
En juin 2016, le gouvernement a adopté un rapport sur les actions concrètes à mener afin de lutter contre l’incivisme dont les manifestations avaient pris des proportions inquiétantes. Ces actions, inscrites dans les court, moyen et long termes, concernaient plusieurs pans de la vie publique. Cinq mois après ces mesures, le ministre d’Etat, ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure, Simon Compaoré, fait le point et annonce des perspectives. C’était au cours d’une conférence de presse tenue en fin de matinée de ce jeudi, 3 novembre 2016 à Ouagadougou.
Le non-respect des règles relatives à la liberté de manifestation et de réunion sur la voie publique, l’incivisme dans les services publics de l’Etat, l’incivisme en milieu scolaire, l’incivisme dans la circulation routière, les dérives des mouvements d’auto-défense et l’incivisme économique et fiscal sont les domaines concernés par ces mesures du gouvernement.
Le ministre d’Etat, Simon Compaoré, dont le département a en charge l’exécution de ces différents points, jette une sorte de regard bilan sur l’impact desdites mesures. Ainsi, sur le plan de l’incivisme dans les services publics de l’Etat, M. Compaoré a confié que le rituel de la montée des couleurs nationales a été institué et une cérémonie solennelle est organisée tous les derniers mardis du mois à partir de 7 heures, pour les personnels des trois ministères partageant le bâtiment de l’immeuble du Faso où, outre le MATDSI (ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure), on trouve le département en charge de la justice, des droits humains et de la promotion civique, et le ministère de la communication. Toujours dans ce chapitre, Simon Compaoré a rappelé la dynamisation des conseils de discipline avec la tenue du premier conseil de l’année du 3 au 6 août 2016.
Au plan de la sécurité routière, on retient de l’intervention du ministre que des opérations spéciales sont quotidiennement menées par les services de gendarmerie nationale, de la police nationale et de la police municipale dans plusieurs villes et durant les mois de juillet, août et septembre et la première quinzaine du mois d’octobre. Elles ont permis la mise en fourrière de 10 958 engins à deux roues et trois roues et de 266 véhicules à quatre roues, la saisie de 1 110 cartes grises et de 1 195 permis de conduire. Comme infractions commises à la base de ces actions, on note entre autres, le non-respect des feux tricolores, le défaut de plaque d’immatriculation, la circulation avec les véhicules à vitres teintées, le non-respect de la piste cyclable (les motocyclistes non autorisés qui circulent sur la voie des quatre roues), l’usage manuel du téléphone portable au volant, la surcharge.
L’incarnation de ces mesures a également occasionné de nombreux incidents parmi lesquels, les refus d’obtempérer, les outrages à agent, les voies de fait et les coups et blessures volontaires ainsi que les tentatives d’homicide sur les agents en poste dans les carrefours.
Des sanctions et l’extension dès début 2017 des meures à tout le territoire
Selon le ministre de tutelle, Simon Compaoré, ces infractions sus-énumérées ont abouti au déferment au Parquet de douze individus et à la condamnation de neuf d’entre eux à des peines d’emprisonnement allant de deux à douze mois pour certains et à des amendes de 100 000 francs à 300 000 francs. « Un dossier a été jugé et en attente de verdict et deux sont toujours en cours d’instruction », confie le ministre Simon Compaoré.
De ces moments de lutte contre ce fléau, le ministre dit retenir comme note positive, la diminution du nombre et de la gravité des accidents de la circulation routière et urbaine, l’encaissement au profit des budgets de l’Etat et des collectivités territoriales de 101 628 000 francs. Il y retient également, plus de respect par les usagers des prescriptions du code de la route.
Pour Simon Compaoré, la première leçon est que les résultats engrangés requièrent la poursuite de ces opérations et leur extension à toutes les localités pourvues de service de sécurité. « Ainsi, dès le début de 2017, ces opérations de surveillance et de contrôle de la circulation routière seront inscrites dans les programmes d’activités annuels de ces services et exécutées de façon permanente, pour qu’à terme, à défaut d’enrayer l’incivisme dans la circulation routière, qu’il soit au moins réduit à sa plus simple expression », annonce le ministre d’Etat Simon Compaoré.
La seconde leçon, selon lui, est de persévérer dans les sanctions, dont le caractère dissuasif a produit l’effet positif constaté dans la diminution des accidents et dans le respect des règles de la circulation routière. Une lancée (sanctions) sur laquelle s’est inscrit le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou.
Cette sortie a servi de cadre au patron de la sécurité pour magnifier les efforts des agents de la police (nationale et municipale), de la gendarmerie et des volontaires adjoints de sécurité (VADS) qui, malgré les traitements dont ils sont souvent victimes, ne baissent pas les bras dans cette noble mission.
Le cas de l’assistant de police, Rasmané Doussoungou, violemment percuté le 10 mai 2016 dans l’exercice de ses fonctions à un carrefour aux 1200 logements, et décédé trois jours après des blessures de cet accident,est revenu au cours des échanges avec les journalistes. Il y a quelques mois de cela, l’autorité avait indiqué que l’agresseur a été ‘’appréhendé ». Sur ce sujet, le directeur général de la Police a révélé que le présumé agresseur a été interpellé grâce à des témoins de la scène. Seulement, relève-t-il, l’individu en question nie être l’agresseur. D’où la nécessité de poursuivre la recherche despreuves aux fins d’être situé.
En guise de conclusion sur ce volet relatif à la lutte contre l’incivisme, le ministre d’Etat, ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure, Simon Compaoré, a, une fois de plus, lancé un appel à l’ensemble des populations, singulièrement des usagers de la route, à donner un ‘’visage humain » à la circulation. « Ensemble, nous allons faire des pas de géant… », a-t-il exhorté.
Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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