À l’occasion de son jubilé d’argent, le Centre d’accueil Notre-Dame de Fatima (CANDAF) a organisé, dans la nuit du samedi 30 mai 2026 à Ouagadougou, une soirée de reconnaissance dédiée aux femmes et aux hommes qui ont contribué à bâtir et à faire rayonner cette œuvre des religieux camilliens. Entre hommages aux pionniers, célébration de l’engagement des partenaires et présentation de nouveaux projets d’infrastructures sanitaires, le centre a réaffirmé sa volonté de poursuivre sa mission au service des populations les plus vulnérables.

Un quart de siècle consacré à la santé, à la dignité humaine et à l’espérance. À l’occasion de son jubilé d’argent, le Centre d’accueil Notre-Dame de Fatima (CANDAF) a organisé une soirée de reconnaissance en l’honneur de celles et ceux qui ont contribué à écrire son histoire. Responsables religieux, anciens directeurs, partenaires, agents de santé et bienfaiteurs ont été célébrés pour leur engagement dans la construction et le rayonnement de cette œuvre portée par les religieux camilliens. La cérémonie s’est tenue dans la nuit du samedi 30 mai 2026 au centre cardinal Paul Zoungrana de Ouagadougou.

À travers cette commémoration, le comité d’organisation a tenu à mettre en lumière les femmes et les hommes qui ont permis au CANDAF de traverser les épreuves et de poursuivre sa mission malgré les nombreuses difficultés rencontrées au fil des années. Selon le président du comité d’organisation, le père François Kientega, cette soirée est née d’un devoir de mémoire et de gratitude envers toutes les personnes qui ont consacré leur temps, leurs compétences et leur professionnalisme à la survie de l’institution.

« Nous félicitons tous ceux qui ont contribué à faire grandir le CANDAF », Père François Kientega

« En relisant l’histoire du CANDAF, nous nous sommes rendu compte qu’un travail immense avait été accompli. Ce travail a été porté par des hommes et des femmes qui ont donné de leur temps, de leurs compétences et de leur professionnalisme. Accompagnés par la grâce de Dieu, ils ont permis au CANDAF de tenir bon malgré les nombreuses difficultés rencontrées. À certains moments de son existence, le centre a même failli fermer ses portes. Mais grâce à des personnes de bonne volonté, il a pu maintenir le cap et poursuivre sa mission jusqu’à aujourd’hui », a expliqué le religieux.

Cette soirée de reconnaissance a ainsi permis de distinguer une cinquantaine de personnes qui ont marqué l’histoire du centre. Pour les organisateurs, ces distinctions vont bien au-delà d’une récompense individuelle. Elles constituent également un témoignage de gratitude adressé à tous ceux qui ont contribué à faire vivre les valeurs camilliennes et à assurer la pérennité de cette œuvre.

Pour les acteurs de cette aventure humaine, cette reconnaissance est avant tout une occasion de rendre grâce. Ancien responsable du centre et aujourd’hui en service à Nanoro, le père Edmond Yanogo a exprimé son émotion face au chemin parcouru.

« Nous n’avons été qu’un instrument. Le remerciement revient à tout le personnel », Père Edmond Yanogo

« Ce qui m’anime, c’est d’abord un sentiment de reconnaissance envers Dieu, mais également envers toutes les personnes qui nous ont accompagnés. Je pense à nos responsables qui nous ont fait confiance et qui nous ont confié, à un moment donné, des responsabilités au sein de ce centre. Chacun a apporté sa contribution à cette œuvre commune. Ceux qui sont venus après nous ont poursuivi le travail avec la même détermination. Aujourd’hui, nous rendons grâce à Dieu pour avoir fait de nous des instruments au service des malades et des plus fragiles », a-t-il confié après avoir reçu son attestation.

Les distinctions décernées étaient de plusieurs ordres. Le prix Fidélité a récompensé les agents totalisant au moins quinze années de service au sein du centre. Le prix Leadership a honoré les anciens responsables ayant dirigé l’institution. Le prix Saint Camille a distingué les personnes incarnant les valeurs camilliennes à travers leur engagement quotidien. Quant au prix Jubilé, il a été attribué aux partenaires ayant accompagné la célébration des 25 ans du CANDAF.

La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du ministre de la Santé, Robert Lucien Jean Claude Kargougou, représenté à cette occasion par son conseiller technique, Lucien Ganou.

Des personnes ayant reçu des attestations ; au premier plan figure le Pr Seni Koanda

Cette célébration a également été marquée par un vibrant hommage rendu à la congrégation des Camilliens pour son action continue auprès des malades et des personnes en situation de vulnérabilité. Présent à la cérémonie, l’archevêque de Ouagadougou, Mgr Prosper Kontiebo, a salué l’impact concret du ministère des religieux camilliens sur la vie des populations. Selon lui, leur engagement a permis, au fil des années, de renforcer l’offre de soins et d’améliorer l’accès aux services sanitaires pour des milliers de personnes.

« Grâce à votre engagement positif, des milliers de patients ont recouvré la santé. La collaboration entre l’État et les religieux camilliens a permis de renforcer l’offre de soins, d’améliorer l’accès aux services sanitaires et de répondre de manière concrète aux besoins des populations, particulièrement les plus vulnérables. Les populations apprécient énormément votre engagement. Votre ministère touche des vies, relève des familles et redonne de l’espérance à de nombreuses personnes », a déclaré Mgr Prosper Kontiebo sous les applaudissements de l’assistance.

« Nous remercions le ministère de la Santé pour son accompagnement », Mgr Prosper Kontiebo

Au-delà du devoir de mémoire, les responsables du centre entendent également préparer l’avenir. Profitant de cette tribune, ils ont présenté un ambitieux projet d’extension de la maternité comprenant la construction d’un bloc opératoire destiné à la prise en charge des urgences obstétricales.

« Les travaux ont déjà commencé et nous avons voulu profiter de cette soirée pour présenter ce projet et inviter les hommes de bonne volonté à nous accompagner. L’accueil et la prise en charge des femmes et des enfants constituent une priorité nationale. Nous souhaitons que le CANDAF puisse pleinement s’inscrire dans cette dynamique en renforçant ses capacités d’intervention au bénéfice des populations », a plaidé le président du comité d’organisation.

Pour rappel, l’histoire du CANDAF est étroitement liée à la lutte contre le VIH/Sida au Burkina Faso. Créé en 2001, à une période où les personnes vivant avec le virus étaient fortement stigmatisées, le centre avait pour vocation première de leur offrir un accueil digne ainsi qu’une prise en charge humaine. Cette mission fondatrice demeure aujourd’hui l’un des piliers de son identité.

« À cette époque, les personnes vivant avec le VIH étaient souvent abandonnées et ne bénéficiaient pas d’une prise en charge digne. Les Camilliens ont donc décidé de créer ce centre pour leur offrir un espace d’accueil, de soins et d’humanité. Jusqu’en 2008 et 2009, notre action était essentiellement orientée vers cette mission. Par la suite, nous avons ouvert nos portes à toutes les autres pathologies afin de répondre à des besoins plus larges de la population », a rappelé le père François Kientega.

En image, le fondateur du CANDAF, le père Vincent Luise

Au fil des années, le centre a connu une évolution remarquable. Parti du statut de Centre de santé et de promotion sociale (CSPS), il est devenu un centre médical de référence pour de nombreuses populations. Une progression qui nourrit aujourd’hui de nouvelles ambitions.

« Nous avons commencé modestement comme CSPS. Aujourd’hui, nous sommes un centre médical et notre rêve est de devenir un centre médical avec antenne chirurgicale afin d’intégrer pleinement la chirurgie dans notre offre de soins. C’est une étape importante que nous souhaitons franchir pour répondre davantage aux besoins des populations », a indiqué le religieux.

Erwan Compaoré

Lefaso.net

Source: LeFaso.net