Du 8 au 12 juin 2026 à Ziniaré, des représentants des plateformes nationales du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) prennent part à un atelier de formation sur l’approche CVCA. Cette approche porte sur l’analyse des vulnérabilités et des capacités d’adaptation aux changements climatiques. Venus du Bénin, du Togo, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Burkina Faso, les participants vont se familiariser avec les outils de collecte et d’analyse des données climatiques.

Développée par l’ONG Care, l’approche CVCA (Climate Vulnerability and Capacity Analysis) vise à aider les communautés à mieux comprendre les risques climatiques auxquels elles sont confrontées et à renforcer leurs capacités d’adaptation face aux effets croissants du changement climatique. Elle est centrée sur la communauté et permet de combiner les connaissances scientifiques avec les savoirs endogènes des populations afin d’identifier ensemble les meilleures stratégies d’adaptation aux changements climatiques.

Au-delà de l’identification des risques, l’approche vise à favoriser des plans d’action communautaires élaborés de manière participative. Les populations concernées deviennent ainsi les principaux acteurs des solutions mises en œuvre sur leurs territoires.

Pendant donc les cinq jours d’atelier, les participants, qui sont des formateurs, vont se familiariser avec les outils de collecte, d’analyse et d’interprétation des données climatiques, ainsi qu’avec les mécanismes participatifs permettant d’identifier les vulnérabilités locales et de concevoir des réponses adaptées aux réalités des territoires.

Tasséré Nacanabo, consultant et facilitateur de la session, va aborder 9 modules avec les participants

Tasséré Nacanabo, consultant spécialiste en environnement et changement climatique et facilitateur de la session, a indiqué qu’il va s’agir de préparer les participants à devenir eux-mêmes des relais au sein de leurs communautés. « Nous allons d’abord aborder les généralités sur le changement climatique afin d’assurer une mise à niveau des participants sur les concepts et terminologies les plus couramment utilisés dans ce domaine. Comme il s’agit d’une formation de formateurs, il est important qu’ils maîtrisent ces notions pour pouvoir les transmettre à leur tour », explique-t-il.

La formation s’articule autour des différents outils de l’approche CVCA avec neuf fiches méthodologiques qui partent de l’identification des risques climatiques jusqu’à l’élaboration des plans d’adaptation communautaire. « Chaque fiche représente un module spécifique. À travers ces différents outils, les participants apprendront à accompagner les communautés dans l’analyse de leurs vulnérabilités et dans la définition de solutions adaptées à leur contexte », précise le consultant.

René Soalla, vice-président de la Confédération paysanne du Faso, s’est réjoui de la tenue de la présente session de formation

À l’issue de la formation, les représentants des organisations paysannes seront chargés de reproduire l’approche dans leurs pays respectifs afin d’accompagner les communautés rurales dans la co-construction de plans d’adaptation aux changements climatiques.

René Soalla, premier vice-président de la Confédération paysanne du Faso, qui a procédé à l’ouverture des travaux, s’est réjoui de l’organisation de cette session de formation, qui vient contribuer à construire des réponses durables face aux défis qui affectent les communautés.

« Notre région est aujourd’hui confrontée à des défis majeurs. Les effets des changements climatiques se manifestent de plus en plus par la variabilité des pluies, la dégradation des ressources naturelles et la fragilisation des moyens d’existence des populations. Ces phénomènes accentuent les vulnérabilités des producteurs agricoles, des éleveurs et des pasteurs, tout en aggravant les tensions autour de l’accès aux ressources naturelles. Face à cette réalité, il devient indispensable de renforcer les capacités des acteurs de terrain afin qu’ils puissent accompagner efficacement les communautés dans l’identification des risques climatiques, l’analyse de leurs vulnérabilités et la valorisation de leurs capacités d’adaptation », soutient-il.

Saïdou Hema, chargé de programme à Care Burkina Faso

Il faut noter que cette initiative s’inscrit dans le cadre de la deuxième phase du programme Mobilité pastorale transfrontalière apaisée et stabilité sociale au Sahel (MOPSS-2). Pour Saïdou Hema, chargé de projet à CARE Burkina Faso, le programme vise à renforcer la coexistence pacifique entre les différents usagers des ressources naturelles dans les zones transfrontalières de plusieurs pays ouest-africains.

« Le programme MOPSS cherche à faciliter les interactions entre les éleveurs et les agriculteurs dans les espaces transfrontaliers du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Bénin, du Togo, du Ghana et de la Côte d’Ivoire. L’objectif est d’amener les différents acteurs à mieux gérer les ressources naturelles et à prévenir les conflits liés à leur utilisation », souligne-t-il.

Photo de famille

Les interventions du programme portent notamment sur la gouvernance des ressources naturelles, la sécurisation foncière, la prise en compte des effets du changement climatique et la promotion de mécanismes favorisant une gestion concertée des espaces agro-sylvo-pastoraux.

Armelle Ouédraogo

Lefaso.net

Source: LeFaso.net