des directions régionales de la santé, ainsi que la création de codes de traitement par district sanitaire.

À trois mois de l’échéance fixée par le gouvernement, les autorités ont également tenu à rassurer les agents rémunérés par l’AGSP que les prélèvements constatés sur leurs rémunérations sont liés à la mise en œuvre du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU), conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.

Le ministère a enfin invité les agents à privilégier les canaux officiels pour toute préoccupation relative à leur carrière ou au traitement de leur dossier.

Estimant les résultats de cette première phase encourageants, les responsables du ministère ont réaffirmé leur ambition de solder définitivement le passif social de l’AGSP, tout en mettant en place un système de gestion des ressources humaines plus performant, transparent et durable. Ils ont salué l’engagement des équipes techniques, des partenaires sociaux et des médias, dont la contribution est jugée essentielle à la réussite de cette opération.

Hanifa Koussoubé

Crédit photo : DCRP du ministère de la Santé

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Source: LeFaso.net