Du 16 au 18 décembre 2016, la province du Nahouri vibrera au rythme de la 3e édition du festival Poatou Kagnougou. En prélude à cet événement qui réunira communautés burkinabè et ghanéenne, l’association pour la sauvegarde de la culture kassena (ASCKA) a animé un point de presse ce samedi 5 novembre pour dérouler le contenu du programme.

« Nul n’a le droit d’effacer une page de l’histoire d’un peuple, car un peuple sans histoire est un monde sans âme », disait le journaliste Alain Foka à l’entame de l’émission Archives d’Afrique, sur Radio France internationale.

Une histoire et une culture, les Kassena (dans le centre-sud du Burkina) en ont. Et depuis trois ans, l’association pour la sauvegarde de la culture kassena (ASCKA) essaie de valoriser ce patrimoine à travers un festival dénommé Poatou Kagnougou (Compétition du chef des chefs). Cette année, l’événement, initialement prévu pour se dérouler en septembre, se tiendra du 16 au 18 décembre prochain. Et c’est sous le thème « Chefferie coutumière, gage de paix sociale » que le festival aura lieu sous le parrainage de Mark Oyongo, ex-ministre de l’intérieur du Ghana et le co-parrainage du gouverneur de la région des Hauts-Bassins, Antoine Attiou.

De la musique et de la danse


Près de 2000 personnes sont attendues à ce festival, à en croire le directeur provincial de la culture du Nahouri, Mahamadou Adiawourabou. Et selon le président de l’ASCKA, Mahmoud El Katyb, cette édition connaitra la participation de plusieurs localités telles que Ziou, Zeko, Tiébélé, Paga, Navrongo, Kayoro, Bolgatenga.

« Toutes les sonorités et les différents pas de danse du terroir Kassena seront représentées aussi bien en animation dans la cour royale, qu’en compétition », a-t-il indiqué avant d’ajouter que chaque commune sera représentée par deux troupes qui rivaliseront en danse traditionnelle et en chœur populaire. Et M. Adiawourabou d’indiquer que ce festival sera un tribune d’expression pour les troupes en attendant la prochaine semaine nationale de la culture (SNC) en 2018.

Du sport, des affaires et de la réflexion


Le festival Poatou Kagnougou, c’est aussi du sport. Les archers rivaliseront d’adresse, les lutteurs, torse nu, mesureront leurs forces sur la place Nemaro de Pô. Les amateurs de la petite reine en auront pour leur compte avec des cyclistes qui tenteront de boucler Pô-Paga-Pô, route longue de 55km. Les nostalgiques des soirées de contes et légendes, les férus de jeux de société tels que le tchara (damier traditionnels), les acheteurs, négociant et fournisseurs seront également de la partie à l’occasion de la foire qui sera organisée dans l’enceinte de la cour royale de Pô.


Une conférence publique est enfin prévue lors de cette 3e édition. Selon les organisateurs, elle sera animée par le Pr Moustapha Gomgnimbou et portera sur le thème « Chefferie coutumière : quelle contribution pour une paix sociale ». Selon Mahamadou Adiawourabou, « les chefs coutumiers ont toujours joué, depuis la nuit des temps, un rôle fédérateur », et ce festival tombe donc à pic pour permettre aux Burkinabè de se réconcilier.

Le budget du festival est estimé à près de 10 millions de francs CFA. Selon le président de l’ASCKA, il est loin d’être atteint mais les organisateurs comptent sur la générosité de bonnes volontés pour tenir leur pari. En attendant, l’ancien ministre de la culture, Ouala Koutiébou, a invité les Burkinabè à faire le déplacement de la cité des Kassena pour célébrer la culture burkinabè.

Herman Frédéric Bassolé

Lefaso.net

Source: LeFaso.net