Le top départ de la 12e édition des Résidences panafricaines d’écriture, de création et de recherches théâtrales (Récréatrales) a été donné le 29 octobre 2022, sous le thème « Faire visage ». Cette édition qui marque les 20 ans du festival connaît un engouement particulier, la rue des Récréatrales ne désemplit pas de l’avis de son directeur général, Aristide Tarnagda. Pourtant les difficultés ne manquent pas. La tenue même de cette édition est une prouesse, à l’en croire.

Il est un peu plus de 15h le mercredi 2 novembre 2022, quand nous rencontrons le directeur général des Récréatrales, Aristide Tarnagda. Il s’était retranché à l’INAFAC avec quelques créateurs. A 72h de la clôture de la 12e édition des Résidences panafricaines d’écriture, de création et de recherche théâtrales, son directeur général est visiblement satisfait de l’engouement qu’elles suscitent au sein de la population.

« Nous sommes très enchanté parce que cette rue ne désemplit pas. Tous les soirs, il y a un monde ici qui admire la rue, la dévore, passe du bon temps, prend des photos, etc », me lance-t-il avec le sourire. A cela s’ajoute les salles de spectacles qui sont chaque fois remplies. « Les salles de spectacles s’emplissent tous les soirs. A 18h, à 20h et à 21h45. Il y a neuf salles qui s’ouvrent par jour. Et on fait pratiquement salle comble chaque fois. Il y a en même qui disent quand il y a plus de places assises, ce n’est pas grave on reste debout », se réjouit-il.

M. Tarnagda a fait une mention spéciale à nos « sœurs », « mères » déplacées internes qui sont venues de Kaya. Victimes de terrorisme, ces dernières ont donné un éclat particulier à cette édition. En effet, elles ont « courageusement » pris la parole et ont fait prendre conscience à beaucoup de Burkinabè et même des étrangers, à travers leur témoignage, du drame que le Burkina Faso traverse. « Certains ne s’en rendent pas toujours compte, peut-être du fait qu’ils soient loin », a-t-il relativisé.

La rue des Récréatrales ne désemplit pas

Même si le directeur général des Récréatrales est focus à 99% sur cette édition, il ne manque pas de rêver des prémisses de l’édition à venir. Sur ce sujet, Aristide Tarnagda soutient que rien qu’à voir l’appropriation qu’ont fait les spectateurs du festival, il ne peut que rêver grand pour ces résidences.

L’arbre ne doit cependant pas cacher la forêt. Tout n’a pas été rose dans l’organisation de cette 12e édition, confie le M. Tarnagda. « Elle a été difficile en termes de production. La tenue de cette édition est une prouesse. Parce que les Récréatrales sont un long processus. Pour arriver à ce qu’on voit là, le seul allié c’est le temps. On commence par exemple l’étape de connivence en février, après cela il y a le côté cour qui se passe en mai-juin. Après cela il y a les résidences qui sont prévues en septembre-octobre », explique-t-il.

Du fait des évènements socio-politiques, fait-il savoir, l’étape de février a été loupée, celle de mai-juin a été diluée. Evidemment cela a eu une conséquence « énorme » sur les résidences et sur la plateforme. Pire, le directeur général des Récréatrales sortira de cette édition endetté. Il évoque une quinzaine de millions de francs CFA.

C’est pour cela, il confesse être d’avis avec le parrain qui est en même temps le fondateur des Récréatrales, Etienne Minougou prenne la parole pour interpeller l’État. Parce que, fait-il savoir, les Récréatrales sont un patrimoine national et devrait être accompagnées. « Des promesses ont été faites en 2018 par l’ex président Roch Kaboré. L’actuel ministre en charge de la communication nous a également fait des promesses. Je fais totalement confiance au ministre. C’est quelqu’un qui nous a beaucoup soutenus en tant que directeur de la télévision. Je ne doute pas de sa volonté », assure-t-il.

Obissa Juste MIEN

Lefaso.net

Source: LeFaso.net