
Ibrahima Ouibga a franchi avec brio une étape majeure de son parcours universitaire, en soutenant ce mercredi 15 avril 2026 à Ouagadougou, sa thèse de doctorat en histoire africaine à l’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ). Couronné par la mention très honorable, son travail a été unanimement salué pour sa qualité scientifique et la pertinence de son approche.
Intitulée « Le geste de Naaba Wubri et ses conséquences dans l’Ouest-Moogo de la fin du XVe siècle à 1897 », cette recherche ambitieuse explore en profondeur les dynamiques historiques, politiques et sociales d’une région encore peu étudiée. Au cœur de cette réflexion se trouve la figure de Naaba Wubri, acteur majeur de la construction des structures de pouvoir dans l’Ouest-Moogo.
Devant un jury composé d’éminents universitaires, l’impétrant a su défendre avec rigueur et clarté ses analyses. Les travaux ont été évalués sous la présidence du Pr Jean Célestin Ky, professeur titulaire à l’UJKZ. Il a été assisté notamment de Noaga Birba, maître de conférences à l’Université Norbert Zongo, et de Mamadou Bamba, professeur titulaire à l’Université Alassane Ouattara de côte d’Ivoire, avec la participation de Salifou Idani, maître de conférences à l’Université Norbert Zongo. L’encadrement scientifique de cette étude a été assuré par Vincent Sedogo et Lassina Simporé, respectivement directeur et co-directeur de thèse.
À travers une approche pluridisciplinaire combinant sources écrites, orales, archéologiques et iconographiques, Ibrahima Ouibga retrace l’histoire du peuplement de l’Ouest-Moogo, dont les origines remontent jusqu’au paléolithique. Il met en évidence la succession et l’interaction de plusieurs groupes, notamment les Kĩbsi, les Fʋlse, les Nĩnsi, les Gʋrunse et les Yõyõnse, avant l’arrivée des Moose-Dagõmba à la fin du XVe siècle.
Le chercheur rappelle que l’histoire des Moose s’inscrit dans celle de royaumes anciens fondés par des figures emblématiques telles que Naaba Wedraogo et Naaba Zʋngrãna. Ces entités ont progressivement mis en place des structures sociopolitiques originales qui ont marqué durablement l’histoire de l’Afrique de l’Ouest.
L’un des apports majeurs de cette thèse réside dans l’analyse fine de l’action de Naaba Wubri. Loin d’une vision exclusivement guerrière, l’étude met en lumière un processus complexe associant conflits, alliances et négociations. Parti de Zãmbalga pour soutenir ses alliés, il parvient à asseoir son autorité sur un vaste territoire, jetant ainsi les bases du royaume de La.
Enfin, les travaux s’intéressent à l’héritage laissé par Naaba Wubri et aux transformations engagées par ses successeurs, les Moognanamse. Entre réformes internes, tensions politiques et bouleversements liés à la conquête coloniale française à partir de 1897, cette période marque une recomposition profonde des structures de pouvoir dans l’Ouest-Moogo.
Par la richesse de ses analyses, cette thèse apporte une contribution significative à la compréhension des dynamiques historiques et politiques des sociétés ouest-africaines avant la colonisation. Elle met en évidence le rôle déterminant des migrations, des alliances et des transformations sociales dans la construction des pouvoirs.
Avec son doctorat en histoire africaine, spécialité pouvoir politique et représentation sociale, Ibrahima Ouibga s’impose désormais comme une voix prometteuse de la recherche historique, engagée dans la valorisation des savoirs africains et la relecture des trajectoires du passé.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
Source: LeFaso.net


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